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vendredi 3 août 2012

6. Le billet de cent francs

6.1.1. Terrasse du jardin familial, début d'après-midi, une bouteille de vin rouge posée sur la table. Mon père est dans une phase « péremptoire » (on se demande à qui je ressemble...). À ma maman : « Diététicien, c'est un métier qui ne sert à rien ! » ou encore : « C'est absurde de tondre une pelouse, c'est du conformisme ! » Ce à quoi ma mère répond : « Oui, oui, c'est ça, ça ne sert à rien... » et : « Tout à fait. On va laisser le pelouse en friche et tu la faucheras tous les ans... »

6.1.2. À moi, il me dit : « Ça te fera du bien de marcher, c'est bon pour ce que t'as ! » et : « Tiens, tu bois du vin ? Hier, tu te moquais en disant que "ça ressemblait presque à du vin" ! »

6.1.3. Discussion sur le fait de laisser Gaëlle seule pendant quelques minutes sans surveillance lorsqu'elle est dans son lit. Ma mère : « Tu es un inconscient ! Et si elle se cassait une jambe ou si un incendie ravageait ton appartement ? Tu t'en voudrais toute ta vie d'être sorti pendant une minute. » Oui, et si je me faisais écrabouiller par une météorite ou par un piano en sortant de chez moi, que deviendrait ma fille, hein, hein ?
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6.2. « On ne voit plus beaucoup David Bowie. Paraîtrait qu'il a un cancer du foie.
Non. David Bowie ne peut pas avoir de cancer. Il ne peut pas être malade. »
(C'est un peu comme Robert Smith : ces gens-là ont l'interdiction formelle de vieillir, d'être malade et de mourir.)
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6.3.1. Plus tard dans l'après-midi, mon père se souvient de ses formations syndicales chez « les Métallos » à Melreux [-13.7] : « Les formateurs étaient des radicaux. Dès le premier jour, ils nous mettaient dans le bain, directement dans le conflit... Ils venaient de Liège... C'étaient des bons, ils avaient l'habitude !
— Comment faisaient-ils ?
— Avec un billet de cent francs.
Un billet de cent francs ?
Un billet de cent francs. Ils nous ont réunis le premier jour dans une des salles de réunion et nous ont demandé un billet de cent francs. Sans donner de raison. Aux gens qui demandaient pourquoi, ils ne donnaient pas de réponse, ils éludaient. Certains ont donné le billet et d'autres non.
— Bizarre.
— Puis ils nous ont dit : "Ce billet, vous ne le récupérerez jamais ! On le garde pour nous !" Ils sont devenus odieux. Alors nous sommes entrés en conflit avec eux.
— En conflit ?
— Oui, nous les avons enfermés dans la pièce et nous avons occupé la cafétéria de l'hôtel. Le personnel, habitué à l'exercice, est sorti. Et nous avons occupé le bar. Les formateurs, eux aussi, avaient l'habitude. Ils savaient que nous allions peut-être les séquestrer et avaient prévu à l'avance une échelle pour sortir.
— Ha.
— Tout ça faisait partie d'un exercice mais personne ne le savait. Enfin, si. Moi, je le savais parce qu'on me l'avait dit avant. On n'aurait pas dû me le dire.
— Ha oui, c'est con.
— À partir du moment où les formateurs sont partis, directement sont apparus les leaders (ceux qui prennent le pouvoir), les stratèges et les théoriciens (ceux qui réfléchissent calmement à la situation et proposent des solutions élaborées), les fonceurs (ceux qui veulent tout casser, sans trop réfléchir), et enfin les suiveurs...
— Et toi, tu étais dans quelle catégorie ?
— Moi ? Je ne disais pas grand-chose. J'observais... Je me souviens d'autre chose... Nous avons été soutenus dans notre combat par une délégation flamande qui n'était pas du tout au courant de nos techniques de formation et s'est dite "solidaire" de ses camarades wallons. Les Flamands ont bu des verres avec nous.
— Ha ! Et ça s'est terminé comment, cette histoire ?
— Eh bien on a discuté de la situation toute la nuit. Certains sont partis de la formation totalement choqués. D'autres ont pris le pouvoir. Le lendemain, les formateurs sont revenus, nous ont expliqué que c'était un exercice et ont décortiqué avec nous tous nos comportements. Le plus impressionnant, c'était d'étudier les leaders. Ils ont pris le pouvoir et tout le monde a accepté cet état des choses sans broncher, sans se poser de questions. Enfin, si... On se posait des questions mais on ne disait rien.
— Eh bien ça, c'est vraiment intéressant... »
(... et il faut absolument que je l'écrive quelque part dans mon blog !)

