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lundi 29 août 2011

Scepticisme

Petit débat aujourd’hui sur Facebook entre Callys et moi, tournant autour d’une vidéo apportant soi-disant (hem) la preuve de l’existence secrète d’une technologie électromagnétique au sein du bombardier furtif américain B-2 Spirit (le fameux bombardier high-tech en forme de triangle plat). Apparemment, je suis le seul à avoir visionné cette vidéo ou alors personne ne l’a trouvée... euh... bizarre ? Ou alors – troisième solution – tout le monde s’en fout. En tout cas, à l’heure où j’écris ces lignes, je suis le seul à commenter. La vidéo est l’œuvre de Jean-Pierre Petit, l’astrophysicien-ufologue-conspirationniste-etc. Elle montre quelques images, répétées en boucle, d’un B-2 franchissant le mur du son. Parfois, l’image passe en fausses couleurs, pour faire croire à une analyse colorimétrique très sérieuse. Le bouclier sonique sur le dessus est plus lumineux et prouverait la présence d’une "ionisation anormale", causée par l’utilisation d’une "énergie de type électromagnétique". Gné ?

J’ai beau regarder la vidéo plusieurs fois, je n’y vois que la bulle de condensation, propre au passage du mur du son, dans certaines conditions, illuminée par le soleil. Mais non, malheureux ! C’est totalement impossible que ce soit le soleil (ha ?) : c’est un truc secret, on nous cache plein de trucs. De là à dire que les Américains disposent d’une technologie d'origine extraterrestre, il n’y a qu’un pas, qui n’est pas franchi ici (ouf !). 

En fait, je m'énerve tout seul à la pause café en écoutant cette vidéo. C'est un peu con, je m'en rends bien compte. C'est une réaction presque viscérale. Callys, un gars adorable au demeurant, dit souvent de moi que je suis un "scientiste". En fait, il a sans doute raison (dans le sens où je considère la science comme quelque chose de globalement bénéfique, un peu à la mode des philosophes rationalistes du XVIIIe siècle, et où je déteste toute forme de mysticisme et de métaphysique), mais le terme a l'air tellement négatif à ses yeux...

Ma collègue Wynka dit la même chose de moi : "Monsieur Hamilton le scientiste", me lance-t-elle parfois le sourire aux lèvres (elle est gentille et intelligente, Wynka, faut pas croire !), "tout ne s'explique pas par la science. Il y a des choses dans ce monde au-delà de l'humaine compréhension !". Ouais, peut-être, mais si on a une espérance de vie moyenne d'environ 80 ans en Occident, ce n'est pas grâce aux chamans de la Forêt amazonienne, hein... Et puis, ce qui est au-delà de l'humaine compréhension est juste... au-delà de l'humaine compréhension, c'est tout, pour le moment du moins. Pas besoin à mon sens d'échafauder des théories pseudo-scientifiques pour tenter d'expliquer des choses que l'on ne comprend pas encore. 

Un jour, Wynka m'a également sorti que la science n'était pas vue de la même manière partout dans le monde. Je lui ai répondu que si, justement. Pour qu'une expérience soit prise au sérieux dans le monde scientifique, il faut suivre une série de règles, héritées de Karl Popper et, de manière plus lointaine, de l'empirisme anglais. Parmi les principes de base, pour qu'une expérience soit considérée comme vraie au sens scientifique, il faut (dans les très grandes lignes) qu'elle soit reproductible à l'identique dans les mêmes conditions par d'autres scientifiques et qu'elle puisse être réfutée empiriquement. 

Bon, j'arrête là, sinon les potes de Léandra vont encore lui dire que je suis trop didactique.

* * *

Au dîner, ma collègue Charlotte parle d’un de ses rêves, tournant autour d’un steak tueur (mais où va-t-elle chercher tout ça ?). Pour le moment, elle rêve aussi de temps en temps qu’elle perd ses dents. D’après ma collègue Sylvette (qui possède chez elle un livre sur l’interprétation des rêves – au secours, je suis entouré de mystiques !), rêver qu’on perd ses dents signifie qu’on a quelque chose d’inachevé dans sa vie. Moi, hilare : "Oui, le fonds d’archives dont elle réalise l’inventaire depuis de longs mois !". Faut dire que ce fonds d’archives est une horreur totale dans le sens où la personne qui l’a constitué avait un peu (beaucoup ?) la tête dans les étoiles et n’a établi aucun classement. Ainsi des poèmes côtoient-ils dans le même classeur des archives politiques et des dessins sont-ils rangés à côtés de coupures de presse... Pauvre Charlotte ! Elle a hérité du cauchemar de tout archiviste : inventorier du "vrac", du "divers", du "un peu de tout"...


