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vendredi 16 décembre 2011

Poechenellekeaaaaatchoooum !

Attention : ce petit article est d'un intérêt très limité.
(Comment ça, "comme d'habitude" ?)

Ce vendredi est, comme souvent, un vendredi de congé. Je n'ai pas ma fille ce week-end et ne dois donc pas aller la chercher à Namur... Je ne fais strictement rien de la journée, si ce n'est dormir, regarder Futurama et passer rapidement au supermarché pour reporter des vidanges et acheter de quoi manger le soir.

Emily me téléphone en début de soirée. Elle propose d'aller manger dans le Centre-ville avec Walter. Je mange à mon appartement et les rejoins un peu plus tard au restaurant Le 9 et voisins, pas loin de la Bourse. Emily mange un "stoemp" aux carottes, Walter des petites côtes. Pour ma part, ayant déjà mangé, je me contente d'un quart de vin rouge.

Pas de place au Bison. Emily propose de terminer la soirée au Poechenellekelder (à vos souhaits !), le vieux café à côté du Manneken-Pis. On pourrait passer sa vie dans cette brasserie et continuer à la découvrir, tant les murs, le plafond, les moindres recoins du "Poech" sont recouverts de "brol" en tout genre : instruments de musique, photos, casiers de bières retournés, marionnettes, gravures, etc.

Andrew et Ekaterina (une de ses anciennes stagiaires russe qui loge actuellement chez lui) nous rejoignent un peu plus tard. Ekaterina, Andrew et Zahra (en visite à Bruxelles pour le week-end) sont allés manger à La Braise, rue de Moscou, près du Parvis de Saint-Gilles. Zahra était "trop fatiguée" pour nous rejoindre.

Je bois du vieil Orval toute la soirée. Le serveur me le sert à chaque fois dans deux verres différents, comme le veut la tradition-gna-gna-gna : un verre normal pour le corps et un plus petit pour récupérer la lie. Ledit serveur fait beaucoup de manières autour de mon Orval mais me le sert quand même n'importe comment, avec énormément de mousse. Je repense à Lewis, quand il faisait le malin en me montrant, tout tremblotant, comment bien servir un Orval... Comme si j'étais un bleu qui n'avais jamais servi une bière de ma vie. C'est une bière spéciale quoi : ça se sert comme n'importe quelle autre bière spéciale et ça n'a somme toute rien de compliqué. Bref, je n'aime pas quand on fait des manières, quand on instaure des rituels autour de choses très simples.

Il est une heure du matin passée. Emily nous reconduit chez nous. Elle dépose Ekaterina devant le Palais de Justice, pas loin de l'ascenseur des Marolles. Ekaterina se rend à une autre soirée. 

De retour chez moi, je pense un instant me mettre à écrire un peu pour ce blog mais je me ravise : je suis beaucoup trop fatigué et je ne sais pas construire une seule phrase correcte (comment ça, "comme d'habitude" ?).

mercredi 31 août 2011

Déjà-vu

J'ai l'impression de revivre le même début de soirée, avec une série de variations, dont voici le thème : tous les soirs de la semaine, j'arrive à la Maison du Peuple de Saint-Gilles après le boulot, j'installe mon ordinateur (toujours à la même table, au fond, près du distributeur de cigarettes), je me connecte au Web, je relève la tête et je vois arriver Emily, à l'improviste, avec son sac en bandoulière, qui me dit bonjour et qui installe son propre ordinateur. Hier, c'était un peu la même chose, sauf qu'après un moment nous avons rejoint Andrew et Zahra à une autre table. Avant-hier aussi, sauf qu'Emily était là avant moi, presque à la même place. Dimanche aussi : même table et même "configuration d'arrivée" d'Emily. Demain, je n'y serai pas car je vais manger chez Léandra. Vais-je survivre à ce déracinement, sans Emily ? Il le faudra bien. De toute façon, cette dernière me dit qu'elle ne sera pas là non plus car elle a des choses à faire chez elle. J'ai un petit rire intérieur en me disant qu'elle ira tout de même sans doute boire un verre avec Andrew et Walter à Ixelles.