6.3.2. Mon père toujours : « Un calotin dans un conseil d'entreprise, tu le reconnais directement. C'est celui qui ne rentre jamais en conflit et qui dira au représentant du directeur : "Oh oui, Monsieur, nous savons que vous faites de votre mieux et que ce n'est pas facile pour vous non plus tous les jours !", ce genre de chose... Même si c'est vrai, on ne doit jamais tenir ce genre de discours face au patronat ! »
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6.4.1. Je rentre à Bruxelles pour un soir et rejoins Léandra et Jonas au moment où ils sortent du Moeder Lambic de la place Fontainas. Je me suis incrusté en toute dernière minute à un repas « au Canard », comme dirait Léandra — « Au Canard ? Au Canard ! » —, c'est-à-dire au Domaine de Chavagnac, le restaurant où nous étions déjà allés pour l'anniversaire d'Andrew [-31.6].

6.4.1.1. « Les concepteurs des Simpson sont des fans absolus d'Alfred Hitchcock. Du coup, ils n'arrêtent pas de mettre des références à plein de ses films. Vous avez déjà vu la référence aux Oiseaux dans "Un tramway nommé Marge" ["A Streetcar Named Marge", 1992, 15 min. 45 sec.] ?
— Non, me répondent-ils.
— C'est génial. La petite Maggie est enfermée durant tout l'épisode dans une garderie pour enfants où la nurse, très autoritaire, confisque toutes les tétines... ».
... S'ensuit une rébellion menée par Maggie durant laquelle les enfants récupèrent leur objet fétiche. Plus tard, lorsque Homer vient rechercher sa fille, il se trouve nez à nez avec des centaines de bébés silencieux suçant leur tétine, réplique d'une fameuse scène des Oiseaux. Et lorsqu'il sort de la garderie avec sa fille et ses deux autres enfants, Hitchcock apparaît dans un joli caméo dans lequel il promène ses deux Terriers écossais en avant-plan (comme dans le film !)...

« Maggie ? C'est l'heure d'aller... Haaaaaa ! »

Le passage d'Alfred.

6.4.2. Après le repas et une balade dans le quartier Sainte-Catherine, nous retournons à la case départ : le Moeder Lambic Fontainas. Jonas y commande un Valeir blonde et Léandra un... thé. Quant à moi, je demande une bière à la fois amère et légère à la serveuse, qui me conseille une « Bitter Sorachi » (une bonne bière française au très faible taux d'alcool : 2,5% !).

6.4.2.1. « Elle est bien, je trouve, cette serveuse... 
— Daniel a essayé de la draguer, mais ça n'a pas du tout marché.
— Ha bon. »

6.4.2.2. « Oh là là, je bois beaucoup plus vite que vous ! »

6.4.2.3. Discussion sur les reconstitutions médiévales — et les reconstitutions tout court. J'explique à Jonas (car Léandra est déjà au courant, évidemment) que je déteste les reconstitutions. Je les hais, je les hais ! (Du calme, Joe.) Je déteste ce principe qui consiste à se déguiser en chevalier, en écuyer, en prêtre ou en paysan(ne) et à faire semblant de vivre, manger, boire ou parler (le comble de l'horreur !) « comme au XIIIe siècle » (simple exemple).

