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mercredi 3 août 2011

Réveil difficile

Ce matin, je me lève du mauvais pied. Ou plutôt : je ne me lève pas du mauvais pied car je n’entends aucun de mes deux réveils (programmés pour sonner à 6h16 et 6h32). Je suis réveillé par un coup de fil de ma collègue Charlotte à... 9h30 ! Je ne comprends pas : je ne me souviens même pas avoir éteint les réveils à un moment donné de la nuit ou de la matinée. Pourtant je les ai éteints, vu qu’ils sont tous les deux en position "off". Je m’excuse platement au téléphone et décide (pas trop le choix) de prendre une matinée de congé. Je suis vraiment fatigué ces temps-ci (les vacances à Stavelot ne m'ont pas du tout reposé). La grande bouteille de vin offerte par Térence hier et bue jusqu'à plus soif avec Léandra n’a sans doute pas arrangé les choses. J’ai reçu un message clair de la part de mon corps : "Aujourd’hui, fieu, pas question de dormir seulement 4 heures : je me repose, coûte que coûte". Quand je me réveille, je suis gêné mais néanmoins vraiment reposé, en effet. J’ai la tête un peu lourde et j'ai dormi d’un sommeil sans rêve. 

Dans le train avançant à travers la pluie et la plate campagne, je tombe sur des wagons remplis de scouts, flamands de surcroit (pourquoi sont-ils dans ce train un mercredi à 10 heures du matin ?). Dans le wagon où j’écris en ce moment, ils sont au moins six sizaines (pourquoi leurs groupes sont-ils organisés sur base de l’ignoble chiffre 6 ?), voire une meute entière (pourquoi n’utilisent-t-ils pas le terme "troupeau", plus approprié ?). Pourquoi font-ils les malins ? Pourquoi ouvrent-ils les poubelles bruyamment ? Pourquoi écoutent-t-ils de la musique de merde ? Pourquoi se mettent-ils n’importe comment sur leur siège ? Pourquoi le scoutisme existe-t-il ? Pourquoi suis-je de si mauvaise foi ? 

Toutes ces questions me font penser à mon boulot : actuellement, on – enfin, surtout mon chef Lodewijk – réalise un travail sur l’histoire des maisons de jeunes, en collaboration avec la Communauté française de Belgique, ou plutôt la "Fédération Wallonie-Bruxelles", comme il faut désormais l’appeler (c’est "chouette", on va devoir changer les logos et les appellations sur nos dépliants, sur notre site Web, sur notre correspondance, etc.). De nombreuses interviews d’anciens responsables de maisons de jeunes ont été réalisées. À la question : "Quelle est la différence entre une maison de jeunes et un mouvement de jeunesse comme le scoutisme ?", les interviewés répondent tous pas une phrase du genre : "Oh, vous savez, les scouts sont beaucoup plus encadrés par une obligation d’être présents et par des règles strictes, alors que dans les maisons de jeunes, quand j’y travaillais du moins, c’était un peu le bordel intégral". C’est sans doute vrai, mais ayant déjà été dans une maison de jeunes dans les années 90 quand j’étais adolescent (un de mes amis y donnait des concerts avec son groupe de métal), je trouvais l’ambiance vachement plus sympathique (et na !). 

Durant le repas de midi, Charlotte parle d'une de ses tantes qui avait une phobie maladive des pigeons. Cette peur panique a même un nom : la colombophobie. Pour remédier à cela, d'après Charlotte, son thérapeute lui a donné un pigeon empaillé (!), que la pauvre tante a dû placer dans un endroit fréquenté de sa maison. C'était une thérapie de choc, censée la mettre en face de sa peur pour la vaincre, et ça a marché ! C'est incroyable de se dire que ce médecin avait dans une de ses armoires un pigeon empaillé, et je serais curieux de savoir comment il s'y serait pris si la tante en question avait eu peur des éléphants... Plus tard dans la discussion, Charlotte (toujours elle) parle d'un jour de dépouillement à la Bibliothèque nationale de France (BnF) où le numéro de clé de son casier/vestiaire était le 666. Pour rigoler, elle dit au gars de l'accueil : "Espérons qu'il ne va pas arriver une malheur". Quand elle s'en va, la BnF est fermée car il y aurait un feu apparemment dû à des fils électriques, en dessous de la route. L'Enfer était-il en train de se réveiller ? Je n'en sais rien mais j'ai une autre question : dans quel monde vit-elle, ma collègue ?

* * *

En soirée, je retourne à la Maison du Peuple de Saint-Gilles. C’est presque devenu mon quartier général, ce café. Ne manque plus qu’une petite table au nom d’Hamilton, avec une prise électrique personnelle, ou – mieux encore – une table ronde estampillée "Dream team", disposant de cinq chaises d’ébène avec nos cinq prénoms finement gravés sur les dossiers. Je m’imagine déjà, arrivant avec mon PC, un Orval à la main, et déclarant, hautain, à un groupe de Français : "Désolé, Messieurs-dames, mais cette table nous est réservée. Je vais vous demander de partir sur-le-champ".

Emily est déjà présente dans le fond du café avec son PC portable. Elle n’arrive pas à capter le Wi-Fi et remballe son ordinateur. Léandra débarque à notre table une minute plus tard. Elle discutait près de l’entrée du café avec Perrette. Je ne les avais pas vues. De toute façon, j’étais censé les laisser tranquilles mais Léandra nous invite à la table (elles ont eu l'occasion de "discuter à deux"). On profite donc du soleil de fin de journée pour aller boire un verre en terrasse.

Perrette, c’est la compagne d'Igor. Vu que je ne fréquente pas/plus (biffer la mention inutile) ce dernier, je ne la connais pas bien, à l'inverse de Léandra. Perrette travaille actuellement sur un doctorat en anthropo-musicologie. (À moins que ce ne soit en musico-anthropologie ? Peu importe : c’est un peu schtroumpf vert et vert schtroumpf, non ? Peut-être pas en fait.) Sa thèse porte sur l’étude d’un chant traditionnel laotien. Comme tout anthropologue qui se respecte, elle se rend périodiquement au Laos pendant de nombreux mois. Perrette est pour le moins originale : un mélange de timidité et d’assurance ; d’intelligence et de bonne humeur. Elle est aussi assez fatiguée ce soir (qui ne l’est pas ?).

Dans la conversation, on évoque Pol Caca : comment il vécut, comment il est mort. Léandra explique le contexte et le lieu de son décès. On parle aussi de la nouvelle chienne de Matys, du nom de Valentine (elle est née un 14 février), beaucoup plus petite que le précédent mais au visage tout aussi écrasé. On discute de musique (Léandra  adore le violon ; Perrette aimerait se mettre à la clarinette – ça rime !). Pendant la discussion, un nombre ahurissant de musiciens viennent jouer sur le Parvis : deux accordéonistes, un clarinettiste (justement) et un guitariste ainsi que, plus tard, la violoniste avant-gardiste à la voix stridente. Pourquoi les accordéonistes se sentent-ils obligés de massacrer les mélodies de Nino Rota ? Cela reste, encore aujourd’hui, un des plus grands mystères de l’existence.

Perrette s’en va. Léandra s’en va, non sans avoir mentionné la présence sur Wikipédia d’un article sur Melon et Melèche et sur les blagues de Toto (Léandra a un boulot passionnant pour le moment). Je reste avec Emily à boire de l’Orval plus que de raison. On discute de préparer le voyage à Disneyland® Paris. Ce sera le cadeau de Gaëlle pour ses six ans en octobre. On suppose qu’elle adorera l’ambiance d’Halloween®, avec Mickey®, Donald®, le château® de la Belle® au bois® dormant®. C’est Emily qui amène le sujet mais elle n’aurait peut-être pas dû car la période septembre-octobre ravive chez elle des souvenirs noirs et douloureux. "C'est la vie", dira-t-elle, citant sans le savoir et avec à-propos le Billy Pèlerin d’Abattoir 5 de Vonnegut. Je suis triste de la voir comme ça et je ne sais pas quoi lui dire. Je lui lance sans conviction un "C'est juste un mois comme un autre" qui tombe comme un cheveu dans la soupe.

Vers la fin de la soirée, Emily me fait remarquer que Vinge est à une table voisine. Apparemment, il ne nous a pas vus. Il discute avec un gars que je ne connais pas. On attend un peu avant d’aller lui parler, mais on finit par s’asseoir à leur table pendant une grosse demi-heure. Le gars en question, du nom de Juan-Flippo, est un de ses meilleurs amis d’enfance (ils ont grandi tous les deux du côté de Gosselies). Juan-Flippo travaille pour les socialistes à Charleroi (Vinge ne dit rien à ce sujet, alors que d’habitude, il n’arrête pas de critiquer les socialistes) et a déjà été au Québec, en 2002 (on parle un peu de nos expériences communes dans cette belle région). Au début de la discussion, il me lance en désignant Vinge : "Pas facile d’être l’ami de ce zouave, hein ?". Il a bien raison. Vinge est beaucoup plus calme aujourd'hui, cela dit. Quand je lui parle de la dernière soirée que j’ai passée avec lui, durant laquelle il était totalement fou, il me reparle des appels d’offres et de ses tests au Selor (au secours !). Vinge paie un verre. Emily et moi nous en allons peu de temps après (elle me reconduira en voiture chez moi), laissant les deux amis discuter entre eux (mais jusqu’à quelle heure sont-ils restés ?).

mardi 2 août 2011

Le travail, c'est la santé (ou pas)

Premier jour de vrai beau temps depuis... longtemps. À midi, mes collègues (équipe réduite, vacances obligent) et moi décidons d'aller manger à la terrasse d'un restaurant pas loin du boulot. Je commande deux toasts cannibales doubles, soit l'équivalent d'un quadruple toast cannibale. Je termine l'escalope milanaise de Charlotte et les boulets à la liégeoise de notre bénévole. Je suis une véritable poubelle de table humaine. Durant le repas, Charlotte raconte toujours des histoires abracadabrantes qu'elle a lues ou qui lui sont arrivées personnellement, ou tout au moins à son entourage. Hier, c'était l'histoire d'une pomme de terre qui avait fermenté dans son tiroir de cuisine et dont le germe avait atteint la longueur parfaitement surréaliste (du moins pour une patate dans un tiroir) de deux mètres de long.  Aujourd'hui, c'est celle d'un de ses potes qui possède un tatouage en forme de fleur sur le bras et qui a été piqué par une guêpe juste à cet endroit-là. Question de Charlotte : la guêpe a-t-elle confondu le tatouage avec une vraie fleur ? Non, dira-t-elle, car pourquoi dès lors l'aurait-elle piqué ? (En effet, les guêpes ne piquent pas les fleurs.) Charlotte réfléchit beaucoup, mais réfléchit différemment.

Si je n'ai jamais vraiment parlé de mon boulot dans ce journal, c'est que je m'en fous un peu. Dès que je sors du travail, je n'y pense plus. Je n'ai en effet aucun problème à créer une cloison entre ma vie professionnelle et mon... euh... semblant de vie privée. On ne peut pas en dire autant de tout le monde (que ce soit dans le groupe de mes collègues ou de mes amis).

Lorsque j'ai été engagé comme historien/archiviste/attaché scientifique/porteur de caisses/Web designer/infographiste/homme à tout faire/préposé au café à mon boulot, il y a de cela plus de cinq ans (fichtre !), l'équipe, moi y compris, n'était composée que de cinq personnes. Le fondateur de l'institution, détenteur du savoir suprême (du moins en ce qui concernait les collections historiques), venait de mourir d'un cancer. Je ne l'ai jamais rencontré une seule fois. De toute façon, c'est peut-être mieux comme ça car sa personnalité de communiste sectaire semblait difficilement conciliable avec la mienne, plutôt (voire carrément) anarchiste.

Quand j'ai débarqué à ce boulot, mon ami Fred Jr y travaillait. On a toujours bien bossé ensemble : lui plutôt généraliste pas prise de tête ni donneur d'ordre, moi plutôt technicien dans l'âme (ça n'a pas changé). Cependant, Fred Jr n'est pas resté longtemps (le job se situait très loin de chez lui). Dans l'équipe, à l'époque, il y avait déjà aussi Rolande, la secrétaire (ou plutôt la "responsable administrative"), une femme très élégante (c'est le premier mot qui me vient à l'esprit), la plus ancienne de l'équipe aussi ; Christiane, la bibliothécaire : si tous les bibliothécaires de Belgique étaient aussi perfectionnistes et systématiques qu'elle, la Bibliothèque royale serait le paradis des chercheurs (ce n'est hélas pas le cas) ; enfin, Lodewijk, à l'époque mon collègue mais actuellement mon chef. Un chic type, très honnête et droit (comme Clyde ?), et aussi un abatteur de travail (il me fait peur, souvent).

Quand Fred Jr est parti pour d'autres contrées moins intéressantes (un service de documentation sur le marché de l'emploi), nous n'étions plus que quatre. C'est alors que Charlotte a été engagée. Historienne de l'art, moitié Française, moitié Canadienne, elle adore la littérature du XIXe siècle, les crânes phrénologiques et les histoires bizarres. Son compagnon, informaticien, fan de science-fiction, de fantasy et de la Seconde Guerre mondiale, est du genre à lui faire des énigmes tordues pour les cadeaux d'anniversaire. Ils se sont trouvés, ces deux-là...

Plus tard, Wynka a rejoint l'équipe. Wynka est un cas particulier : historienne, elle a terminé un doctorat sur l'Agence spatiale européenne alors qu'elle n'a pas spécialement l'air d'adorer la technologie (c'est même plutôt l'inverse). Elle est homéopathe, fait du Taï chi, participe à un groupe d'achat commun (de fruits et légumes)... Elle se pose une centaine de questions à la minute (elle a, dit-elle, "un surmoi très développé" [sic]). C'est aussi mon actuelle collègue de bureau. Elle me reproche souvent d'être trop rationaliste, voire scientiste. Je lui reproche exactement l'inverse, mais on s'entend très bien quand même. Elle possède l'énorme qualité à mes yeux de toujours dire ce qu'elle pense, sans jamais réfléchir aux conséquences (une bouffée d'air frais...).

Les deux derniers arrivés à mon boulot sont Sylvette et Aurèle. Sylvette est une bibliothécaire. Elle adore Queen (hein ?). Aurèle est un historien. Il déteste Queen (ha !). Il travaille comme un malade pour des échéances de malade, tout ça pour un contrat à durée déterminée (m'enfin !).

Avec tout ça, je n'ai toujours pas parlé de ma soirée d'aujourd'hui. Je l'ai passée à la Maison du peuple de Saint-Gilles, seul puis avec Léandra. Matys est juste venue dire bonjour subrepticement avec son nouveau  petit chien. (Digression : on commence à connaître un des patrons. Ou plutôt : un des patrons commence à nous reconnaître. On se dit d'abord qu'on va l'appeler "Hadrien", avec-un-H-siouplaît, sur nos journaux respectifs mais Léandra me laisse un message vocal plus tard dans la soirée pour me dire que "Térence", ce ne serait pas mal non plus. "Comme Térence d'Arabie", me dit-elle. Je pense qu'elle confond avec Lawrence, mais qu'importe : appelons le Térence quand même.) Térence, donc, me propose une bouteille d'un litre de vin au prix du demi-litre. Quand je le remercie, il me lance : "C'est moi qui te remercie". On est des clients fidèles, c'est pour ça...

La soirée avec Léandra se passe bien. Déjà, je suis en forme. Je rigole beaucoup et je la fais rire de temps en temps (enfin, je crois). Ensuite, on parle de plein de choses (comme d'habitude quand on est seulement tous les deux à la Maison du Peuple). De Jonas bien sûr, mais aussi de Lyric ou de Charles-Henri, pour ne citer que ceux-là. Elle m'apprend qu'elle discute de ma situation quand je ne suis pas là, avec Matys ou d'autres amies : "pourquoi Hamilton est-il toujours célibataire ? Parce qu'il ne supporte pas se prendre des râteaux" (c'est bien vu, c'est la stricte vérité). En fond sonore, nous avons droit à la violoniste à la voix kamikaze, qui traîne de temps en temps au Parvis.

De retour chez moi, je remarque sur mon GSM déchargé en charge que Lewis a essayé de m'appeler ("Hamilton, c'est Lewis ; quand tu sais, appelle-moi"), ainsi qu'Emily. Cette dernière m'a laissé un message pour savoir si j'allais boire un verre ce soir. C'est un peu tard, c'est dommage.

samedi 2 juillet 2011

Mort de Pol Caca

Gaëlle est très énervée. Elle fait une crise au magasin parce qu'on ne va pas voir tout de suite après une surprise pour elle. Plus tard, je lui apprends à rouler à vélo (c'est pas encore ça : elle tient quelques secondes toute seule puis perd l'équilibre). Sinon, Pol Caca, le chien de Matys, est mort. Il y a E.T. (encore une référence au caca) sur une chaîne de télévision : ma fille a un peu peur mais elle "adore avoir peur". Coup de fil de Vespertine, dont je n'avais pas eu de nouvelles depuis plus de six mois.

vendredi 17 juin 2011

Colère

Dodo le matin. Je suis fatigué, j'ai mal partout, je ne sais pas ce que j'ai et ça m'énerve. Enfin bon... Prise de sang début d'après-midi puis préparation d'une petite bouffe pour le soir, à l'occasion de la soirée "jeux" qui se déroulera chez moi, avec (normalement) toute la "dream team" + Jonas. On verra !  

(Petite digression : Léandra m'a dit qu'elle avait une drôle de relation par rapport à ce journal : quand une soirée qui s'est déroulée n'y est pas encore consignée, par flemme ou par faute de temps, c'est un peu comme si cette soirée n'était pas terminée.) 

La soirée de vendredi (qui réunit effectivement le monde prévu) est un peu bizarre au début, parce que j'ai "crisé" : la chose m'arrive de temps en temps. La dernière fois, c'était un dimanche avec Charles-Henri et Fany. Pas à cause de ces deux-là mais à cause de deux autres Français un peu (voire beaucoup) beaufs : l'un qui n'arrêtait pas de critiquer les "gauchistes" (sans se rendre compte que je rentre clairement dans la catégorie) et l'autre parlant de l'anarchisme, mélangeant tout, à tel point qu'aujourd'hui il dit que je suis "trotskyste" (gné, c'est quoi le rapport ?). J'avais presque pris ça pour une attaque ad hominem ; du coup, je me suis cassé avant de m'énerver. 

Lors de cette soirée du 17 juin, je ne me casse pas vu que je suis chez moi, donc je m'énerve, un peu comme mon père (je lui ressemble beaucoup). Ce genre d'énervement, c'est toujours lié chez moi à une sorte de défense des idées de gauche (une forme, sans doute en partie fantasmée et idéaliste, de lutte contre les injustices). Le début de mon énervement est clairement lié à un "mot" de Walter, comme quoi le monde aujourd'hui n'a jamais été aussi solidaire, ou un truc dans le genre... Callys a l'air d'être d'accord avec lui (ce n'est pas la première fois), alors qu'il ne devrait pas l'être. Voilà peut-être ce qui arrive quand tout rejoint tout (post-modernisme ?). En gros, le mysticisme New Age de Callys (qui mélange tout et son contraire) se fond très bien dans le néolibéralisme. Rien d'étonnant. 

Je ne suis donc pas dans mon assiette et je suis vraiment remonté contre plein de trucs. Notamment la question de l'argent, du salaire, des heures sup ("ça sert à quoi d'en faire ?"), du chômage, des gens qui ont plein de fric et des autres qui n'en ont pas. Je me suis souvenu de mes parents qui terminaient leur fin de mois avec un négatif de plus de 1000 euros sur leur seul et unique compte  bancaire (et je me dis : ce n'est rien, ça va encore, en fait). Peut-on se rendre compte de ça : que plein de gens ne possèdent rien d'autre, sur le plan financier, qu'une dette ? Bref. 

Le reste de la soirée se déroule parfaitement. Callys a également parlé de l'actualité de l'Apocalypse de Jean et du nouvel ordre mondial. Que dire face à ce genre d'élucubrations mystiques ? Réponse : rien, on est passé à autre chose. Y croit-il réellement ou pas ? Le pire, c'est que je crois qu'il y croit. Julien Lepers nous a également posé des questions, ralenti par le "Jägermeister" apporté par Matys et Callys. Le compagnon de Léandra, Jonas, que je vois pour la première fois (ou presque) est un type original, intelligent et intéressant. Il a fait la vaisselle avec Emily. Bref, c'était sympa. Le seul problème, c'est qu'ils sont partis vers 5h du matin et que je dois me lever 4 heures plus tard...  Pas grave, pas grave...

mercredi 8 juin 2011

Le shōgi

Ce matin, j'étais à une réunion à la Cinematek (Cinémathèque royale de Belgique) pour un projet intéressant de DVD sur les charbonnages. J'ai revu quelques connaissances du monde archivistique... Sur le temps de midi, je vais me faire couper les cheveux (quelle vie palpitante !). L'après-midi, je me rends à l'autre bout de la ville (Laeken) pour récupérer un lot complet d'Alternative libertaire (journal anarchiste) pour mon boulot. Je n'ai pas perdu ma journée... 

À l'heure où j'écris ce paragraphe, j'hésite entre m'emmerder seul chez moi et m'emmerder "seul" à la Maison du Peuple. Bon, en attendant de me décider, faut que je bouffe et que je travaille encore un peu... 

À la Maison du Peuple (oui, j'y suis allé tout compte fait), je croise Léandra et Matys, qui prennent l'apéro avant d'aller au resto. Après, arrivée d'Andrew, puis d'Emily. Andrew et moi apprenons les bases du shōgi. Objectif : devenir grand maître international en cinq ans, se faire pousser la barbichette et se faire applaudir par un public asiatique.

vendredi 3 juin 2011

La boule de feu

Mini-trip dans les Ardennes belges avec Emily. On part en fin de matinée. On arrive à Durbuy vers 12h20. Emily achète un pot de confiture. Je mange un horrible hamburger pas bon. On mange une excellente glace, on voit l'Ourthe, l'anticlinal de Durbuy, les petites routes, les maisons en pierre et les châteaux. C'est très jolis, c'est l'Ardenne ! On passe rapidement à Barvaux : pas grand chose à voir, si ce n'est des touristes un peu beaufs... On va chercher Gaëlle à son école à Namur, où on boit un verre (à Namur, pas à l'école). Le centre historique de Namur, c'est assez joli. Dommage qu'il y ait des étudiants et des Namurois... Retour à Bruxelles. 

Fin de journée au premier "Apéro Saint-Gilles" de l'année avec Gaëlle, Emily et Andrew. Il y a un groupe de rock ridicule qui joue. On boit quelques Carlsberg. Callys et Matys sont là. Une copine de Callys demande si Gaëlle est ma fille. Je réponds que oui. Elle se tourne vers Andrew et lui demande si c'est aussi sa fille. Bon OK, elle était bourrée, paraît-il, mais qu'est-ce qui lui a donné cette idée ? Passage furtif de Poulain Perspicace, en pleine crise d'allergie (j'en ai aussi un peu mais moins que lui quand même), et de sa compagne. Fin de soirée dans des "fatboys". 

Rentré chez lui, Callys, vers 23h51, voit une grosse boule de feu qui traverse lentement le ciel bruxellois (il raconte ça sur Facebook, il raconte plein de trucs sur Facebook). Il est apparemment le seul à l'avoir vue. Les boules de feu, je connais un peu (étant astronome amateur, surtout dans ma jeunesse). Ce phénomène est lié à la dispersion dans l'atmosphère de la Terre d'un météore un peu plus gros que d'habitude (c'est très impressionnant à voir, parfois)... Mais il dit que ce n'est pas ça.