Emily a du travail ce soir (du codage). Il faut absolument qu'elle le termine sinon elle dormira mal durant la nuit. De plus en plus de mes amis ont l'air de vivre comme ça, emportant leur boulot le soir "à la maison", stressés s'ils n'achèvent pas ce qu'ils ont commencé au cours de la journée. Je croise ce comportement tout le temps et c'est quelque chose que je n'arrive vraiment pas à comprendre. Et pourtant j'essaye ! C'est juste du travail, quoi... Mon chef est comme ça et la plupart de mes collègues sont comme ça. Seuls mes deux collègues bibliothécaires et moi-même oublions jusqu'à l'existence du boulot dès que nous le quittons. Je passe déjà ma vie dans les trains pour gagner ma vie (ou pour la perdre, ça dépend du point de vue). Hors de question que j'exporte mon travail chez moi donc, sauf dans des cas bien précis de télétravail, en journée. 

De mon côté, pendant qu'Emily termine son taf, je passe mon temps sur mes devinettes visuelles et sur d'autres projets futiles... Vu de l'extérieur, nous devrions passer pour une espèce particulière de handicapés sociaux, mais non, pas du tout : nous sommes à la Maison du Peuple. En tout cas, c'est marrant (ou pas)  : on ne délaisse nos ordinateurs que pour manger (et encore !). Nous passons la seconde partie de la soirée à discuter, sans les PC, et c'est quand même plus sympathique.

mardi 30 août 2011

Le train, c'est l'avenir !

Avantage du train : ça me laisse beaucoup de temps pour écrire toutes mes âneries.
Avantage supplémentaire du train Bruxelles-Maastricht, avec ses retards fréquents, ses suppressions inopinées (comme aujourd'hui matin) : ça me laisse encore beaucoup plus de temps.
Et du temps, c'est tout ce qu'il me faut pour écrire toutes mes âneries.

Je n'ai jamais vraiment compris les travailleurs qui se plaignaient des retards de leur train. Ce n'est pas de leur faute s'ils sont en retard, c'est de la faute du train. Donc, normalement, ils doivent être payés comme s'ils étaient présents au boulot. En outre, les retards, ça permet de se reposer, de lire, d'écrire, bref de faire ce qu'on veut de sa vie. Donc, haut les cœurs, vive les retards ! Vive la SNCB !

* * *

Aujourd'hui, j'ai fait deux constats.

Le premier est qu'il m'est plus facile de créer de la fréquentation avec un blog de jeu – même minimaliste – qu'avec un journal. En effet, je regarde les premières statistiques du "Devinoscope" (notre nouveau blog de devinettes visuelles, à Léandra et à moi), et j'arrive à une soixantaine de visiteurs différents dès ce premier jour, soit plus du double du taux de fréquentation moyen du présent journal. La grande majorité de ces soixante visiteurs sont originaires de Facebook car des amis (et des amis d'amis, sans doute) ont eu la sympathique idée d'en partager le lien sur leur profil ; quelques uns ont aussi été redirigés depuis Twitter, où officient Léandra et Andrew ; les derniers, enfin, viennent du forum MonLégionnaire, où d'anciens camarades de combat ont cru bon de créer un post à ce sujet. Maintenant, il faut voir si j'arrive à fidéliser et à garder mon public, comme on dirait dans un bureau d'études commerciales.