6.4.2.3.1. Un souvenir : lors de ma seconde licence en histoire médiévale, mes amis savaient déjà tout le mal que je pensais des costumes et des reconstitutions historiques. En raison de mes — horribles — exercices pratiques d'agrégation qui chevauchaient les autres cours, je n'avais pu me rendre à l'importante séance de distribution des thématiques pour les travaux de l'année académique 2001-2002. Cette année-là, le séminaire avait trait au mode de vie des élites européennes aux XIe et XII siècles. J'avais demandé à mes amis Hamilton II et Pat de me réserver, si possible, le thème du jeu d'échecs médiéval, « au cas où il serait proposé par le professeur lors de la distribution... » À midi, pendant le repas suivant les cours, ces deux sans-cœur me dirent :
« Il y avait "Les jeux de société au XIIe siècle" dans la liste mais on a préféré te prendre "L'évolution du costume ecclésiastique", vu que tu adores ça !
Quoi ? Oh non ! C'est pas vrai ! C'est un cauchemar !
— Mais non, couillon, on a réussi à te l'avoir, ton travail sur le jeu d'échecs ! »

jeudi 29 septembre 2011

Logotypes

Depuis peu, la Communauté française de Belgique a changé d'appellation : il faut désormais parler de "Fédération Wallonie-Bruxelles". Paraît que c'est plus clair comme ça... De fait, oui, c'est plus clair, ou en tout cas un peu moins ambigu : "Communauté française de Belgique", ça donnait l'impression qu'on avait affaire à une petite communauté d'expatriés français vivant sur le territoire belge (au point même, d'après La Libre Belgique, que François Mitterrand, apparemment mal renseigné, s'était gravement gouré, demandant à Valmy Féaux, alors président de la Communauté, combien de membres comptait son association de Français – Quand ? Où ? On ne sait pas... L'éditorialiste reste nébuleux, se contentant de l'action et se foutant royalement du temps et du lieu ; cette information lacunaire est sujette à caution, du coup !).

Fédération au lieu de Communauté... Peu importe après tout : c'est simplement un nom qui change... Un nom, c'est juste un nom : ça ne modifie pas grand chose à la personnalité, au fonctionnement d'une personne ou d'une institution... Si – simple exemple ! – je m'appelais Lionel au lieu d'Hamilton, ça ne modifierait aucunement ma façon d'écrire... 

Juste un nom donc sauf que, plus pragmatiquement, à mon boulot subventionné de façon non négligeable par ladite Communauté Fédération, nous allons devoir prendre acte de ce changement pour la création de nos papiers en-tête, nos dépliants, nos brochures, nos affiches, notre site Web, nos lettres d'information, etc. En gros, ce sont plusieurs dizaines d'endroits qu'il faudra changer, là où ce putain de terme périmé de "Communauté française de Belgique" apparaît. Quand je dis "nous", je suis un petit comique (haha !) car dans les faits, c'est moi qui vais devoir m'occuper de la majorité de ces modifications. Holy shit ! Et encore je reste poli...

Ce n’est pas tout : dans la lancée des modifications infographiques, en plus de changer la dénomination de cette entité politique dans tous les médias utilisés par mon institution pour communiquer avec l’extérieur, je vais devoir également remplacer son logotype. Car oui, depuis le 27 septembre 2011, la Communauté française Fédération Wallonie-Bruxelles a également dévoilé un nouveau logo pour marquer le coup : trois lignes courbes séparées, schématisant plusieurs concepts à diverses échelles de grandeur : les première et deuxième lignes (rouge et jaune) représentent le "W" de Wallonie, les deuxième et troisième (jaune et bleue) le "B" de Bruxelles ; le tout forme un coq extrêmement stylisé (un peu comme le logo "TGV", qui, retourné, prend la forme d’un escargot : hé oui, c'est épatant !)... Et il paraîtrait même – mais faut avoir l’œil ! – que la ligne jaune du milieu, associée au bleu, symboliserait l’Iris bruxellois. 


Sur le Web comme dans la presse, ce logo suscite beaucoup de railleries. J'ai lu sur la Toile des commentaires réussissant l'exploit d'être à la fois épiques et stupides (je ne peux pas m'empêcher d'aller les lire, pour me faire peur)... Simples exemples : le classique "Et combien ça a coûté aux contribuables ?" ou le très con "Où est le coq ? C'est scandaleux !". Il y en a même qui vont jusqu'à rapprocher ce logo à l'alphabet arabe : c'est dans l'air du temps chez les fachos paranoïaques (ceux du genre : "Le nouvel ennemi, c'est l'Islam" ou "Tous des islamo-gauchistes, au P$" – Mais qui sont ces gens ?). En parallèle, un sondage Web organisé par SudPresse donne les résultats suivants : 53% trouvent ce logo "affreux", 20% le trouvent "magnifique" et 28% répondent par "C'est quoi cette fédération ?". On ne leur a proposé que ces trois choix-là, à ces 101% (sic) de sondés ? (Du grand n'importe quoi.)

L'avis de Tonton Hamilton : ce n’est sans doute pas le plus beau logo de tous les temps, mais faut pas exagérer dans l'autre sens... Ce n’est pas non plus le plus moche. Au-delà de la question du logo en lui-même, toutes ces discussions mettent surtout en avant un fait beaucoup plus fondamental : la propension des humains à râler sur tout ce qui présente un caractère nouveau ou inconnu.

Je ne voulais pas faire aussi long (d'un autre côté, j'écris ce que je veux) mais les logotypes me passionnent. Donc tant qu'à parler de logos, j'en profite pour en poster deux autres que je trouve à la fois simples et extraordinaires, presque magiques même...


Pourquoi ces deux logos sont-ils géniaux ? Pour le premier, celui de FedEx : tout simplement parce qu'il cache une flèche (symbolisant l'expédition, le déplacement...) entre le second "E" et le "x" ; et peut-être même une deuxième, plus difficile à voir car incomplète, entre le "F" et le premier "e" ! Pour le second logo, c'est encore plus terrifiant : c'est l'ancien logo – mais pourquoi diantre ont-ils changé ? – de Northwest Airlines. Il est d'une simplicité diabolique : en quelques traits, on y retrouve le "N" de "North" et le "W" de "West", mais aussi une flèche de boussole, pointant vers le Nord-Ouest ! Certains y ont également vu le long-courrier venant de Stockholm mais je crois qu'ils bluffent.

* * *

Si je parle de la Communauté française Fédération Wallonie-Bruxelles aujourd’hui, c’est pour une raison particulière : en ce début d’après-midi, j'ai assisté dans un auditoire situé dans les locaux de la Communauté Fédération à la présentation d’un prototype de portail Web exposant de manière transversale un pan du patrimoine numérisé en Belgique francophone.

Arrivé sur place, je reconnais quelques personnes dont : Anouk, qui me lance comme phrase de bienvenue : "Tiens, voilà Monsieur Orval !" (ma réputation me précède) ; Doëlle, qui est alors en train de discuter avec Inger (qu'est-ce qu'elle fait là, Inger ? C'est marrant : c'est en fait la copine d'un certain Jyl – pas le même que celui que connaît Léandra, qui s'appelle de toute façon Daniel dans ce blog : ça devient compliqué, tout ça –, des potes de Tom et Ophely) ; Adélaïde-Anne, une consœur archiviste qui travaille dans un centre d'archives à Bois-du-Luc (sur le lieu de mon premier boulot). C'est elle qu'on a croisée par hasard au carnaval de La Louvière : elle était déguisée en sorcière et voulait nous refiler une pauvre tortue trijambiste (aujourd'hui, pas de déguisement ni même de tortue).

La présentation se passe bien : la première partie (un portail esthétiquement bien foutu) est très jolie à regarder ; la seconde (la présentation de l'architecture informatique complexe qui se trouve en "arrière-plan" de ce portail) est plus aride mais intéressante.

Après moult questions, nous sortons tous enfin dans le petit hall qui jouxte l'auditoire : il y a du café (hahaaa !) et des mini-pâtisseries. Parmi celles-ci : un gâteau au chocolat et à la crème fraîche totalement immangeable sans que ça ne dégouline partout de manière dégoûtante. Je reste une petite heure à parler, principalement avec Adélaïde-Anne. 

À la sortie, Doëlle et Anouk fument leur cigarette en compagnie d'autres personnes. Doëlle me demande si elle peut de nouveau avoir accès au journal de Léandra. Je lui dis que peu importe, car Léandra n'écrira plus ! (Renseignements pris : si Doëlle veut avoir accès à ce blog un peu mort, elle doit créer un compte Blogger ; à ce moment, Léandra pourra ouvrir le mode lecture pour ce compte-là – enfin, si Léandra le veut bien, mais il n'y a pas de raisons qu'elle ne le veuille pas). Je discute encore un peu avec Doëlle ainsi qu'avec une de ses copines/collègues (?) qui, travaillant à Bruxelles, fait en train presque le trajet inverse du mien. La seule différence : elle doit parfois rester debout, car dans le sens Liège-Bruxelles le matin, les trains sont remplis et c'est l'horreur (j'ai déjà fait quelques fois ce genre d'expérience). Vers 17h, je reprends le métro vers mon bureau officiel (comprendre : vers la Maison du Peuple de Saint-Gilles).

* * *

Je passe une grosse heure à ladite Maison du Peuple, pour écrire un peu avant le squash. De passage, par hasard : Georges, un des ex de Léandra. Dans la vie, Georges réalise des sites Web et des bandes dessinées (en résumé). Il est à Saint-Gilles pour emporter la machine à laver d'une copine. Un plan foireux car jamais la copine en question ne le rappellera. Georges reste donc une petite heure en ma compagnie. Il commande un thé. Quant à moi, je "sirote" un Orval (j'ai une réputation à tenir).

À un moment, on parle de Maïté, bizarrement. Ça va bientôt faire quatre ans (Ach, quatre ans... Quatre ans !) qu'elle m'a quitté. Georges me dit : "C'est quand même bizarre que tu n'aies jamais retrouvé personne depuis lors". Oui, c'est bizarre, bizarre... On parle de séries aussi. Apparemment, je lui ai donné l'envie de revoir Homicide et, en parallèle, de visionner la série The Wire (il ne l'a jamais vue ! Pauvre de lui !). Pour le moment, il regarde Mad Men (il faut absolument que je la visionne un jour, celle-là). Georges me parle également de Lexx, une série de science-fiction un peu kitsch et en dessous de la ceinture. Jamais vu mais ça a l'air sympa... Le vaisseau spatial Lexx ressemble à une libellule, mais des esprits mal tournés y voient aussi apparemment l'appareil génital masculin au complet et en érection. Le débat reste ouvert !

* * *

J'ai beaucoup de choses à raconter aujourd'hui. C'est laborieux...

Je vais jouer au squash avec Fred Jr ce soir. Il me faut longtemps pour rejoindre le Centre ADEPS d'Auderghem, à la frontière de la ville, perdu à la lisière de la forêt de Soignes. Je suis en retard et Fred est obligé de venir me chercher en voiture. On se change en vitesse directement dans la salle de squash. Je perds encore et toujours contre Fred (3 sets contre 4), mais, selon ses propres dires, il a eu plus de mal cette fois-ci. Durant la partie, j'essaie presque instinctivement et comme à chaque fois de placer des coups de badminton. Au squash, ça fonctionne... euh... beaucoup moins bien. (De retour chez moi, je regarderai une vidéo de squash professionnel : comme pour les autres sports de raquette, les joueurs professionnels donnent l'impression de se balader sans problème sur le terrain et font des revers avec une facilité déconcertante.)

Après le squash, Fred doit se rendre en vitesse à Etterbeek pour acheter une NES (Nintendo Entertainment System : la vieille console de jeu signée Nintendo) chez un type habitant le coin. Le principe un peu tordu, si j'ai bien compris : Fred possède déjà une NES en bon état mais n'a plus la boîte d'origine. Donc : il va prendre la boîte de la NES nouvellement achetée pour son ancienne NES et revendre directement la console toute seule. Typiquement un tic de collectionneur... Mais le gars qui doit la lui vendre est énervant : il annule par sms parce qu'il n'a pas envie de voir débarquer Fred trop tard, puis il téléphone des dizaines de fois, puis il décide enfin de lui apporter la console environ une heure après, alors qu'on boit un verre au Corto près du Cimetière d'Ixelles, en compagnie de Léandra et de Walter, et aussi d'Andrew qui nous rejoindra en compagnie de sa colocataire russe du moment.

Fred a encore une petite heure de route avant de revenir dans son village. Puisqu'il nous reconduit en voiture, Léandra et moi, nous partons un peu avant 23h. Et puis c'est tout... (C'est déjà assez long comme ça !)

dimanche 18 septembre 2011

Journée sans voiture & avec bières californiennes

Ce dimanche, c’est la journée sans voiture à Bruxelles : presque aucun véhicule ne circule dans la capitale. Seuls les transports en commun (légèrement renforcés) et les taxis peuvent rouler, ainsi qu’évidemment les ambulances, les pompiers, les forces de l’ordre... Quelques automobilistes aussi, qui ont réussi à dégoter une dérogation spéciale.

À chaque journée bruxelloise sans voiture, c’est le même cinéma du côté des réacs frustrés. C’est plus fort que moi : en ce dimanche mi-ensoleillé/mi-pluvieux, je ne peux pas m’empêcher d’aller lire leurs messages de haine sur les forums et sur les sites de presse, de les voir s’exciter tout seuls devant leur écran face à cette "abominaaaable privation de liberté" montée de toutes pièces par quelques "écolo-bobo-gauchistes-qui-n’ont-que-ça-à-foutre". Après correction des fautes d’orthographe, le message qu’ils veulent faire passer est à peu de chose près celui-ci : "À chaque journée sans voiture, on a droit à des embouteillages monstres à l’entrée de Bruxelles : ça nous fait perdre du temps et la pollution est encore plus forte que d’habitude. Tout ça pour quelques allumés en patins ou quelques jeunes cons à vélo, qui feraient bien d’aller étudier ou bosser".

Pour ma part, adorant marcher, n’ayant pas de voiture (ne sachant même pas conduire, pour tout dire), faisant tous mes déplacements en transport en commun et étant sans doute catégorisé par les râleurs ci-dessus – à tort ou à raison ; je m’en contrebalance en fait – dans cette catégorie imaginaire dite des "écolo-bobo-gauchistes", je me réjouis de cette journée...

(La description qui suit fera sans doute un peu fleur bleue mais elle est néanmoins globalement exacte.) À la sortie de mon appartement en ce tout début d’après-midi, le bruit habituel des voitures est remplacé par celui des enfants qui jouent dans les rues, avec leur ballon ou leur skateboard, ou par les discussions de quelques familles à vélo. Ça ressemble presque à un album de Quick et Flupke : les rues de Bruxelles avec seulement quelques voitures, ça fait forcément un peu rétro. 

Plus qu’une lutte contre la pollution, cette journée est surtout celle de la réappropriation de la voie publique par d'autres types d’usagers, une journée où la ville est métamorphosée, revêt d'autres habits. Bref, c’est lors de cette journée sans voiture qu’on se rend réellement compte de l’omniprésence de la bagnole durant les journées avec voitures (presque tout le temps donc).

* * *

Je rejoins Léandra à la Maison du Peuple de Saint-Gilles (repère de bobos ?) vers 13 heures. L’idée n’est pas de rester plantés là ce dimanche, mais plutôt de profiter de la ville exceptionnellement piétonne. Léandra doit juste, avant de partir pour le Centre-ville, préparer sa leçon de demain (elle donne bénévolement un cours de français le lundi soir dans une asbl d’alphabétisation, la même que Charles-Henri). Quant à moi, je dois écrire ma journée d’hier. C'est un peu loupé et pour Léandra et pour moi (nous ne sommes pas très concentrés). Léandra rentre rapidement se changer chez elle. Je reste un peu seul à ma table puis la rejoins vers 15h30 à l'entrée du métro de la Porte de Hal. Pas de chance : il commence à pleuvoir plus ou moins à ce moment-là (du genre "grosses gouttes automnales qui mouillent bien").

Nous allons faire un tour Place Poelaert. Léandra se souvient que l’année dernière, ils avaient installé une pelouse, là-bas. Rien de tout ça cette année-ci devant le Palais de Justice : juste un peu de musique FM, un stand de prospectus et quelques trucs à bouffer. Nous ne nous éternisons donc pas et décidons de nous rendre dans le Centre-Ville à pied. Plein de gens attendent à l’ascenseur des Marolles. Bruxelles, ce n’est ni Londres, ni Montréal : la plupart des habitants sont des gros bœufs impolis pour qui le concept de file d’attente n’existe pas. Comme dans les métros, c’est donc "premier entré, premier servi". Évidemment, comme d’habitude, ça m’énerve de voir que des gens tentent de nous dépasser par la gauche et par la droite.

Arrivés du côté d’Anneessens, nous allons manger chez... McDonald's™ (ha bon ?), puis nous marchons jusqu’à la Place De Brouckère pour voir s’il s’y passe quelque chose. Réponse : non, il ne s'y passe rien. Demi-tour vers la Place Fontainas et le Moeder Lambic, où ce week-end la brasserie propose un festival de bières. Le concept : une vingtaine de pompes contenant de la bière produite par une micro-brasserie californienne du nom de Stone Brewing Co. (5 euros la consommation : ah ouais, quand même !). En réaction aux bières commerciales de plus en plus sucrées et/ou fruitées, les brasseries "artisanales" proposent des bières de plus en plus amères. La preuve avec la première bière que j'ai goûtée, portant le doux nom d'Arrogant Bastard Ale, une "presque brune" à 7,2% d'alcool, très originale mais à l'amertume prononcée. Léandra prendra une "ale" blonde, amère également mais quand même vachement moins que la mienne. Deuxième verre pour ma part : La Stone Cali-Belgique IPA (IPA signifie "India Pale Ale" dans le jargon de la bière anglo-saxonne), une bière extrêmement houblonnée, qui sent délicieusement bon, brassée à partir de malt d'orge d'origine belge. Le serveur, qui aime bien parler avec les clients et expliquer les différentes sortes de bières (c'est clairement le genre de la maison) me dira que l'orge vient de la brasserie Dupont (les producteurs de la fameuse "Moinette" et "Saison").

Si Léandra et moi sommes au Moeder Lambic, c'est aussi pour y voir Daniel, son nouveau "grand pote". C'est la première fois que je vois ce type. C'est un grand gars du genre barbu et cool, qui frime un peu en arrivant en rollers (bon, d'un autre côté, c'est la journée sans voiture, alors pourquoi pas ?). Daniel travaille dans l'infographie. Sur Foursquare (je ne sais même pas ce que c'est ; je dois passer pour un abruti), il est maire du Moeder Lambic Fontainas, ce qui signifie qu'il est, d'après ce jeu, celui qui a cumulé le plus de "check-ins" à cet endroit durant les derniers mois. Il connaît tous les serveurs de la maison (normal : c'est le maire). Dans la vie, en plus de son boulot de graphiste, Daniel photographie des groupes musicaux. Ce dimanche, il revient des Fêtes de Wallonie à Liège (et se fout d'ailleurs un moment de l'accent liégeois en racontant l'histoire – vraie – d'un gars bourré à qui son ami voulait absolument faire manger un "routier"). À Liège, il a notamment assisté au concert du groupe bruxellois Great Mountain Fire. (Ça commence à faire beaucoup d'hyperliens, tout ça...)

Andrew arrive en début de soirée, un peu en retard : il croyait que nous étions à l'autre Moeder Lambic, à Saint-Gilles. Daniel s'en va, Léandra s'en va (plus tard), Andrew et moi rejoignons Walter à Saint-Gilles. L'idée d'Andrew : aller manger dans le restaurant italien près de Louise où le patron s'est "plaint" auprès de ses parents (des habitués de l'endroit) de ne plus voir leur fils. Ce sera, à coup sûr, le dernier restaurant que je ferai ce mois-ci. Le resto est très "italien", et très fréquenté. Nous devons attendre pour avoir une table, dans un coin. Certains serveurs ne parlent pas français, ou très peu. Un de ceux-ci est du genre Roberto Benigni ou Pierre Richard, dans le sens où il a l'air complètement paumé, se plante dans les commandes, raconte n'importe quoi. Bref, du grand burlesque. Le patron, quant à lui, ressemble curieusement au Juge Phelan dans The Wire.

La discussion tourne à un moment autour de Leslie Nielsen et des films de ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker) : la fameuse scène de sexe avec les préservatifs géants ou celle de la poursuite en voiture d'auto-école dans Naked Gun ; ou encore la scène où le lieutenant Rex Cramer lutte contre des Témoins de Jéhova et d'autres sectaires dans Airplane! Je finis par parler de Top Secret, un film méconnu des mêmes auteurs, qu'il faut absolument voir !

La soirée se termine tôt. Walter me reconduit en voiture. Je veux écrire et puis, euh, non. Pas le courage. Ce sera pour demain dans le train !

vendredi 9 septembre 2011

La veilleuse aux lapins nocturnes

Je ne travaille pas aujourd’hui, comme c’est souvent le cas en fin de semaine. Le vendredi à mon boulot, nous devons juste prester une matinée et ça m’emmerde royalement de me lever aux aurores, de me taper trois heures de transports en commun (quand tout va bien) pour une seule demi-journée. Je me réveille en fin de matinée et propose à Léandra d’aller manger avec elle, à la Focaccia, la terriblement bonne sandwicherie juste à côté de son (bientôt ancien) boulot. Aujourd’hui, je testerai leur sandwich de la semaine : une ciabatta au rosbeef, avec oignons frits croustillants et sauce tartare.

Léandra a un moral en dents de scie (rien de nouveau). Ce midi, elle est dans le creux de la scie – ou plutôt de la vague. La raison principale : son pote Daniel (celui avec qui elle ne se voyait pas sortir il y a quelques semaines) a une copine. Le raisonnement tordu, forcément de Léandra, dans les très grandes lignes, est le suivant : "Je n’étais pas spécialement intéressée par lui, mais ça m’énerve de savoir qu’il n’est peut-être pas, lui non plus, intéressé par moi". Elle est donc un peu jalouse qu’un mec avec qui elle ne voulait pas sortir sorte avec une autre. Bigre ! À cela, il faut sans doute rajouter le très imminent départ de Zapata pour les Amériques. Sept mois sans le voir, ça va faire beaucoup pour son petit cœur.

Léandra me parle également de sa soirée d’hier avec Vincent et ses amis, et aussi d’une coïncidence amusante : en regardant sur le profil Facebook de ce dernier, elle croit avoir trouvé une photo de lui en compagnie d’Amy, la compagne de Zapata. Après m’avoir envoyé la photo, je confirme qu’il s’agit bien d’Amy. L’enquête suit son cours.

* * *

Je prends le train pour aller chercher Gaëlle à son école à Namur. