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dimanche 12 août 2012

15. « À chaque casserole son couvercle »

15.1. Sur la grande cour devant la maison, toute la famille est réunie. Grande-tante Marcella — 77 ans au compteur — est là. Elle parle, parle, parle encore. Elle n'arrête pas de parler. Quand sa fille la rejoint en fin d'après-midi, elle parle aussi. À deux, elles parlent, parlent, parlent, encore et toujours. Elles n'arrêtent pas de parler... Deux fois plus.

15.2.
Ce flot continu de paroles me rend nerveux. Tellement nerveux qu'après deux heures de logorrhée mère/fille presque ininterrompue, je ressens le besoin de m'enfermer dix minutes dans ma chambre, avant de reprendre le chemin du Front.

15.3. « Toujours pas de copine, Hamilton ? me demande Marcella.
(Je quitte lentement des yeux mon écran d'ordinateur pour la regarder.)
— Non, toujours pas.
— Et c'est pour quand ?
— Jamais.
Ooooh... À chaque casserole son couvercle, pourtant, comme on dit.
— Ouais, peut-être, mais là, j'ai dévalisé les armoires de la cuisine sans en trouver une seule.
— Les casseroles sont trop petites pour ton couvercle, c'est ça qu'il y a !
— Oui, c'est ça... "Les casseroles sont trop petites." »

15.4. « Michel Daerden, il avait un gentil regard. C'est ça, il avait un regard gentil. Moi, j'ai un regard méchant. Je n'en peux rien. J'ai un regard méchant. Je suis née comme ça. Mais Michel Daerden, il avait un regard gentil, ha ouais, ha ouais, ouais, ouais ! »

15.5. « Et Michèle Martin ? Moi, je ne sais pas... Je ne suis pas très futée, mais vous en pensez quoi, vous, de sa libération ? Je ne sais pas, moi, bah ouais, ha ouais. Non, je ne sais pas... Je ne sais pas, je ne sais pas. Elle n'aurait pas dû sortir de sa prison, non ? Et toi Hamilton ? Tu en penses quoi, toi qui es intelligent ?
— Euh... »

15.6. La fille : « Il travaillait dans l'Horéca mais il a fait un gros burn out. Et il a dû arrêter de travailler pendant un an. Sans rire, avec sa dépression, s'il avait continué, il aurait tué tout le monde dans le restaurant : les clients, son patron... » — Ha ! Comme John Cleese avec son hachoir dans le fameux sketch du restaurant du Monty Python Flying Circus !

« You bastards! You vicious, heartless bastards! Look what you've 
done to him! He's worked his fingers to the bone to make this place 
what it is, and you come in with your petty feeble quibbling and 
you grind him into the dirt, this fine, honourable man, whose boots 
you are not worthy to kiss. Oh, it makes me mad. Maaaaaad! »

15.7. « Oui, Gaëlle, pour le moment, elle croit en Dieu, tout ça... 
— Ha ? Roberto, lui, il a des "visions", m'explique Aude. Il affirme qu'il est capable de voir les gens à travers les portes et les murs. Ce genre de chose... »
(L'une se prend pour Jésus, l'autre pour Superman : ça promet !)

15.8. « Moi, je vois des gens la nuit, raconte la même (40 ans). Je me réveille et je vois des silhouettes à la périphérie de mon regard. Je suis certaine de ne pas rêver et qu'il y a vraiment un inconnu. Alors, je sursaute, je crie et Fridric me demande ce qu'il y a... Mais j'ai peur de passer pour une folle, alors je fais semblant de rien.
— Tu vois un inconnu dans ta chambre la nuit et tu fais "semblant de rien" ? »

dimanche 3 juin 2012

Les petits paragraphes dominicaux (4)

Le vilain petit poney. — À l'anniversaire de mon petit-cousin Roberto, dans la maison de Fridric et de son épouse, ma cousine Chelsea (17 ans) : « Pour mes dix-huit ans, j'aimerais avoir un poney. Pas un cheval... Non. Je n'aime pas les chevaux... Non, vraiment, je voudrais un petit poney... C'est pas plus haut qu'un gros chien, un poney... Et ce poney, j'en ai une idée très précise : il serait très, très moche, mais ce serait mon poney... Un poney que j'aimerais malgré sa laideur, en quelque sorte. »

Le/la dulciné(e), le retour. — Au même anniversaire, mon oncle Tino, s'adressant à moi : « Et le mariage, c'est pour quand ? » (Ils sont tous à l'affût d'une compagne, c'est prodigieusement énervant.) Réponse : « Jamais, je suppose. Je suis contre le mariage... Déjà que pour la petite copine, c'est pas gagné alors... » Chelsea : « Et un petit copain, ça n'irait pas ? » « Non, mais c'est pas possible, vous en avez parlé en réunion de famille ou quoi ? » Il semblerait que rester aussi longtemps sans personne est socialement perçu comme anormal et qu'il leur faille donc trouver une sorte de circonstance atténuante.

Monstre. — Roberto a reçu des armes de guerre en plastique pour son anniversaire et joue en compagnie des deux autres enfants de la maisonnée : son voisin (muni d'une mitraillette) et Gaëlle (armée d'un couteau « à la Rambo »). Le voisin tire sur moi avec sa mitraillette... Comme je ne sais pas faire les choses à moitié (c'est tout ou rien), je mime ma mort tragique d'une manière très théâtrale, avec moult convulsions et hoquets réalistes, en tombant de ma chaise et tout et tout. Ensuite, je ne bouge plus et reste les yeux fermés pendant une bonne minute. Les trois enfants s'approchent de moi et j'en profite pour me réveiller et me relever d'un coup en gueulant : « Je être monstre ! Moi manger chair fraîche ! Moi manger petits enfants ! » Entre la peur et l'amusement, ils s'enfuient dans l'escalier. Je réitère l'expérience à de nombreuses reprises, à la grande satisfaction des trois gosses. La belle-mère de mon cousin : « C'est Hamilton qui s'amuse le plus dans cette histoire ! » — En effet, je m'amuse comme un gamin !

Immigration flamande. — Mon papa explique à ma famille maternelle : « Mon grand-père est venu s'installer en Wallonie vers l'âge de vingt ans. Il était électricien et a marié une paysanne, chose que sa famille n'a jamais accepté. Alors, par amour, il a renié ses parents, est parti s'installer dans le Hainaut et a complètement oublié ses racines flamandes. Il a eu treize enfants et leur a tous appris le français, mais pas un seul mot de flamand. C'est la raison pour laquelle mon père ne connaissait pas le néerlandais et que ça s'est perdu depuis lors... » Dommage !

Pleurs. — Gaëlle pleure à chaudes larmes : « Je ne veux pas rentrer chez maman, noooon ! Je m'amuse bien ici ! Je ne veux pas, je ne veux pas ! » C'est déchirant mais c'est le lot des enfants de la plupart des couples séparés, du moins je suppose...

Résolution de la crampe mentale par métaphore ferroviaire. À lire ce que j'ai écrit sur l'existence du Monde extérieur dimanche dernier, c'est à croire qu'étudier Wittgenstein pendant des mois ne m'a pas servi à grand-chose... (Tsss, tu n'avais pas écrit que tu n'en parlerais plus ? Si, mais je fais ce que je veux !) Dans De la certitude, le philosophe réfute de manière très subtile les arguments en faveur d'une telle pensée. Par exemple : « 339. Image-toi quelqu'un qui doit aller chercher son ami à la gare mais qui, plutôt que de simplement consulter l'horaire et, à une certaine heure, se mettre en route pour la gare, dise : "Je ne crois pas que le train va réellement arriver, mais je vais tout de même aller à la gare." Il fait tout ce que ferait une personne ordinaire, mais l'accompagne de doutes et de mauvaise volonté, etc. » Ce livre est sans doute un des meilleurs remèdes pour soigner le solipsisme. Néanmoins, il faut constamment que j'en relise des passages pour chasser ces vilaines pensées de mon esprit, un peu à l'exemple d'un médicament que l'on doit prendre à vie.

Îlot de normalité. Léandra : « Quand je suis chez eux, j'ai l'impression d'observer un îlot de normalité dans un monde de plus en plus désespérant de méchanceté et d'individualisme. » C'est la joie, ce soir, chez Léandra !

You're so free, you can buy the lie... — Léandra toujours : « Pour la majorité des gens, tu n'existes que si tu consommes... » Nouvelle voiture, nouvelle télévision, nouveau mobilier, nouvelle cuisine, etc. Projeter d'acheter une nouveauté technologique est presque devenu chez certains un véritable moteur d'existence, une raison de vie à part entière. « Et, dit-elle, chez ceux qui ne peuvent pas suivre financièrement et consommer comme les autres, cela crée de la frustration... » Je souris et elle me demande pourquoi. C'est parce que son discours me rappelle directement une très belle chanson du groupe punk néerlandais The Ex intitulée « Prism Song » (Turn, 2004), qui résume à la perfection cette mode du consumérisme forcené. Extraits : « Here's the soap that will set you free, cleaning up your visions of reality, and all the salesmen will agree: surround sound DVD is ecstacy! » La batteuse et chanteuse Katherina Bornefeld récite ensuite sur un ton monocorde une série de mensonges et de banalités que les publicitaires tentent de nous faire gober (avec un succès certain) : « Life can be sweet with those candy-bars. Increase your ego with that brand new car. Insure your safety, buy the lie, and buy and buy and buy and buy. (...) Fast food burgers slim your time. Send a present to your Valentine. Get your airmiles travel free. In September start your Christmas shopping spree. It's in the stars, be a millionaire. Conquer the world with new underwear. (...) Keep on track with the digital fun. Book in time for the winter sun. Get a free cell-phone, call all day. The next great prey is on its way. » 

Prism Song by The Ex on Grooveshark

Enterrements. — « S'il venait à mourir, irais-tu à son enterrement ? », me demande Léandra. Réponse : « Non, absolument pas. Je trouve que c'est très faux cul d'aller à l'enterrement de quelqu'un avec qui on n'a plus aucun contact. » « Et si c'était celui-là et non celui-ci qui mourrait, tu n'irais pas non plus ? » « Ha, dans ce cas, c'est un peu différent. C'est un vieil ami. J'ai vraiment été très proche, donc j'irais à son enterrement quand même... » Puis je rajoute : « D'ailleurs, si c'est moi qui venais à décéder, je suis presque certain qu'il viendrait lui aussi à mon enterrement... Enfin, si ça arrive, je compte sur toi pour me tenir au courant, hein... » (Rires.)

dimanche 27 mai 2012

Les petits (?) paragraphes dominicaux (3)

Discothèque flamande. — Sur la grande cour circulaire du jardin familial, sous un soleil de plomb, en début d'après-midi, mon baladeur diffuse l'angoissante mélodie floydienne intitulée « One of These Days » (celle au milieu de laquelle une voix diabolique menace de nous couper en petits morceaux). Mon père me raconte que, lorsqu'il était jeune, il dansait sur cette chanson dans une discothèque anversoise. Il n'était pas spécialement obligé de bouger car les stroboscopes donnaient une constante impression de mouvement. Pouvoir danser sur la double ligne de basse hypnotique de « One of These Days » : je me dis une nouvelle fois que j'aurais dû naître (et vivre ma jeunesse) vingt-cinq ans plus tôt. 

La dulcinée. — Ma grand-mère me demande : « Toujours pas de dulcinée ? » Je lui réponds : « Non. Je n'aurai plus jamais personne. » « Pourquoi dis-tu ça ? Tu n'es pourtant pas un monstre ! » « Si. Presque. » « Il y a que tu es extrêmement difficile, voilà ce qu'il y a ! » D'abord je nie, et ensuite je lui décris quelques uns de mes critères de recherche comme : les yeux en amande pétillants d'intelligence et d'ironie, ce genre de choses toutes simples, quoi... Mais j'en viens tout de même finalement à l'idée que oui, peut-être que je suis un tout petit peu exigeant (en plus d'être un monstre, cela va de soi). 

Le « dulciné ». — Ma grand-mère toujours : « Et un homme avec des yeux en amande, ça n'irait pas ? » C'est la troisième fois en moins d'un mois (sans rire) qu'un membre de ma famille me demande si je ne devrais pas passer de l'autre côté du miroir, autrement dit changer d'orientation sexuelle. Je me demande ce qui, dans mon comportement actuel, leur a donné cette idée saugrenue de coming out. Peut-être le fait que je suis célibataire depuis très longtemps ? — Bon, t'es bien gentille Bobonne, mais aux dernières nouvelles, ce sont toujours des femmes (et uniquement des femmes) qui hantent la totalité de mes fantasmes... 

Crampe mentale. À l'origine de nombreux questionnements d'ordre philosophique, ce terrible constat : la seule chose dont je suis absolument certain, c'est de ma propre conscience. Je reçois des informations de différents types (visuel, auditif, olfactif, gustatif, tactile, en un mot sensoriel) et je les organise, analyse, catégorise, etc. L'existence de mes propres organes directement visibles (mes mains, mes pieds...) ou non (mon cerveau, ma vésicule biliaire...) —, n'est pas certaine. Autrement dit : même mon corps tel que je le vois et le ressens ne pourrait être qu'une image et une sensation. — Pire : c'est une image et une sensation, dont la source se trouve dans mon cerveau (c'est du moins ce qu'énonce l'énorme majorité de la littérature à ce sujet). Les idéalistes « à l'extrême » n'ont eu de cesse que d'exprimer cette évidence (mais alors pourquoi et pour qui l'exprimaient-ils ?) ; les matérialistes, quant à eux, ont essayé de la réfuter, de prouver l'existence d'un monde extérieur à eux-mêmes (ou plutôt à moi-même)... Quelle que soit la philosophie proposée (idéaliste ou matérialiste, ou bien un complexe mélange des deux, ou autre chose encore), cette tendance à infirmer ou confirmer la présence d'un monde en dehors de soi-même semble découler d'une angoisse fondamentale liée à la nature des données sensorielles reçues. — La seule manière de m'en sortir, d'arrêter ce flux de réflexions obsédantes et stériles, est de penser que, jusqu'à présent, tout ce que j'ai observé est conforme à l'idée que je m'en fais... Jusqu'à présent, si j'agis de telle façon sur mon environnement, celui-ci prendra en compte, de manière totale, l'action effectuée. Que toute cette vision grouillante de vie soit une idée ou au contraire une réalité physique est somme toute annexe et n'enlève rien au fait que le Monde dont j'ai la chance de recevoir quelques maigres données (et sur lequel je peux laisser une très légère empreinte) est extraordinaire à tout point de vue.

Message érotique en flamand. — Dernièrement, mon père a reçu sur son téléphone portable deux messages en flamand d'un certain (ou d'une certaine ?) Robin, qu'il ne connaît évidemment pas. Dans le premier, très court, la personne se dit déçue de ne pas recevoir de réponse. Dans le second, elle affirme être assise dans son bain et décrit ce qu'elle désire en termes de relation sexuelle satisfaisante. Mon père, très pragmatique, lui a répondu en français : « Je crois que vous vous êtes trompé de destinataire... » (Plus de nouvelle depuis lors.)

La terreur des petits enfants. — Mon cousin Fridric débarque en fin d'après-midi en compagnie de son fils Roberto (quatre ans) et de son voisin (même âge environ). Fridric raconte n'importe quoi au pauvre petit voisin, d'un air très sévère : « Quand tu ne seras pas chez toi, je viendrai dans ta maison et je casserai tout, et particulièrement ta chambre ! Et tes jouets surtout ! » Le gamin, un peu méfiant mais nullement terrorisé (il doit avoir l'habitude), lui rétorque : « Tu ne saurais pas ! Mon papa, il a un gros marteau ! » Réponse de mon cousin : « Et moi j'ai une tronçonneuse et je vais tout découper ! » (Vu de l'extérieur, Fridric peut paraître totalement timbré mais en fait, il est très gentil ; il est même instituteur !)

vendredi 6 avril 2012

Leadership

La prévision météorologique de ce vendredi : prévoyez pulls et gros manteaux si vous comptez sortir car la bise soufflera et vous glacera les os.
La réalité : je suis en tee-shirt et Gaëlle est obligée d'enlever son pull car elle a "beaucoup trop chaud".
Gaëlle joue à l'extérieur de la maison familiale durant la majeure partie de l'après-midi : trottinette, balançoire, toboggan, freesbee, ainsi que d'autres jeux plus tordus, comme celui consistant à lui faire faire des figures de gymnastique en lui criant : "une, deux-zé deux", "une, deux-zé trois" ou "une, deux-zé quatre". Si j'oublie la liaison entre le "deux" et le "et", Gaëlle fait une crise de nerfs. Si je choisis "deux", elle fait un cumulet ; "trois", un poirier ; "quatre", une roue. Si je choisis un autre chiffre que ces trois-là, elle n'est pas contente. 

Je me dis que Gaëlle a sans doute dû apprendre ces exercices durant un cours de gymnastique à l'école. Cependant, elle me dit que "non, non, pas du tout, c'est moi qui les ai inventés." Elle réussit moyennement bien la roue et, lorsqu'elle tente un poirier, elle retombe une fois sur deux à l'envers, la nuque et le dos en premiers, ce qui fait peur à ma tante et stresserait terriblement ma mère si elle voyait la manœuvre. "Si elle retombait mal, elle pourrait se briser le cou..." Oui, et si je ratais une marche dans l'escalier, je pourrais me retrouver tétraplégique du jour au lendemain. — Et si, et si...

Mon cousin Fridric et son fils Roberto débarquent. Gaëlle s'amuse avec Roberto, plus jeune mais presque aussi grand qu'elle. Elle veut tout diriger et joue constamment dans un esprit de compétition. Roberto est à l'opposé de ce comportement : il s'en fout complètement de gagner et se fiche de diriger ou d'être dirigé. Il ne comprend pas Gaëlle. Quand il en a marre, il s'en va, tout simplement, comme si de rien n'était. Alors, c'est le schéma classique : Gaëlle commence à pleurnicher voire à se rouler par terre, telle une incomprise, parce que ça ne se passe pas comme elle veut ; parce qu'il ne fait pas ce qu'elle lui ordonne de faire ou parce qu'il "triche". Gaëlle aime contrôler la situation, est mauvaise perdante et de mauvaise foi.

« Tiens, je me demande à qui elle ressemble, lâche ma mère.
— Ha ? À qui penses-tu ?
— À toi, tiens, Hamilton ! Tu ne te souviens pas de toi enfant ?
— J'aimais avoir le dernier mot, hein ?
— Et tu avais une cour autour de toi, aussi, tu t'en rappelles ?
— Oui, mais ma cour à moi suivait mes directives sans broncher. »
(Gnagnagna : on dirait un petit enfant... — Je n'en suis sans doute pas si loin, cela dit.)

Les événements auxquels ma mère fait référence se sont surtout déroulés lorsque j'étais en primaire, période durant laquelle j'étais inconditionnellement considéré comme un leader par mes camarades. En deuxième primaire, par exemple, j'avais décidé de construire un jeu de marelle géant (une centaine de cases) recouvrant une grande partie de la cour de récréation. Après avoir reçu l'aval de mon institutrice (Madame Charlier), j'étais devenu le maître d'œuvre d'un gigantesque dessin numéroté à la craie. Je prenais part à sa réalisation, mais j'avais surtout réussi à convaincre une dizaine d'enfants de travailler pour moi. Certaines institutrices se sont amusées à tester le jeu, une fois terminé.

Deux-trois ans plus tard, en quatrième ou en cinquième année donc, j'étais dans mon trip "militaire" : j'avais créé une hiérarchie stricte au sein d'un groupe de potes, hiérarchie dont j'étais le chef incontesté. J'avais même fabriqué, avec l'aide de mes parents (!), des cartes dactylographiées et plastifiées qui reprenaient les nom, prénom et grade de chacun de mes subordonnés, du général (mon meilleur ami) aux sergents. Les grades reprenaient à peu de choses près la hiérarchie du Stratego. Souvenir : les filles observaient ces simagrées d'un œil assez froid. Un jour, l'une d'elle (Anne-Laure), me voyant passer devant elle suivi de mon "défilé de gradés", lança une phrase marquante : "Tiens, voilà encore Hamilton qui se la pète avec son armée !" 

(Toutes ces histoires étaient jusqu'à aujourd'hui presque entièrement enfouies dans ma mémoire, et les ressortir me fait vraiment plaisir. — Mais où est la vérité et où sont les exagérations ?)

Arrivé en secondaire, mon leadership s'est effondré d'un seul coup et je suis devenu irrémédiablement, surtout à partir de la troisième, l'archétype de l'intello boutonneux replié sur lui-même.

* * *

Au pied du lit de Gaëlle : l'histoire d'un petit garçon qui parle tellement vite que personne ne le comprend. Par exemple, lorsqu'il demande du lait, il dit très rapidement : "skejpavoirdlai?"... Ses parents se rendent compte qu'il a un problème, alors ils l'emmènent chez une logopède, qui arrive à corriger son élocution, mais beaucoup trop. Ainsi, après dix séances chez la spécialiste, le gamin parle beaucoup trop lentement : il lui faut presque une heure pour demander du lait. Alors il retourne de nouveau chez la logopède qui ajuste son débit de parole. Après cinq séances, le petit garçon parle désormais normalement, mais garde néanmoins quelques reliquats de ses anciens modes d'expression : parfois, il s'emballe et on ne le comprend plus ou, au contraire, il prononce des parties de phrase très lentement... Mais dans l'ensemble, tout est ordre et tout est bien qui finit bien.  

La deuxième histoire est une variation sur le même thème : le récit d'un enfant qui se déplace très lentement, etc.

samedi 24 décembre 2011

Un roi sans couronne

– Regarde Gaëlle, c'est le discours du roi, à la télévision !
– Mais j'en ai rien à faire, moi, Papa, du discours du roi !
(Remarque, moi non plus...)
– Et puis, continue ma fille sur sa lancée, pourquoi il n'a pas de couronne, si c'est un roi ?
(C'est vrai ça ! Pourquoi n'a-t-il pas de couronne ?)

* * *

Le soir, mes parents, ma fille et moi sommes invités à passer le réveillon de Noël chez mon cousin Fridric et sa femme Aude. Sont présents les deux enfants d'Aude ainsi que le petit dernier, Roberto. Sont présents également : ma bobonne (ma vieille grand-mère qui, du haut de ses 85 ans, a de plus en plus de mal à entendre ce qu'on lui dit et à se déplacer) ; mon cousin Fab (le frère de Fridric) et sa femme Bridget ; les parents d'Aude ; les parents de Fridric. En tout, ça fait seize personnes.

La chienne de la maisonnée a l'air malade. Elle pue, elle bave et regarde les invités bizarrement. Elle est enceinte. Lors de la dernière portée en date, elle a dévoré un de ses jeunes (miam !). Ma mère se méfie et ne veut pas que Gaëlle s'en approche.

Le repas est gargantuesque. En apéritif, nous avons droit à des dizaines de plats qui viennent et repartent dans tous les sens : des toasts, des ailes de poulet, des lardons farcis, des olives, de l'ail mariné, du fromage de Grimbergen, des chips, des verrines... Ensuite, nous mangeons une entrée froide (une terrine), puis une soupe aux chicons (préparée par ma maman), puis une seconde entrée, chaude cette fois-ci (une lasagne de saumon, avec de la pâte fraîche, faite "maison" par ma tantine et son mari Tino), puis le plat principal (de la volaille, des croquettes et de la salade), puis le dessert (des choux glacés préparés par mon père). Je bois et mange beaucoup, comme d'habitude lors d'un repas de Noël.

Durant la soirée, Fridric, qui est instituteur depuis presque vingt ans, nous parle des gamins à qui il donne cours : leur niveau baisse de manière catastrophique : ils sont pour la plupart incapables de se concentrer plus d'un quart d'heure et ne s'intéressent pas à grand chose. Quant aux nouveaux instituteurs, ils sont d'après lui en moyenne moins cultivés et moins formés qu'auparavant : "Comment intéresser une classe si on ne sait même pas soi-même de quoi l'on parle ?".

Mon père a apporté ses vieilles diapositives et l'appareil qui permet de les projeter. Mon papa est (entre autres) photographe de formation et a pendant une bonne dizaine d'années (de 1975 à 1988 environ) réalisé plusieurs centaines de diapositives de sa jeunesse et de mon enfance. En fin de soirée, il les projette sur un mur blanc. Avec le temps, les images font très vintage : photos de virées dans les "dancings" ; voyage en Irlande ; photos de ma mère jeune (une vingtaine d'années) en train de poser devant l'appareil, avec ses cheveux teints en roux, son visage très froid et boudeur ; voyage à Paris ; voyage en Italie ; photos de famille...

Ce n'est vraiment plus le même monde qui s'affiche sur le mur blanc : on y voit la vieille maison familiale perdue dans la campagne (alors qu'aujourd'hui ladite bâtisse est entourée de nouvelles constructions cubiques toutes aussi laides les unes que les autres), mes (alors jeunes) cousins qui font du vélos en plein milieu de la route déserte pas loin de la maison, les vêtements démodés du début des années 80, les fameuses couvertures à carreaux, le vieux tourne-disque, les vieilles bagnoles (dont une Lada et une Simca 1000 !).

Dans tout ce vrac, il y a également des centaines de photos de moi, de la naissance à l'âge de 7-8 ans. Une des diapositives me montre, âgé de 2 ans et demi, assis seul dans un grand transat, sur la plage de Sperlonga en Italie, parce que je "refusais catégoriquement de toucher le moindre centimètre de sable" (je ne m'en souviens plus, évidemment, mais ça ne m'étonne qu'à moitié) ; une autre me montre en train de poser, plus vieux, la mine très sérieuse, les yeux cachés par de ridicules lunettes noires, mimant un jeu de guitare sur une raquette de tennis en plastique. Paraît que j'étais fan de Michel Polnareff à l'époque. En tout cas, faudra absolument que je les numérise, ces diapositives-là !

Il est presque deux heures du matin. Gaëlle est très fatiguée et s'énerve pour un rien. Pas question de jouer à la belote ce soir. Nous retournons donc chez mes parents en voiture et, pour gagner du temps, nous racontons une histoire à ma fille sur la route du retour. Je joue le rôle du Schtroumpf à lunettes et ma mère celui du Grand Schtroumpf (qu'elle imite très bien). J'imagine une histoire où le Schtroumpf à lunettes découvre un second village schtroumpf qui n'est peuplé que de Schtroumpfs à lunettes. C'est l'horreur totale quand le Schtroumpf à lunettes, premier du nom, se rend compte qu'il existe des Schtroumpfs encore plus moralistes que lui. C'est une histoire débile mais ça nous fait rire.

De retour à la maison, j'ai trop bu et n'arrive pas à dormir, évidemment. Alors, pour passer le temps, j'écris ma journée de jeudi de manière assez virulente, l'alcool aidant. Non, je ne regrette rien...

samedi 12 novembre 2011

Statistiques Web mon amour, le retour

Ce samedi chez mes parents avec ma fille est un samedi comme beaucoup d'autres. Gaëlle s'amuse dehors avec son petit-cousin Roberto : elle l'oblige à servir aux adultes de (faux) plats qu'elle a concoctés, elle essaie de déterrer de (faux) trésors dans le jardin avec une petite pelle, elle s'amuse avec de l'eau et des tuyaux, invente de (faux) mécanismes bizarres ("Attention papa ! Si tu appuies sur ce bouton, ça va exploser !"), fait de la trottinette...  Autre élément marquant : durant la journée, Léandra me téléphone pour me parler de Jonas. Comme je suis en train de manger, elle me retéléphonera un peu avant de partir vers Lille avec Emily et Walter, car elle veut me "raconter toute l'histoire". Et toute l'histoire, je la garde pour moi. (Et arrêtez de pleurnicher après du sensationnel, bande de voyeurs !) 

C'est à peu près tout pour aujourd'hui... C'est un peu court (jeune homme). L'occasion de faire un rapide tour des statistiques du présent journal, environ trois mois après le dernier compte rendu en la matière.

Depuis le 15 août dernier, il y a deux données statistiques qui caractérisent à merveille ce blog : 1) le nombre ridiculement bas de visites par jour (entre 15 et 20 chaque jour, sauf les week-ends, où c'est encore plus bas, preuve que les gens vont souvent lire des blogs à la rien à voir durant leurs heures de glandouille au bureau, ces petits salopiauds !) ; 2) le pourcentage élevé de visiteurs qui reviennent régulièrement, voire très régulièrement (60% des visites de ce blog sont le fait de gens qui sont venus 9 fois ou plus, avec même 4% qui ont effectué plus de 200 passages : c'est sans doute Léandra et moi !). Il convient de combiner ces chiffres avec d'autres (pour la même période) : 341 visiteurs uniques absolus différents, tout en sachant que 72% des visites ont duré moins de 10 secondes. Enfin, par rapport au total des visites, 84% des visiteurs sont des "revenants" (ils ne sont pas nouveau : ils sont connus de nos services, ce sont des "Returning Visitors"). Et alors, tout ça veut dire quoi, bordel ? Hé bien je fais le malin avec toutes mes données débiles et mes pourcentages à la con sortis de Google Analytics mais je n'en sais foutre rien ! Par exemple, je ne sais pas comment connaître le nombre exact de gens qui me lisent régulièrement... Tout ce que je sais, c'est qu'on me lit : plus de 5 minutes de temps moyen passé sur ce site, plus de 2 pages par visite, toujours en moyenne... C'est super, comme dirait l'institutrice de Gaëlle...

Statistique assez instructive (et plus évidente à déchiffrer), la synthèse géographique : d'où me lit-on ? De Belgique principalement (en majorité de Bruxelles et de la "dorsale wallonne"). En ce qui concerne les autres pays, un amusant premier constat : depuis qu'Amy et Zapata sont partis pour les Amériques, je peux suivre dans les grandes lignes leur déplacement car ils se connectent régulièrement pour lire ce blog (faut croire qu'ils s'emmerdent au bout du monde !)... Montréal, New York, San Francisco et maintenant une ville moyenne du Mexique du nom de Tuxtla Gutierrez, capitale du Chiapas, où ils ne se sont apparemment jamais rendus mais par laquelle transite leur connexion... Autre constat : aux États-Unis, la palme d'or revient à la ville de Lake Zurich, dans l'Illinois (88 visites à ce jour), où se trouve le siège central d'une compagnie employant un des lecteurs (belge) de ce blog. Depuis la France, des visites significatives (comprendre : de plus de 5 minutes en moyenne) ont eu lieu depuis Paris, Palaiseau, Massy, Jouy-en-Josas ou Créteil (tous les quatre en banlieue parisienne) et Bayonne... En Allemagne, un seul visiteur : un internaute d'Eschborn qui a réalisé 37 visites sur base du seul mot-clé : "Pénurie d'Orval", avec en moyenne 2 pages par visite, pour un temps moyen de 5 minutes !

Pour ce qui est de l'origine Web des visiteurs, nous sommes en gros dans une configuration 25/50/25... Je dis "25/50/25" pour faire le malin et faire croire que je m'y connais à fond en benchmarking, alors que pas-du-tout-ça-ne-veut-strictement-rien-dire. Donc, voilà : 25% de trafic direct (en tapant directement l'url du blog ou via un marque-page), 50% de sites référents (Facebook, Twitter, etc.), 25% de mots-clés. Ha, les mots-clés ! C'est là que ça devient vraiment poilant, parfois... En premier lieu, il y a tous ceux qui cherchent avant tout des informations sur Mademoiselle Courbet : environ un quart des clés de recherche qui mènent à ce site Web contiennent le terme "Léandra"... Parmi les autres, quelques phrases-clés sympas : "Échelle de psychopathie de Hare" (les psychopathes sont parmi nous !), "Tétrapodes impériaux", "Localisation des zones commerciales en Province de Namur et Liège", "Le Grand Jojo et Glenn Miller", "Doué en plasticine", "Douleur à la vésicule et la diary" (sic !), "Couleur Herman Toothrot Monkey Island 2", "Café Boss Lucky Luke"...

Dommage que certaines statistiques ne soient jamais accessibles. C'est le cas par exemple des "raisons qui poussent les internautes à lire ce blog". On pourrait peut-être lire des pourcentages loufoques :

25% parce qu'ils sont intéressés par la mystérieuse Léandra Courbet sur Adopteunmec.com.
22% parce qu'ils s'emmerdent au boulot.
17% pour se foutre ouvertement de ma gueule.
14% par voyeurisme malsain. 
10% pour vérifier que je ne dis pas du mal d'eux.
8% pour rigoler de mes déboires amoureux (inexistants, c'est ça qui est drôle).
2% par amour des statistiques.
1% parce qu'ils trouvent les articles publiés très intéressants.
1% parce qu'ils trouvent les articles nuls à chier et qu'ils adorent se faire du mal.
1% juste pour faire 101% et m'emmerder encore un peu plus.

jeudi 11 août 2011

Noctambulisme

Dans le genre foireux : aujourd'hui, je me suis levé à... 2 heures de l'après-midi, à 13h57 pour être précis. Ni ma mère, ni ma fille n'ont ressenti le besoin de me réveiller avant cette heure pour le moins tardive. Je me serais rendormi sans le moindre problème en quelques secondes si je n'avais pas eu la (très) bonne idée de consulter l'heure. Aujourd'hui, comble de malchance, je devais accueillir Léandra en début d'après-midi dans "ma région" pour me rendre avec elle et Gaëlle au Lac de Bambois. Léandra a essayé de me téléphoner à deux reprises, mais pour une fois, mon téléphone était sur silencieux. Résultat : trop tard pour tout ça (Léandra habite à Bruxelles, soit à 1h30 de train environ de chez mes parents) et le projet tombe à l'eau.

La question du sommeil est une question primordiale pour moi comme pour beaucoup de personnes de mon entourage. Personnellement, mon principal "problème" réside dans le noctambulisme : j'adore la nuit et je déteste aller dormir avant minuit. Après minuit, je postpose constamment l'heure de m'endormir, non pas que je ne n'en suis pas capable, mais simplement que je n'en ai pas envie. J'attends donc toujours le moment où je ne peux plus rien faire/regarder/lire à cause d'une trop grande fatigue. Une fois que je dors, par contre, je ne rencontre pas le moindre problème pour être dans cet état très longtemps... J'ai exactement le même sommeil que mon père : endormissement en une minute, voire en quelques secondes, "quelques" ronflements nocturnes (hem) et prolongation du sommeil comme j'en ai envie, jusqu'à pas d'heure, que je me réveille en pleine nuit ou pas. Cette nuit, je ne pense pas m'être réveillé une seule fois (difficile à savoir, cela dit) et j'ai fait un tour d'horloge. Je suppose que j'en avais besoin ? 

* * *

Ma fille a joué une grande partie de la journée avec son petit-cousin Roberto. Il a deux ans en moins qu'elle mais fait la même taille. Roberto s'en contrefiche de perdre ou de ne pas respecter les règles établies. Gaëlle, par contre, est hyper-légaliste, très à cheval sur le règlement et pique des crises quand on ne respecte pas ce dernier ("J'avais 4 points et lui zéro, il n'a pas à changer les points !"). Je me demande à qui elle ressemble... Elle est aussi très mauvaise perdante aux jeux de société, mais elle se soigne. Sans être méchant, je me fais un honneur de jouer avec elle de la même manière que quand je joue avec un adulte. Elle perd pour le moment, mais au moins elle apprend.

Ma mère est fâchée/stressée en permanence. Quand je laisse ma fille s'occuper toute seule, mère n'est pas contente ; quand je joue avec ma fille, elle n'est pas contente non plus. Elle me dit que je ne m'occupe de Gaëlle que quand j'aime l'occupation (du genre : jouer à des jeux de société). C'est vrai. J'aime quand il y a un apprentissage. Je m'emmerde, sinon. J'ai du mal avec le fait de pousser une balançoire (ce qui est un peu con, j'en conviens) ; par contre, j'adore lui apprendre à aller en vélo ou à calculer. Ma bobonne (ma grand-mère) tient souvent avec moi quand il est question de l'éducation de ma fille (je me sens moins seul).

Durant la journée, Bridget, l'épouse de mon cousin, a failli être tuée. Travaillant à couper du bois en contrebas de leur nouvelle maison en construction (celle que mon cousin est en train de bâtir en annexe de la maison familiale), elle a reçu en pleine tête deux pierres qui servaient à soutenir une bâche, cinq mètres plus haut. Elle a une énorme bosse à l'arrière du crâne et un gros trou rempli de sang sur le dessus. La première des deux pierres devait peser plus de deux kilogrammes. Quand j'ai vu ce gros caillou constitué de protubérances vachement pointues, je me suis dit qu'elle a dû somme toute avoir beaucoup de chance. Elle refuse de passer un scanner pour le moment. 

Fin de soirée, il commence à pleuvoir. Tout le monde rentre s'abriter, sauf Tino, mon tonton italien, et moi. On bavarde sous les parasols convertis pour l'occasion en parapluies. C'est curieux : Tino est du genre énervant avec toute ma famille (ses deux fils, sa femme...) : gesticulant, excité, donneur de leçons... Sauf avec moi : à deux, la discussion est toute calme. Je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi. 

Quand je rentre chez moi, ça sent l'herbe mouillée et j'adore ça.