Question : pourquoi un blog de jeu fonctionne-t-il mieux ? Première hypothèse : parce que c'est un jeu justement et que, de manière générale, beaucoup d'humains aiment se torturer les méninges pour avoir l'immense satisfaction de la découverte, cette petite "étincelle neuronale" qui soudain prend sa source dans une partie indéterminée du cerveau. "Eurêka", comme dirait l'autre. Ici, ça ressemble plus à un : "Bordel, j'ai enfin trouvé la solution de cette putain de devinette à la con !". Bref, la découverte de la réponse est une immense victoire... Pourquoi tant de gens aiment jouer au Sudoku dans le train ? Pourquoi tant de gens aiment les énigmes du père Fouras ? Je suppose que c'est dans le même ordre d'idée, même si personnellement, je déteste le Sudoku et ai constamment envie d'arracher la barbe postiche du faux vieillard de Fort Boyard. Je sais ainsi de source sûre que, quand j'ai lancé le concept de ces énigmes pour la première fois sur Facebook, certaines personnes n'arrivaient pas à dormir s'il restait une devinette non résolue à la tombée de la nuit ! Conclusion : ces devinettes ridicules peuvent devenir une drogue, tant d'ailleurs pour le découvreur que pour le créateur (va falloir que je fasse gaffe !). Seconde hypothèse : ce journal, faut se le taper. Il n'est pas spécialement marrant, ni même spécialement intéressant, sauf pour moi-même. C'est un truc personnel : au départ, je l'écrivais d'ailleurs juste pour moi. C'est encore un peu le cas maintenant, même si le fait de savoir que je suis lu change forcément ma façon de l'écrire, dans le sens où je m'amuse à faire de plus en plus de références ; mais aussi où j'ai de plus en plus peur de ce que j'y évoque ("Comment va-t-il/elle le prendre ?", "Est-ce que je dis ça ou pas ?").

Ce qui m'amène au deuxième constat de cette journée : ce que j'écris dans ce journal a des répercussions sur le monde extérieur parce que je n'y parle pas que de moi, mais aussi de mon entourage plus ou moins proche... C'est même "pire" que ça : je parle de ma façon de voir les autres. Ces autres-là, se voyant dans le miroir déformant que je leur tends, n'ont pas demandé à être décrits. Cette façon de faire ne pose aucun problème pour des inconnus rencontrés dans un café ou au hasard d'une navette de train. Et comme me le fera comprendre Léandra, elle n'en pose pas plus pour les personnes qu'on n'aime pas et qu'on ne côtoie donc pas. C'est tout autre chose avec les amis. Certains adorent, d'autres détestent.

C'est pour cela que j'ai donné des pseudonymes à (presque) tout le monde, pour minimiser la portée de ce que je raconte. Mais ça ne change rien en fait, car tout le monde se reconnaît, forcément (bah oui). De même, Léandra me dira que c'est pour ça que, dans son journal à elle, sauf exception, elle décrit les faits les uns après les autres, du début à la fin de la journée. Elle fait bien plus que ça, pourtant, quand j'y réfléchis : un style d'écriture, même s'il se veut factuel, purement descriptif, permet de faire passer beaucoup plus d'idées que ne le pense le rédacteur. L'écriture trahit : une plume n'est jamais neutre. De toute façon, je ne pourrai jamais faire comme Léandra, car j'ai pris pour parti depuis quelques mois de laisser tomber certains pans de ma journée pour me consacrer de manière plus précise à d'autres, que je décris dès lors de manière plus analytique.

Bref, tout ça pour dire que je me suis rendu compte de cet aspect des choses aujourd'hui. Je ne parle jamais à la deuxième personne dans ce journal (sauf pour me tutoyer quand je suis saoul) et je vais donc utiliser un chemin détourné pour faire passer ma pensée : si certaines personnes qui me lisent ne veulent pas/plus figurer ici, il est très facile de me le faire savoir. Je ne m'en vexerai pas le moins du monde. Je peux même supprimer jusqu'à leur présence si elles le désirent (mais ça me prendra un certain temps dans ce cas, surtout pour des amis proches).

* * *

Le soir, je suis à la Maison du Peuple de Saint-Gilles (ouais, encore !). Je croyais y être seul aujourd'hui, mais en fait tout le monde débarque en même temps : Léandra en coup de vent, avec un Nanash pressé que je ne vois même pas ; Andrew, énervé par les subtiles manœuvres d'évitement dudit Nanash ; Emily, qui doit travailler un peu sur son PC... Après avoir mis en place une série de devinettes visuelles pour aujourd'hui et les jours prochains et après qu'Emily a terminé l'écriture d'un mail, nous nous rendons à une autre table, où Andrew est déjà installé avec Zahra et un de ses compatriotes azerbaïdjanais, pour "fêter" le départ de Zahra de Bruxelles (elle retourne à Paris).

Zahra a constamment le sourire aux lèvres. Elle aura par ailleurs clairement un effet calmant sur Andrew. Le gars qui l'accompagne est beaucoup moins causant. Il ne parle pas français et nous sortira : "Brussels is an international city, so I don't need to speak french" (ou une phrase approchante). Je déteste ce comportement. C'est comme si j'allais à Londres et que je ne faisais pas l'effort de parler anglais, parce que "Londres est une ville internationale". Bref. De toute façon, il est assez laconique, même en anglais, et restera la moitié de sa soirée sur son téléphone (mais à qui me fait-il penser ?).

On entend "London Calling" des Clash et je me dis qu'ils passent de la bonne musique ce soir. Pas de bol : juste après, c'est au tour de Queen. J'ai pensé trop vite.

Zahra et Monsieur je-ne-parle-qu'anglais s'en vont. La fille fait une bise chaleureuse à tout le monde en guise d'au revoir. Le gars me sert la main sans me regarder. Quel contraste ! J'apprends que c'est chez ce type que Zahra est allée habiter lorsqu'elle venait d'arriver à Bruxelles, délaissant dès les premiers jours la chambre que Léandra avait préparée pour elle.

Plus tard, Andrew parlera, je ne sais pour quel raison, d'un sujet assez casse-tête. En résumé, ça donne : en amour, vaut-il mieux tenter le coup avec quelqu'un dont on n'est pas spécialement amoureux mais avec qui on a toutes ses chances ou vaut-il mieux au contraire tenter le grand amour, même si ça semble mal parti d'avance ? La question est toute théorique à mes yeux vu que je ne tente jamais rien, à quelques infimes exceptions près. À un moment, je lancerai quand même un très beau : "De toute façon, il ne faut pas réfléchir autant : il faut se lancer, c'est tout !" (de ma part, fallait oser). Toujours est-il que mon petit cerveau a déjà vécu à plusieurs reprises ce genre de petit débat interne... à mes dépens d'ailleurs, vu que j'ai toujours eu le chic pour choisir des relations impossibles et qu'au final, je ne sors jamais avec personne... C'est la vie !

vendredi 15 juillet 2011

Pastis-pétanque sans pastis

Dernière journée de boulot en compagnie de Bernard Selayve, un des anciens membres des Mouvements Marxistes Militants (MMM en abrégé), un groupe d'extrême-gauche belge qui fit de nombreux attentats à la bombe dans les années 80 contre les symboles du système capitaliste et de l'impérialisme américain (banques, entreprises d'armement...). L'institution dans laquelle je travaille a hérité des archives de ce groupe et je passe ainsi la matinée à les trier en compagnie de Bernard, un gars bien sympa. Il a un peu des côtés de mon pote anar Zapata : le même humour et le même idéalisme. Ça me fait un bien fou de me retrouver en compagnie d'un militant de la gauche radicale. Ce type partage beaucoup de valeurs en commun avec celles de ma famille, notamment avec le radicalisme marxiste et syndical de mon père.

En soirée, je me rends au "pique-nique pétanque" proposé par Andrew pas loin de chez lui. Il me faut un temps de dingue pour retrouver le petit parc dans lequel nous allons jouer. Quand j'arrive, Andrew est déjà en compagnie d'Emily et de ses deux stagiaires : Zahra, que j'avais déjà vue, ainsi que Lavida, la fameuse stagiaire franco-israélienne dont Andrew parle tout temps. Cette dernière ressemble très très fort à ma collègue de bureau Wynka. Elle déprime en Belgique à cause du temps : heureusement pour elle, elle s'en va bientôt. Dommage, elle avait l'air sympa.