* * *

Le soir, je lance mon blog de devinettes visuelles (oui, encore un blog, pfff...) et je me rends à la Maison du Peuple de Saint-Gilles. J'ai déjà posté sur ce blog une série de devinettes qui doivent tomber aujourd'hui et demain aux heures fatidiques (midi et 20h). J'ai par ailleurs retrouvé sur mon PC d'anciennes devinettes visuelles que je n'ai jamais mises en ligne, mais je n'arrive plus à savoir ce que je voulais dire en les créant (ah, le con !). Sinon, c'est sympa : Callys et Léandra ont relayé le lien du blog sur leur statut Facebook.

Quand j'arrive à la Maison du Peuple, Emily est déjà là, avec son PC portable. Ce café est vraiment devenu notre quartier général, notre call-center comme nous l'appelons parfois (c'est un peu ridicule, d'être tous là-bas avec nos ordinateurs). Léandra passe en coup de vent. Elle revient de chez le médecin (mon médecin traitant, en fait, que je lui ai conseillé, à raison semble-t-il). Il lui a donné une semaine de congé et elle doit faire une prise de sang car... elle a trop de tension (décidément, le cœur n'est pas notre point fort).

Je passe donc la soirée avec Emily (qui a dit : "Pour ne pas changer" ?). Elle a plus le moral aujourd'hui que ce week-end. Je repense à ma théorie sur le travail, même si ce n'est sans doute pas ça qui joue dans son cas : lorsqu'on reprend le boulot, après un week-end à "faire ce que l'on veut", on est forcément plus en forme car on voit plein de monde et on a la possibilité de s'immerger dans autre chose, dans la routine du travail... 

À la fin de la soirée, on s'amuse à créer un jeu de Pac-Man avec des morceaux de cartons pour symboliser les gommes, deux parties de sous-bock pour faire Pac-Man et une feuille de papier déchirée pour faire le fantôme. Emily s'occupera également du "Game over", sur un petit rectangle de papier. On imagine la gueule des serveurs. Vont-ils aimer notre création ? Ou vont-ils soupirer en voyant à nouveau tous ces petits morceaux de carton ? En tout cas, on a gardé une trace photographique du montage, au cas où...

vendredi 26 août 2011

Mais de quoi parle "Melancholia" ?

J'avais d'abord pensé, comme titre de ce 26 août, à L'Apocalypse selon Lars mais de nombreux journalistes ont eu la même idée. Faut dire aussi que le jeu de mots est facile et donc tentant. Changement de programme et j'opte pour la question : "Mais de quoi parle Melancholia de Lars Von Trier ?". De fin du monde – une planète qui entre en collision avec la Terre et qui l'absorbe, détruisant toute vie – et de mélancolie – une des protagonistes, Justine, admirablement jouée par Kirsten Dunst, est atteinte d'une forme sévère de dépression. D'accord, mais encore ? 

Je me dis en passant que si Yama (ou toute autre personne aimant garder sa surprise intacte) lit ce texte, elle ferait bien d'arrêter dès ce paragraphe car la suite contient de méchants spoilers, autres que "à la fin, ils meurent" (ça, tout le monde le sait, quoique...).

Léandra, à la sortie de la séance dira, à raison, que ça parle de la vanité de tous les actes que nous posons dans la vie – vie par ailleurs profondément mauvaise d'après Justine – car, au bout du compte, tout est balayé et plus rien n'a d'importance... 

Bref, la mélancolie : l'incapacité de poser une action personnelle, liée au sentiment que tout est vain et se dirige inexorablement vers le grand néant. La mélancolie pourrait en ce sens être la forme suprême du réalisme, car tout effectivement se dirige vers le néant, à plus ou moins long terme. 

