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dimanche 11 mars 2012

Terra incognita

J'arrive chez Walter vers 14h15 pour le deuxième épisode de la table de jeu "Colons de Catane". Lors du premier épisode, le 19 février, nous avions découvert l'extension "Villes et chevaliers" pour cinq joueurs. Aujourd'hui, nous planchons sur "Les Marins de Catane". Nous aurions dû être six autour du plateau mais deux joueurs se sont hélas désistés : Maxou en début de semaine et Valière, la compagne de Ronald (le frère de Walter), à la dernière minute, à cause apparemment d'une carie dentaire. Nous ne sommes donc que quatre : Emily (beaucoup plus en forme que la dernière fois), Walter, Ronald et moi.

Le concept des "Marins de Catane" est beaucoup plus proche de celui du jeu original. Le grand changement se situe dans la présence d'îles (des hexagones de terre séparés par des hexagones maritimes), joignables à l'aide de bateaux qui font office de routes mais qui, contrairement à ces dernières, sont amovibles sous certaines conditions. Autre modification d'importance : l'utilisation de scénarios qui définissent la configuration des îlots et ajoutent certaines règles particulières telles que, par exemple, la récupération de points de victoire supplémentaires par un joueur lorsqu'il s'installe sur une nouvelle île ou bien la présence d'hexagones inconnus, que l'on ne découvre que lorsqu'on les atteint (une sorte de Terra incognita)...

J'ai apporté de petits biscuits Delacre et de la bière (deux Rochefort 10 et deux Chimay blanches) et, comme la dernière fois, Walter a prévu une petite restauration sucrée (une tarte Breughel de chez Delhaize et des gaufres). Il propose en outre un assortiment de cafés et de thés... 

Deux parties des Marins de Catane se déroulent en compagnie du frère de Walter. Nous jouons à l'une des configurations les plus simples, constituée de quatre îles. Un peu après 18 heures, Ronald décide de rentrer chez lui pour souper avec sa femme à la dent cariée. À ce moment, ça se complique, et ce pour plusieurs raisons : parce que nous jouons à un nouveau scénario (avec un milieu de carte inconnu) ; parce que nous n'avons plus rien à boire ; parce que nous commençons sérieusement à avoir faim (je n'ai rien mangé de la journée, à l'exception d'un morceau de tarte et d'une gaufre). 

Aucun problème pour le nouveau scénario car il s'annonce à la fois très simple et très amusant. Pour les boissons, pas de problème non plus car nous pouvons nous réapprovisionner à la pompe à essence toute proche. Pour la nourriture, Emily propose d'aller chercher chez elle, entre deux parties, un rôti et des pommes de terre qu'elle a préalablement préparés et qu'elle réchauffera chez Walter. Je l'accompagne en vitesse jusqu'à son appartement et nous ramenons le tout. Emily a même pris le soin de happer au passage une bouteille de vin blanc, non pas pour la boire mais pour en ajouter un soupçon lors de la cuisson (perfectionnisme, quand tu nous tiens !). Nous dévorons tout le plat et nous nous remettons à jouer. Statistiques de fin de jeu : une partie gagnée par Emily, une par Walter et deux par moi.

Emily rentre chez elle. Walter et moi allons boire un dernier verre au Corto, dans le quartier du Cimetière d'Ixelles. Walter est content de son après-midi "jeu". Il s'interroge aussi sur son avenir, sur sa recherche de travail... Comme d'habitude, je soutiens qu'il devrait abandonner complètement le monde de la finance et se concentrer sur un de ses points forts : la théorie. Bref : faire un doctorat, quoi...

dimanche 19 février 2012

Villes et chevaliers

Je me réveille plusieurs fois cette nuit. J'ai gardé en mémoire deux bribes de rêve... Ou plutôt : ces bribes de rêve sont réapparues au cours de la journée. Des éléments — dont j'ai oublié la teneur par contre, c'est ça qui est drôle ! — me les ont remises en mémoire. 

Première bribe : je suis de nouveau à Disneyland® Paris, avec la même "équipe" que la dernière fois. Nous sommes aux Walt Disney Studios® et Walter veut absolument retourner dans la Tour de la Terreur (l'ascenseur infernal qui tombe en chute libre, voire "plus que chute libre"). Je demande : "On n'irait pas plutôt essayer la montagne russe qu'on n'a pas eu le temps de tester la dernière fois ?" — Walter : "Tu es certain que tu ne préférerais pas l'ascenseur ?" (Je suppose que ce rêve est en rapport avec l'ascenseur dans Le Roi et l'Oiseau, que j'ai revu hier avant de m'endormir.)

Seconde bribe : je marche dans une ruelle de Bruxelles. J'arrive à un petit carrefour. Sur un autre trottoir, de l'autre côté du croisement, j'aperçois Christelle en compagnie d'un très grand type tout mince. Je crois qu'ils se promènent main dans la main mais je fais semblant de ne pas le remarquer. J'essaie de les éviter, mais Christelle arrive en face de moi et me dit, avec son "air habituel" : "Et quoi, tu me nies, maintenant ?". (Le compagnon d'une amie vient secouer mon esprit jusque dans les profondeurs de mon sommeil — au secours !)

* * *

Walter organise un après-midi "Colons de Catane avec extensions" (un jeu de société allemand bien connu) à son appartement. Marrant : il habite au 21 — à la boîte 21 , comme dans le roman. Pour l'occasion, il a invité son frère Ronald, sa belle-sœur Valière et Emily. Ronald ressemble un peu à FBsr mais en blond. Il a également des airs d'Arnold, mon colocataire polytechnicien du temps de l'université. Il a le même rire que Walter et aussi, pour condenser, la même forme d'intelligence empreinte d'ironie. Valière est une brune aux yeux bleus, sympathique, souriante, à l'esprit vif. Nul besoin de décrire Emily — personnage récurrent de ce blog. Je me contenterai donc de résumer son état : toux sèche, respiration difficile à la lisière de l'asthme et nez bouché. Elle a, dit-elle, "fait un gros effort pour venir coûte que coûte à cet après-midi jeu." 

Sur le divan de Walter, se trouvent toutes les extensions (ou presque) du jeu de Klaus Teuber : "Les Marins de Catane", "Villes et chevaliers", ainsi que les extensions pour cinq-six joueurs. Sur la table, est déjà installé le plateau "Villes et chevaliers". Les marins, ce sera pour une prochaine fois... 

J'ai apporté des bières (deux Orval et trois Westmalle triples) et je suis le seul à en boire. Emily a amené un "tourteau fromager", une spécialité de sa région (le Poitou-Charentes) : un drôle de cheese cake très léger dont la croûte est totalement brûlée. C'est la deuxième fois que j'en mange. Walter, de son côté, a prévu du thé, du café et un gâteau aux noix de pécan, très bon mais beaucoup plus lourd à digérer que le tourteau... 

* * *

Les différences avec le jeu original sont nombreuses, nécessitant la lecture complète des nouvelles règles, à voix haute, par Walter. Nous prenons donc une petite heure pour les assimiler avant de jouer. Les principales nouveautés sont les suivantes : l'utilisation d'un troisième dé ; la nécessité d'atteindre 13 points de victoire (au lieu de 10) pour gagner ; l'arrivée fréquente, par bateau, de barbares qui tentent de détruire les villes ; la perception de trois nouvelles ressources secondaires (papier, tissu et monnaie) qui donnent la possibilité de se développer dans trois secteurs différents (la culture, le commerce et l'armée) remplaçant les cartes "développement" ; la création de métropoles (ayant notamment pour effet d'augmenter les points de victoire) et de remparts (augmentant le nombre de cartes protégées lorsqu'un "7" tombe au dé) ; la présence, chez chaque joueur, de chevaliers (qui peuvent attaquer d'autres chevaliers, déplacer le voleur présent sur une tuile adjacente, se défendre contre les brigands ou encore couper une route ennemie). En outre, comme nous jouons à cinq, nous avons droit à un plateau de jeu élargi, avec plus d'hexagones.

Face à ces nouveaux mécanismes, une nouvelle stratégie est de mise. Les anciens "trucs" ne fonctionnent plus aussi bien. Nous devons donc tous tâter le terrain et certains joueurs sont plus doués que d'autres face à la nouveauté. Ainsi, la première partie est gagnée haut la main par Walter, qui construit rapidement ses villes et amasse de nombreux points de victoire en défendant Catane à lui tout seul avec ses chevaliers ; la seconde partie est remportée par Emily, plus ou moins pour les mêmes raisons. 

Ces deux parties terminées, il est déjà presque 22 heures. Le frangin et sa femme s'en vont. Emily aussi. Walter me propose un "dernier" — hem ! — verre dans le quartier du Cimetière d'Ixelles. Pourquoi pas ? Emily nous y dépose en voiture et nous terminons la soirée à deux au Corto. Lorsque je reprends mon dernier bus (celui de 23h32), j'ai en tête cette époque où, systématiquement, chaque lundi et chaque jeudi, je reprenais ce bus après "un verre" en compagnie des "autres".