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samedi 24 décembre 2011

Un roi sans couronne

– Regarde Gaëlle, c'est le discours du roi, à la télévision !
– Mais j'en ai rien à faire, moi, Papa, du discours du roi !
(Remarque, moi non plus...)
– Et puis, continue ma fille sur sa lancée, pourquoi il n'a pas de couronne, si c'est un roi ?
(C'est vrai ça ! Pourquoi n'a-t-il pas de couronne ?)

* * *

Le soir, mes parents, ma fille et moi sommes invités à passer le réveillon de Noël chez mon cousin Fridric et sa femme Aude. Sont présents les deux enfants d'Aude ainsi que le petit dernier, Roberto. Sont présents également : ma bobonne (ma vieille grand-mère qui, du haut de ses 85 ans, a de plus en plus de mal à entendre ce qu'on lui dit et à se déplacer) ; mon cousin Fab (le frère de Fridric) et sa femme Bridget ; les parents d'Aude ; les parents de Fridric. En tout, ça fait seize personnes.

La chienne de la maisonnée a l'air malade. Elle pue, elle bave et regarde les invités bizarrement. Elle est enceinte. Lors de la dernière portée en date, elle a dévoré un de ses jeunes (miam !). Ma mère se méfie et ne veut pas que Gaëlle s'en approche.

Le repas est gargantuesque. En apéritif, nous avons droit à des dizaines de plats qui viennent et repartent dans tous les sens : des toasts, des ailes de poulet, des lardons farcis, des olives, de l'ail mariné, du fromage de Grimbergen, des chips, des verrines... Ensuite, nous mangeons une entrée froide (une terrine), puis une soupe aux chicons (préparée par ma maman), puis une seconde entrée, chaude cette fois-ci (une lasagne de saumon, avec de la pâte fraîche, faite "maison" par ma tantine et son mari Tino), puis le plat principal (de la volaille, des croquettes et de la salade), puis le dessert (des choux glacés préparés par mon père). Je bois et mange beaucoup, comme d'habitude lors d'un repas de Noël.

Durant la soirée, Fridric, qui est instituteur depuis presque vingt ans, nous parle des gamins à qui il donne cours : leur niveau baisse de manière catastrophique : ils sont pour la plupart incapables de se concentrer plus d'un quart d'heure et ne s'intéressent pas à grand chose. Quant aux nouveaux instituteurs, ils sont d'après lui en moyenne moins cultivés et moins formés qu'auparavant : "Comment intéresser une classe si on ne sait même pas soi-même de quoi l'on parle ?".

Mon père a apporté ses vieilles diapositives et l'appareil qui permet de les projeter. Mon papa est (entre autres) photographe de formation et a pendant une bonne dizaine d'années (de 1975 à 1988 environ) réalisé plusieurs centaines de diapositives de sa jeunesse et de mon enfance. En fin de soirée, il les projette sur un mur blanc. Avec le temps, les images font très vintage : photos de virées dans les "dancings" ; voyage en Irlande ; photos de ma mère jeune (une vingtaine d'années) en train de poser devant l'appareil, avec ses cheveux teints en roux, son visage très froid et boudeur ; voyage à Paris ; voyage en Italie ; photos de famille...

Ce n'est vraiment plus le même monde qui s'affiche sur le mur blanc : on y voit la vieille maison familiale perdue dans la campagne (alors qu'aujourd'hui ladite bâtisse est entourée de nouvelles constructions cubiques toutes aussi laides les unes que les autres), mes (alors jeunes) cousins qui font du vélos en plein milieu de la route déserte pas loin de la maison, les vêtements démodés du début des années 80, les fameuses couvertures à carreaux, le vieux tourne-disque, les vieilles bagnoles (dont une Lada et une Simca 1000 !).

Dans tout ce vrac, il y a également des centaines de photos de moi, de la naissance à l'âge de 7-8 ans. Une des diapositives me montre, âgé de 2 ans et demi, assis seul dans un grand transat, sur la plage de Sperlonga en Italie, parce que je "refusais catégoriquement de toucher le moindre centimètre de sable" (je ne m'en souviens plus, évidemment, mais ça ne m'étonne qu'à moitié) ; une autre me montre en train de poser, plus vieux, la mine très sérieuse, les yeux cachés par de ridicules lunettes noires, mimant un jeu de guitare sur une raquette de tennis en plastique. Paraît que j'étais fan de Michel Polnareff à l'époque. En tout cas, faudra absolument que je les numérise, ces diapositives-là !

Il est presque deux heures du matin. Gaëlle est très fatiguée et s'énerve pour un rien. Pas question de jouer à la belote ce soir. Nous retournons donc chez mes parents en voiture et, pour gagner du temps, nous racontons une histoire à ma fille sur la route du retour. Je joue le rôle du Schtroumpf à lunettes et ma mère celui du Grand Schtroumpf (qu'elle imite très bien). J'imagine une histoire où le Schtroumpf à lunettes découvre un second village schtroumpf qui n'est peuplé que de Schtroumpfs à lunettes. C'est l'horreur totale quand le Schtroumpf à lunettes, premier du nom, se rend compte qu'il existe des Schtroumpfs encore plus moralistes que lui. C'est une histoire débile mais ça nous fait rire.

De retour à la maison, j'ai trop bu et n'arrive pas à dormir, évidemment. Alors, pour passer le temps, j'écris ma journée de jeudi de manière assez virulente, l'alcool aidant. Non, je ne regrette rien...

jeudi 11 août 2011

Noctambulisme

Dans le genre foireux : aujourd'hui, je me suis levé à... 2 heures de l'après-midi, à 13h57 pour être précis. Ni ma mère, ni ma fille n'ont ressenti le besoin de me réveiller avant cette heure pour le moins tardive. Je me serais rendormi sans le moindre problème en quelques secondes si je n'avais pas eu la (très) bonne idée de consulter l'heure. Aujourd'hui, comble de malchance, je devais accueillir Léandra en début d'après-midi dans "ma région" pour me rendre avec elle et Gaëlle au Lac de Bambois. Léandra a essayé de me téléphoner à deux reprises, mais pour une fois, mon téléphone était sur silencieux. Résultat : trop tard pour tout ça (Léandra habite à Bruxelles, soit à 1h30 de train environ de chez mes parents) et le projet tombe à l'eau.

La question du sommeil est une question primordiale pour moi comme pour beaucoup de personnes de mon entourage. Personnellement, mon principal "problème" réside dans le noctambulisme : j'adore la nuit et je déteste aller dormir avant minuit. Après minuit, je postpose constamment l'heure de m'endormir, non pas que je ne n'en suis pas capable, mais simplement que je n'en ai pas envie. J'attends donc toujours le moment où je ne peux plus rien faire/regarder/lire à cause d'une trop grande fatigue. Une fois que je dors, par contre, je ne rencontre pas le moindre problème pour être dans cet état très longtemps... J'ai exactement le même sommeil que mon père : endormissement en une minute, voire en quelques secondes, "quelques" ronflements nocturnes (hem) et prolongation du sommeil comme j'en ai envie, jusqu'à pas d'heure, que je me réveille en pleine nuit ou pas. Cette nuit, je ne pense pas m'être réveillé une seule fois (difficile à savoir, cela dit) et j'ai fait un tour d'horloge. Je suppose que j'en avais besoin ? 

* * *

Ma fille a joué une grande partie de la journée avec son petit-cousin Roberto. Il a deux ans en moins qu'elle mais fait la même taille. Roberto s'en contrefiche de perdre ou de ne pas respecter les règles établies. Gaëlle, par contre, est hyper-légaliste, très à cheval sur le règlement et pique des crises quand on ne respecte pas ce dernier ("J'avais 4 points et lui zéro, il n'a pas à changer les points !"). Je me demande à qui elle ressemble... Elle est aussi très mauvaise perdante aux jeux de société, mais elle se soigne. Sans être méchant, je me fais un honneur de jouer avec elle de la même manière que quand je joue avec un adulte. Elle perd pour le moment, mais au moins elle apprend.

Ma mère est fâchée/stressée en permanence. Quand je laisse ma fille s'occuper toute seule, mère n'est pas contente ; quand je joue avec ma fille, elle n'est pas contente non plus. Elle me dit que je ne m'occupe de Gaëlle que quand j'aime l'occupation (du genre : jouer à des jeux de société). C'est vrai. J'aime quand il y a un apprentissage. Je m'emmerde, sinon. J'ai du mal avec le fait de pousser une balançoire (ce qui est un peu con, j'en conviens) ; par contre, j'adore lui apprendre à aller en vélo ou à calculer. Ma bobonne (ma grand-mère) tient souvent avec moi quand il est question de l'éducation de ma fille (je me sens moins seul).

Durant la journée, Bridget, l'épouse de mon cousin, a failli être tuée. Travaillant à couper du bois en contrebas de leur nouvelle maison en construction (celle que mon cousin est en train de bâtir en annexe de la maison familiale), elle a reçu en pleine tête deux pierres qui servaient à soutenir une bâche, cinq mètres plus haut. Elle a une énorme bosse à l'arrière du crâne et un gros trou rempli de sang sur le dessus. La première des deux pierres devait peser plus de deux kilogrammes. Quand j'ai vu ce gros caillou constitué de protubérances vachement pointues, je me suis dit qu'elle a dû somme toute avoir beaucoup de chance. Elle refuse de passer un scanner pour le moment. 

Fin de soirée, il commence à pleuvoir. Tout le monde rentre s'abriter, sauf Tino, mon tonton italien, et moi. On bavarde sous les parasols convertis pour l'occasion en parapluies. C'est curieux : Tino est du genre énervant avec toute ma famille (ses deux fils, sa femme...) : gesticulant, excité, donneur de leçons... Sauf avec moi : à deux, la discussion est toute calme. Je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi. 

Quand je rentre chez moi, ça sent l'herbe mouillée et j'adore ça.