Andrew verra dans ce film de nombreux clins d'œil ironiques à d'autres œuvres. Ainsi la très belle ouverture de Melancholia, formée d'une série de "tableaux" oniriques en slow motion plus proches de Tarkovski que du Dogme95 et représentant, en dernier lieu, la planète Melancholia dévorant la Terre, constituerait l'exact inverse de celle de 2001, l'Odyssée de l'espace de Kubrick, montrant la création de l'Humanité. Dans la même logique, choisir Kiefer Sutherland (alias Jack Bauer dans 24 heures chrono) pour le rôle du scientiste confiant qui, se rendant compte de l'inéluctable, se suicide, devenant l'anti-sauveur par excellence, n'est sans doute pas le fruit du hasard.

Mais pourquoi avoir choisi un mariage comme première partie et l'avoir opposé à une seconde partie beaucoup plus calme et contemplative ? Pourquoi le golf, qui a 18 trous dans la première partie, a-t-il subitement 19 trous dans la deuxième ? Pourquoi le cheval de Justine refuse-t-il avec obstination de franchir le pont conduisant au village ? Pourquoi y a-t-il 678 haricots dans le bocal et comment Justine arrive-t-elle à les compter ? Pourquoi Justine prend-elle nue, un "bain de nuit" à la lueur de la planète ? J'ai lu plein d'articles à ce sujet, pour essayer de comprendre.

Certains articles font de ce film une daube monumentale. D'autres en font le nouveau chef-d'œuvre du siècle ou presque. Mais aucun ne répond vraiment à ma question d'origine : de quoi parle ce film ? Je finis néanmoins par tomber sur le Blog de Nicolinux et y trouve une série d'explications pertinentes données dans quelques uns des commentaires.

L'interprétation qui m'a le plus plu est la suivante car elle tient la route et répond à toutes mes questions. La première partie du film (intitulée Justine) est la réalité : celle du mariage de Justine et de sa lente destruction par la mariée elle-même... Justine a constamment la tête dans les étoiles. Il n'est pas question à un seul instant de la planète Melancholia, juste à deux reprises de l'étoile Antarès (une étoile surnommée ainsi depuis l'Antiquité car sa couleur rouge en faisait la "rivale" de Mars dans le ciel nocturne), qui sera occultée à la fin de la première partie. Mais occultée par quoi ?

La seconde partie du film (Claire) se détache de la réalité et se rapproche de la névrose : c'est la "réalité" vue par Justine-la-mélancolique, dans laquelle elle entraîne sa plus proche famille (sa sœur Claire, son beau-frère et son neveu). Tous les autres qui étaient présents au mariage (son père, sa mère, son mari, son patron...) sont partis, soit parce qu'ils seront "jetés" par Justine durant la soirée, soit parce qu'ils ne supportent plus ou ne savent pas faire face aux "humeurs" de celle-ci (par exemple, le père élude la dépression de sa fille par un humour puéril ; la mère par un cynisme déconcertant). Dans cette explication, Melancholia n'est pas une planète, c'est simplement la dépression de Justine. Quand la planète se rapproche, c'est la mélancolie de Justine qui s'aggrave ; quand la planète s'éloigne (car oui, elle s'éloigne à un moment, ce qui n'a pas de sens pour une planète de cette taille), c'est une petite rémission ; quand elle se rapproche à nouveau, c'est la descente aux enfers. Ce sont les dents de scie qu'affectionne mon amie Léandra mais en beaucoup plus grave. Lorsque la planète détruit tout, selon cette explication, elle ne détruit en fait rien du tout, si ce n'est Justine, qui se suicide à ce moment (c'est la raison pour laquelle elle sourit vers la fin du film : elle a décidé de son propre sort et en est heureuse), entraînant moralement (voire physiquement ?) avec elle sa famille proche. Cela explique à merveille le cut to black de la fin du film. Plus de musique, plus d'image : plus de réalité pour Justine, qui est morte. John, le mari de Claire, se suicide (mais se suicide-t-il vraiment ou est-ce la vision qu'en a Justine ?) avant la fin, car il ne supporte plus d'être impuissant face à la mélancolie de sa belle-sœur.

Enfin, les fameuses questions : pourquoi le golf a-t-il 19 trous dans la seconde partie du film ? Sans doute pour montrer le décalage de Justine par rapport à la réalité. Lors de la première partie, John lui demandera d'ailleurs combien de trous possède son golf (Justine répondra 18) : c'est en quelque sorte pour tester sa perception de la réalité, pour la ramener parmi les vivants. Pourquoi le cheval s'arrête-t-il au pont ? C'est une métaphore : Claire essaye de faire avancer Justine vers la guérison (les chevaux qui galopent) mais elle n'y arrive pas. Le cheval de Justine (sorte de psychopompe, symbolisant l'esprit de mort de la jeune femme ?) refuse de passer le pont. Plus tard, Claire voudra fuir au village, mais elle n'y arrivera pas : elle bloquera devant le pont. Pourquoi ? Parce qu'elle n'arrive pas à sortir de la spirale dans laquelle sa sœur l'a entraînée. Le pont, le village, c'est l'échappatoire. Tout le film se passe en huis-clos, sans information ou presque sur l'extérieur (si ce n'est une curieuse recherche sur le Web). On reste cloisonné dans une propriété coupée du monde (la dépression), dont le pont est la guérison (ou la fuite vers l'extérieur). Mais ce pont reste infranchissable. Justine qui arrive à compter tous les haricots mentalement ? C'est impossible : c'est encore un "rêve" de névrosée. Le bain de nuit, nue et calme, face à Melancholia ? C'est l'acceptation de son état d'esprit et également l'idée d'une fusion presque un acte sexuel, en fait de son corps avec la mort, symbolisée par la planète (le corps nu, sensuel : Eros ; Melancholia : Thanatos). Coïncidence marrante : hier, dans ce journal, en mentionnant l'éventualité d'avoir une relation sexuelle dans un cimetière, je réfléchissais déjà à cette opposition entre la mort et la vie.

Toutes les clés se trouvent en fait dès le début du film, dans la longue séquence d'introduction, remplie de symboles. Par exemple, cette scène où l'on voit Justine sous Melancholia, le petit garçon sous la Lune et Claire sous le soleil. Ce sont trois visions différentes du monde : une vision mélancolique, une lunaire et une solaire. D'ailleurs, le petit garçon, lunaire, est le seul personnage qui a réellement un point commun avec Justine. Le cheval qui s'écroule... Justine en robe de mariée retenue par des fils qui l'empêchent d'avancer... Etc., etc. Toutes ces scènes (y compris celle de la planète qui s'écrase sur la Terre) n'ont rien de réel, elles sont totalement oniriques et représentent la façon de penser, malade, de Justine.



* * *

Voilà ! Je suis satisfait de mon explication et je vais enfin pouvoir dormir en paix. Je vais également pouvoir raconter brièvement le reste de ma journée de ce vendredi : à 12h45, j'ai rendez-vous avec Léandra pour manger une délicieuse ciabatta au thon. Durant la discussion, on aborde la question de nos devinettes visuelles et je décide de relancer ce projet fin de ce week-end sous la forme d'un blog. Beaucoup plus tard dans la soirée, Andrew aura l'air consterné quand je lui parlerai de ce format (il ne lâche pas un "pfff", mais ce n'est vraiment pas passé loin). Pourquoi encore un blog ? Pour pouvoir être lu par tout le monde, c'est tout. Après le dîner avec Léandra, je vais chez le coiffeur, mais quelle importance ?

Le soir donc, nous allons voir Melancholia de Lars Von Trier (voir plus haut). Peu avant, je me rends avec Emily au Bison pour boire un verre (et manger une portion de fromage/saucisses sèches). Nous rejoignons Léandra et Andrew directement au cinéma, à De Brouckère. Après le cinéma, nous mangeons au Metteko, où l'on discute du film. On se dit à un moment que Justine est une anti-Callys. Callys, c'est un pote qui voit toujours tout de manière extrêmement positive. J'aurais tendance à dire trop positive. Pour moi, il déforme totalement la réalité par un excès d'optimisme, de la même manière que Justine déforme totalement la réalité par excès de pessimisme. Et moi dans tout ça, je me situe où ?