On mange bien, trop bien même : il y a plein de charcuteries et de fromages sur la table et j'ai apporté une grande salade. Certains boivent du vin. Moi je suis à l'Orval, comme d'habitude. Quand Walter arrive, il boit des Chimay Bleues, comme d'habitude aussi. On joue à la pétanque. Que de souvenirs... On n'a pas trop perdu la main, en fait, même si on ne sait plus trop chasser les boules. Au crépuscule, un SDF s'installe pour la nuit en dessous du petit préau situé juste en face du terrain de pétanque. La situation m'embête au plus haut point, non pas, bien sûr, parce qu'il est là, mais plutôt parce qu'on vient de bien boire, de bien manger et que lui n'a rien. Du coup, je lui demande s'il veut à boire ou à manger, ou bien une cigarette, seule chose qu'il accepte. Andrew est gêné par la situation : il dit que parfois, ces gens ont des situations tellement éloignées de la nôtre qu'on ne sait jamais s'il faut vraiment leur proposer quoi que ce soit. Il parle aussi d'un livre qui traite de ce sujet délicat : une histoire d'anthropologue au milieu des SDF, ou un truc dans le genre. Sur le coup, ça m'énerve un peu : j'en ai rien à battre de ce livre à cet instant précis. Je trouve juste totalement condescendant de jouer à la pétanque comme s'il n'existait pas, et totalement malsain de ne rien lui proposer à manger.

Fin de la soirée et début de la nuit chez Andrew. La discussion tourne autour des femmes que Léandra n'aime pas (comme Mary Augustus et Annabelle...), pour une raison que je continue à trouver en partie irrationnelle. C'est assez fou de détester à ce point certaines personnes. Léandra trouve que Mary est très froide. Mary pense exactement la même chose de Léandra. Léandra n'aime pas les femmes qui ne s'intéressent pas à elle. C'est pourtant l'inverse qui s'est passé au début avec Mary : c'est Léandra qui ne s'est pas intéressée à Mary, qui la prenait un peu pour une "envahisseuse" dans la discussion qu'elle avait avec Walter, à l'Atelier.  Qui a raison, qui a tort ? C'est curieux car je ne les trouve ni l'une ni l'autre froides. Des "querelles de filles", quoi (pourtant, ici, il n'y pas réellement d'enjeu). Mmmmh, ce paragraphe tourne un peu à la "Santa Barbara". Par après, énième discussion entre Léandra et Walter sur leur ancienne relation, blablabla. Walter parle avec beaucoup de verve, Léandra lui sort des réponses froides, coupées au couteau. 

Au retour en taxi, je me rends compte que j'ai trop bu. Je discute avec le taxi, mais je ne me souviens pas ce que je lui ai dit (pauvres taxis, ils doivent en voir de toutes les couleurs la nuit).

samedi 25 juin 2011

Résolution du mystère de la boule de feu

Le matin, je me rends à l'assemblée générale d'une association dont je suis l'un des administrateurs. Les débats sont parfois... microscopiques. Du genre "Faut-il ajouter un point 2bis à l'ordre du jour, afin de mettre en évidence la petite modification virtuelle des statuts ?". 

L'après-midi, je me rends avec Gaëlle et mes parents à la fête de fin d'année du club de judo de Namur. Oui, ma fille fait du judo. Elle débute, forcément : elle est ceinture blanche. Elle doit participer à une démonstration avec plein de judokas de tout niveau et de tout âge. Elle est en tenue (qu'on appelle bien le "judogi", et non pas le "kimono"). À peine sur le dojo, un gamin plus grand (et sans doute un peu plus expérimenté) lui fait une prise et la fait tomber. Elle pleure et ne veut plus participer à la démonstration. Donc, voilà : je n'aurai pas vu ma fille pratiquer un art martial (du moins pas encore). 

Le soir, retour à Bruxelles et soirée d'anniversaire d'Andrew chez Poulain Perspicace, avec sa copine. Outre ces trois-là, présence de Léandra (qui est partie un peu avant minuit), d'Emily, de Walter, de Romain et de deux furtives stagiaires d'Andrew, Zahra et Eve. Je partage un cigare cubain avec Walter, mais c'est assez indigeste et on ne le finit pas. 

Durant la soirée, nous avons eu la chance d'observer une (puis deux, puis trois, puis quatre, etc.) boules de feu dans le ciel ! C'est sans doute ce qu'a vu Callys au début du mois. Au départ, on s'est tous demandé ce que c'était, puis on s'est rendu compte que c'était juste ces petits ballons qui s'envolent quand on les allume. 

La soirée se termine vers 2 heures. Je l'aurais bien terminée avec les trois derniers restants tranquillement, chez moi, autour d'un verre, mais tout compte fait, Emily, Walter et Andrew retournent chez eux à pied. Et je fais de même, dans le sens opposé. Je ne sais pas quoi penser de cette soirée. C'était une chouette soirée, en fait, mais... J'ai eu l'impression (pas nouvelle) de passer pour un gars à côté de la plaque (impression que j'ai eue toute la journée, à cause de la fatigue notamment) et également le sentiment (peut-être pas spécialement fondé) que la copine de Poulain n'était pas très en forme et n'avait pas trop envie de nous voir rester jusqu'à pas d'heure.

mercredi 1 juin 2011

Post-modernisme

J'apprends par Andrew que Zahra ne va tout compte fait pas loger chez Léandra, alors que cette dernière avait tout préparé pour son relativement long séjour en Belgique. C'est extrêmement énervant, ces revirements de petite fille gâtée. 

J'espère ne pas avoir une crise d'appendicite parce que ça tiraille exactement à l'endroit où ce putain d'organe inutile devrait se trouver. La Maison du Peuple vient de rouvrir ses portes. Il est où le changement ? Il est où l'air conditionné annoncé ? Je passe la fin de la journée à boire des thés (et un Orval en terrasse au Verschueren) avec Emily et Andrew (mais sans Léandra, qui est partie en vacances donc ; et sans Walter, parce qu'il n'a pas envie de venir en transports en commun). Les deux présents sont un peu crevés (faut dire qu'ils n'étaient pas en congé maladie, eux), à tel point que j'ai l'air en forme ! J'apprends que la pointe que j'ai dans le vendre, ça ressemble plus à un truc au rein. On verra... 

Soirée calme et sympa. On parle de Walter et de Zahra. On parle de post-modernisme et de Sarkozy. Je croise par hasard au bar Anke, l'historienne-photographe rencontrée au colloque du début du mois de mai. C'est son dernier jour en Belgique : elle part pendant une dizaine de jours en Bosnie. Elle me parle d'un mail qu'elle m'a envoyé aujourd'hui (que je n'ai pas reçu) et de son copain cubain qui ne peut pas revenir en Belgique à cause d'un problème de visa... Emily trouve qu'elle avait une façon très proche de me parler. J'ai trouvé aussi, mais ça doit être dans sa "façon d'être" générale en fait (bah oui). Demain, si tout ne va pas trop mal, on fera une promenade dans le Brabant flamand, avec Andrew, Emily et peut-être Zahra (mais ça m'étonnerait).

lundi 30 mai 2011

Qu'est-ce que l'honnêteté ? (2e partie)

Je lis des citations sur l'honnêteté et j'en trouve plein qui me correspondent mais qui critiquent ouvertement ma façon d'être, du genre : "La vie d'un honnête homme est quelque chose de très plat. Que lui reste-t-il, puisqu'il s'est retranché le désir de plaire ? Il aime sa femme, si l'on peut aimer une femme à qui l'on n'a pas à faire la cour" (Jules Renard). C'est moi tout craché (sauf que je n'ai pas de "femme" pour le moment) et ce n'est certes pas très flatteur. Autre extrait, des Fleurs du Mal cette fois-ci : "Maudit soit à jamais le rêveur inutile – Qui voulut le premier, dans sa stupidité, – S’éprenant d’un problème insoluble et stérile, – Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté !". Baudelaire écrivait vachement bien mais je ne suis jamais d'accord avec lui. En fait, le vieux Lewis, lui, serait entièrement en phase avec ce genre de discours (faut encore que je lui téléphone, tiens : ce sera chose faire en début d'après-midi ; curieusement, il ne m'énerve pas, et il a vraiment l'air très seul) : il a eu plein de femmes dans sa vie, a feint ses sentiments à moult reprises et n'a été que très rarement honnête avec elles. Mais ça fonctionne donc mieux comme ça apparemment : feindre que l'on a devant soi un être d'ex-cep-tion, oui-Mademoiselle-vous-avez-un-joli-sourire, pour avoir ses "faveurs". 

Je lis également ce texte de Chamfort, qui me correspond beaucoup plus (mais est-ce que ça doit me rassurer ?) : "Une âme fière et honnête, qui a connu les passions fortes, les fuit, les craint, dédaigne la galanterie ; comme l'âme qui a senti l'amitié, dédaigne les liaisons communes et les petits intérêts". Ah ! Voilà qui résume presque à la lettre ce que je pense (oui, je parle de moi tout le temps, car je suis honnête et je suis donc très chiant). Dernière citation (elle est de Chomsky) : "Le monde ne récompense pas l'honnêteté et l'indépendance, il récompense l'obéissance et la servilité". 

Je réfléchis beaucoup à ça et je me dis que l'idée que je me fais de l'honnêteté doit être influencée à la fois par mon éducation (ma mère est d'une honnêteté sans faille : je ne l'ai jamais vue mentir une seule fois ; mon père est d'une franchise déconcertante) et par mes lectures. Une certaine branche de la science-fiction exalte en effet l'honnêteté foncière des individus et un certain idéal "chevaleresque" : il suffit de lire Dune pour s'en convaincre, roman dans lequel la famille du "héros" place la loyauté, la justice, l'honnêteté et l'amitié au-dessus de toute autre valeur ; et où les fremens, le peuple du désert, sont droits dans leurs principes jusqu'à donner leur vie pour un lointain idéal. J'ai aussi beaucoup d'estime pour des humanistes comme George Orwell ou Bertrand Russell, qui placent l'honnêteté intellectuelle très haut dans leur système de valeur. À méditer donc. 

Au boulot, justement, vu que je fais de l'archivage et que ça ne demande pas une concentration élevée, j'écoute ce colloque sur Orwell, Russell et Chomsky. Les discussions volent très haut, mais pourquoi Jean Bricmont, dans le public, doit-il toujours ramener sa fraise ? Il a l'air un peu confus. Peu importe. Je me dis que je visionnerai un jour les autres vidéos sur Leibniz, Wittgenstein, etc. sans être certain de pouvoir tout assimiler du premier coup... Amusant : dans une intervention, Russell est comparé à un chevalier (au sens moral/intellectuel) et les concepts de probité, d'honnêteté et, surtout, de vérité s'entremêlent souvent. Je me sens moins seul. 

Aujourd'hui, je ne bouge pas de chez moi et je ne bois pas d'alcool. Une pensée pour Léandra qui accueille sa nouvelle colocataire, Zahra, sous la supervision d'Andrew, et qui part à Rome demain (je pense aux autres, parfois, oui, oui...). Une pensée aussi pour Emily, qui doit se reposer chez elle. 

J'ai de plus en plus à dire chaque jour dans ce journal. Je crois que j'ai pris un rythme de croisière. Je suis totalement crevé. Je suis peut-être malade en fait. Les murs tournent et je tremble. C'est certain : je suis malade.