Enfin, sans Léandra, on termine la soirée au Bon Vieux Temps. Je refuse d'aller à l'Imaige Nostre-Dame, sans donner la raison, mais Andrew a l'air de la connaître, en tout cas il me comprend (Andrew attache de l'importance à la symbolique du lieu, entre autres). Je ressemble aussi un peu à Léandra, sur ce coup-là, avec mes souvenirs qui refont surface.

dimanche 31 juillet 2011

Le rayon H

Avant de m'endormir, je décide (contrairement à mes plans de départ) de mettre mon réveil à 8 heures 8 minutes du matin pour profiter de la journée et aussi savoir ce que je fais de cette dernière. En me levant, après moult hésitations, je décide d'aller manger chez mes parents. Gaëlle doit arriver dans l'après-midi. Callys, comme tous les matins, poste de très bonne heure son fameux "GoooOOOOOOOOooooooood MooooOOOOooooooorning, tête de livre !!!". Tout ce que j'arrive à me dire pour ma part, c'est que dans "morning", il y a "morne". Oui, mais il y a aussi "orni" (comme dirait Callys) et pire que morne : "mort" (comme dirait Léandra) !

Dans son journal (quel journal ?), Léandra trouve que je faisais la sourde oreille hier quand elle me parlait de Jonas. J'aimerais dire que je me souviens très bien du moment et que c'était une stratégie hautement réfléchie pour l'énerver, la secouer, mais il n'en est rien : hier, j'étais tellement d'humeur solitaire, pour ne pas dire solipsiste, que rien ne comptait plus à mes yeux que de trouver un stupide titre pour mon stupide blog de science-fiction (c'était une façon pour moi d'échapper à une certaine réalité, en fait). Léandra m'a d'ailleurs bien aidé et j'ai fini par trancher aujourd'hui pour "Le rayon H". "H" comme Hamilton. "Rayon" comme rayon de bibliothèque. "Rayon H", ça fait aussi un peu "Blake et Mortimer" (ça me fait une belle jambe, tiens : je les déteste) ou "physique nucléaire" comme dans "rayon gamma". "Rayon X" (encore une idée de Léandra), je le réserve pour un éventuel futur blog sur la pornographie.

Chez mes parents, c'est le branle-bas de combat (aucun rapport avec la pornographie) : mon père refait entièrement la salle de bain. Ne reste plus dans la pièce que des tuyaux, une baignoire ainsi que des vieilles briques et des vieilles planches de bois posées il y a plus d'un siècle. Les briques humides et difformes de la salle de bain rappellent l'histoire de la maison ; le passé suintent des murs... La maison familiale, c'est une vieille ferme du XIXe siècle achetée par mon arrière-grand-père et transformée en logements.  Depuis mon enfance, mes parents habitent l'étage du dessus, ma bobonne l'étage du dessous et ma tantine la maison mitoyenne d'à côté. Mon cousin, la quarantaine, habitant à 500 mètres de là, a décidé il y a peu de revendre sa maison et de construire une annexe à la maison familiale, pour y vivre à nouveau. C'est symptomatique de ma famille : tous ceux qui ont vécu là-bas ont de bons souvenirs de la maison, de la propriété, des jardins fleuris, du saule pleureur, des bouleaux, de l'érable... Ce sont les souvenirs de la vie familiale en compagnie de trois générations qui reviennent à chaque fois en mémoire... Haaa, ces parties de belotes avec ma mère, mon oncle italien (la clope au bec) et feu mon Nono, sur la cour, durant les chaudes soirées d'été, avec l'espresso ou la sambuca ! Moi-même, aujourd'hui sur les lieux de mon enfance et de mon adolescence, je refais le plein d'énergie et je parle à nouveau normalement, sans prise de tête, sans me poser trop de question. Cette maison, c'est une thérapie à elle toute seule.

Maïté amène Gaëlle à 16 heures pile. Elle est venue seule avec ma fille (enfin, "notre" fille) et prend une eau pétillante mélangée à de la grenadine. Gaëlle est en forme, elle court directement vers ses jouets de jardin abandonnés il y a quinze jours dans son bac à sable. Elle nous prépare également un spectacle avec des éventails (qu'elle ne peut s'empêcher de prononcer "épouvantails").  Malgré des erreurs de mots, son vocabulaire s'enrichit (elle pourra bientôt prononcer "triacontakaihenagone" sans flancher). Lorsque je repars pour Bruxelles, Gaëlle, captivée par Bob l'éponge, me lance à peine un "au revoir". C'est bien ma fille : j'étais comme elle à l'époque. La chose ne me dérange pas le moins du monde ; elle me fait même rire intérieurement.

De retour à Bruxelles, errant dans la Gare du Midi, quelqu'un me touche le dos, je sursaute et me retourne : c'est mon ami Fred Jr ! M'enfin, qu'est-ce qu'il fout là ? En fait, il revient seul de la mer et a raté sa correspondance. Conséquence : on a le temps de prendre un café/thé et de discuter un peu. On parle notamment d'une des dernières BD de Lewis Trondheim, Ralph Azham, parue chez Dupuis. Je ne l'aime pas trop, cette BD : ça ressemble à une redite de Donjon, en moins bien.

Je termine la soirée au Parvis de Saint-Gilles en compagnie d'Emily, Andrew et Walter qui sont déjà en terrasse quand j'arrive. Léandra est absente. Emily et Andrew racontent qu'ils ont passé la soirée d'hier avec le Dr Nanash et la Dr Phasia.  Apparemment, les deux médecins étaient en désaccord sur une question cruciale : "Peut-on attraper le SIDA via la salive ?". Nanash, théorique, disait que c'est possible. Phasia, plus sur le "terrain", disait que ça n'arrive jamais. J'imagine très bien Nanash défendre bec et ongles son point de vue. 

Les serveurs de la Maison du Peuple, qui s'emmerdent au bar, font des blagues assez trash. Du genre : "Quel est le point commun entre des choux de Bruxelles et un fist-fucking ? Réponse : les enfants n'aiment pas". Oui, oui, ça vole très haut ce soir (et ce n'est pas la pire). À la table, plusieurs discussions sont lancées. Walter veut amorcer un débat sur les injustices durant le cursus académique (en résumé : avec simplement de l'argent, des parents peuvent envoyer leur fiston dans une école élitiste, ce qui aura forcément une répercussion sur leur emploi futur).

samedi 25 juin 2011

Résolution du mystère de la boule de feu

Le matin, je me rends à l'assemblée générale d'une association dont je suis l'un des administrateurs. Les débats sont parfois... microscopiques. Du genre "Faut-il ajouter un point 2bis à l'ordre du jour, afin de mettre en évidence la petite modification virtuelle des statuts ?". 

L'après-midi, je me rends avec Gaëlle et mes parents à la fête de fin d'année du club de judo de Namur. Oui, ma fille fait du judo. Elle débute, forcément : elle est ceinture blanche. Elle doit participer à une démonstration avec plein de judokas de tout niveau et de tout âge. Elle est en tenue (qu'on appelle bien le "judogi", et non pas le "kimono"). À peine sur le dojo, un gamin plus grand (et sans doute un peu plus expérimenté) lui fait une prise et la fait tomber. Elle pleure et ne veut plus participer à la démonstration. Donc, voilà : je n'aurai pas vu ma fille pratiquer un art martial (du moins pas encore). 

Le soir, retour à Bruxelles et soirée d'anniversaire d'Andrew chez Poulain Perspicace, avec sa copine. Outre ces trois-là, présence de Léandra (qui est partie un peu avant minuit), d'Emily, de Walter, de Romain et de deux furtives stagiaires d'Andrew, Zahra et Eve. Je partage un cigare cubain avec Walter, mais c'est assez indigeste et on ne le finit pas. 

Durant la soirée, nous avons eu la chance d'observer une (puis deux, puis trois, puis quatre, etc.) boules de feu dans le ciel ! C'est sans doute ce qu'a vu Callys au début du mois. Au départ, on s'est tous demandé ce que c'était, puis on s'est rendu compte que c'était juste ces petits ballons qui s'envolent quand on les allume. 

La soirée se termine vers 2 heures. Je l'aurais bien terminée avec les trois derniers restants tranquillement, chez moi, autour d'un verre, mais tout compte fait, Emily, Walter et Andrew retournent chez eux à pied. Et je fais de même, dans le sens opposé. Je ne sais pas quoi penser de cette soirée. C'était une chouette soirée, en fait, mais... J'ai eu l'impression (pas nouvelle) de passer pour un gars à côté de la plaque (impression que j'ai eue toute la journée, à cause de la fatigue notamment) et également le sentiment (peut-être pas spécialement fondé) que la copine de Poulain n'était pas très en forme et n'avait pas trop envie de nous voir rester jusqu'à pas d'heure.

vendredi 17 juin 2011

Colère

Dodo le matin. Je suis fatigué, j'ai mal partout, je ne sais pas ce que j'ai et ça m'énerve. Enfin bon... Prise de sang début d'après-midi puis préparation d'une petite bouffe pour le soir, à l'occasion de la soirée "jeux" qui se déroulera chez moi, avec (normalement) toute la "dream team" + Jonas. On verra !  

(Petite digression : Léandra m'a dit qu'elle avait une drôle de relation par rapport à ce journal : quand une soirée qui s'est déroulée n'y est pas encore consignée, par flemme ou par faute de temps, c'est un peu comme si cette soirée n'était pas terminée.) 

La soirée de vendredi (qui réunit effectivement le monde prévu) est un peu bizarre au début, parce que j'ai "crisé" : la chose m'arrive de temps en temps. La dernière fois, c'était un dimanche avec Charles-Henri et Fany. Pas à cause de ces deux-là mais à cause de deux autres Français un peu (voire beaucoup) beaufs : l'un qui n'arrêtait pas de critiquer les "gauchistes" (sans se rendre compte que je rentre clairement dans la catégorie) et l'autre parlant de l'anarchisme, mélangeant tout, à tel point qu'aujourd'hui il dit que je suis "trotskyste" (gné, c'est quoi le rapport ?). J'avais presque pris ça pour une attaque ad hominem ; du coup, je me suis cassé avant de m'énerver. 

Lors de cette soirée du 17 juin, je ne me casse pas vu que je suis chez moi, donc je m'énerve, un peu comme mon père (je lui ressemble beaucoup). Ce genre d'énervement, c'est toujours lié chez moi à une sorte de défense des idées de gauche (une forme, sans doute en partie fantasmée et idéaliste, de lutte contre les injustices). Le début de mon énervement est clairement lié à un "mot" de Walter, comme quoi le monde aujourd'hui n'a jamais été aussi solidaire, ou un truc dans le genre... Callys a l'air d'être d'accord avec lui (ce n'est pas la première fois), alors qu'il ne devrait pas l'être. Voilà peut-être ce qui arrive quand tout rejoint tout (post-modernisme ?). En gros, le mysticisme New Age de Callys (qui mélange tout et son contraire) se fond très bien dans le néolibéralisme. Rien d'étonnant. 

Je ne suis donc pas dans mon assiette et je suis vraiment remonté contre plein de trucs. Notamment la question de l'argent, du salaire, des heures sup ("ça sert à quoi d'en faire ?"), du chômage, des gens qui ont plein de fric et des autres qui n'en ont pas. Je me suis souvenu de mes parents qui terminaient leur fin de mois avec un négatif de plus de 1000 euros sur leur seul et unique compte  bancaire (et je me dis : ce n'est rien, ça va encore, en fait). Peut-on se rendre compte de ça : que plein de gens ne possèdent rien d'autre, sur le plan financier, qu'une dette ? Bref. 

Le reste de la soirée se déroule parfaitement. Callys a également parlé de l'actualité de l'Apocalypse de Jean et du nouvel ordre mondial. Que dire face à ce genre d'élucubrations mystiques ? Réponse : rien, on est passé à autre chose. Y croit-il réellement ou pas ? Le pire, c'est que je crois qu'il y croit. Julien Lepers nous a également posé des questions, ralenti par le "Jägermeister" apporté par Matys et Callys. Le compagnon de Léandra, Jonas, que je vois pour la première fois (ou presque) est un type original, intelligent et intéressant. Il a fait la vaisselle avec Emily. Bref, c'était sympa. Le seul problème, c'est qu'ils sont partis vers 5h du matin et que je dois me lever 4 heures plus tard...  Pas grave, pas grave...

samedi 4 juin 2011

Nettoyage de printemps

Petit tour au supermarché et à la banque avec Gaëlle au matin (quel intérêt de noter ça ?). L'après-midi, Callys me passe son "fatboy" et m'explique l'histoire de la boule de feu : un objet très lumineux qui traversait lentement le ciel, tel un avion en feu. Peut-être était-ce... un avion en feu ? Faudrait prévenir la SOBEPS mais elle a cessé ses activités (pour être exact, elle est devenue la COBEPS maintenant). Le chat suit Gaëlle partout. Pol Caca, le gros chien lourdaud, lui fait un peu peur. 

De retour à l'appartement, gros nettoyage de fin de printemps (trop le bordel, trop de saletés, trop de poussières dans toutes les pièces : ça me déprime). L'intérêt d'avoir une fille de bientôt six ans, c'est que c'est elle qui demande pour nettoyer et aspirer. Gaëlle joue à "Angry Birds" sur Google Chrome. Lewis me téléphone plusieurs fois, mais à chaque fois je lui dis que je suis occupé, ce qui est vrai. Ce soir, Léandra est revenue de Rome. Si tout va bien, elle est chez ses parents aujourd'hui (et peut-être même en train de lire ce journal). Je suppose que je la verrai demain. 

Retour à The Shield, épisode 5. Holland "Ducth" Wagenbach est trop intelligent : il se fait du mal, le pauvre, à jouer au détective. Le fils du ripou, qui a des TOC de symétrie avec les fourchettes (voir plus haut), est en fait un autiste (c'est moins marrant !).

vendredi 3 juin 2011

La boule de feu

Mini-trip dans les Ardennes belges avec Emily. On part en fin de matinée. On arrive à Durbuy vers 12h20. Emily achète un pot de confiture. Je mange un horrible hamburger pas bon. On mange une excellente glace, on voit l'Ourthe, l'anticlinal de Durbuy, les petites routes, les maisons en pierre et les châteaux. C'est très jolis, c'est l'Ardenne ! On passe rapidement à Barvaux : pas grand chose à voir, si ce n'est des touristes un peu beaufs... On va chercher Gaëlle à son école à Namur, où on boit un verre (à Namur, pas à l'école). Le centre historique de Namur, c'est assez joli. Dommage qu'il y ait des étudiants et des Namurois... Retour à Bruxelles. 

Fin de journée au premier "Apéro Saint-Gilles" de l'année avec Gaëlle, Emily et Andrew. Il y a un groupe de rock ridicule qui joue. On boit quelques Carlsberg. Callys et Matys sont là. Une copine de Callys demande si Gaëlle est ma fille. Je réponds que oui. Elle se tourne vers Andrew et lui demande si c'est aussi sa fille. Bon OK, elle était bourrée, paraît-il, mais qu'est-ce qui lui a donné cette idée ? Passage furtif de Poulain Perspicace, en pleine crise d'allergie (j'en ai aussi un peu mais moins que lui quand même), et de sa compagne. Fin de soirée dans des "fatboys". 

Rentré chez lui, Callys, vers 23h51, voit une grosse boule de feu qui traverse lentement le ciel bruxellois (il raconte ça sur Facebook, il raconte plein de trucs sur Facebook). Il est apparemment le seul à l'avoir vue. Les boules de feu, je connais un peu (étant astronome amateur, surtout dans ma jeunesse). Ce phénomène est lié à la dispersion dans l'atmosphère de la Terre d'un météore un peu plus gros que d'habitude (c'est très impressionnant à voir, parfois)... Mais il dit que ce n'est pas ça.

mardi 31 mai 2011

Slowdown

Définitivement malade. Peut-être est-ce un coup du concombre tueur ? Conclusion du docteur : une gastro-entérite mais peut-être même une appendicite. Mon ventre fait le même bruit que le "Slowdown", ce son d'origine inconnue de très basse fréquence en provenance de l'Océan pacifique... Ils sont intéressants, ces sons (il y a aussi le fameux "Bloop", "Julia" et, sur Terre, le "Hum"). Si Callys Régens était là, sans doute parlerait-il d'engins militaires  top-secrets hérités d'une quelconque technologie extraterrestre. 

Si les symptômes continuent, je dois retourner chez le médecin vendredi soir. Pfff... Je ne peux rien faire, même pas tenir debout très longtemps. Du coup, je (re)regarde The Wire. Cette série est géniale. Faudrait que j'en fasse un article un jour...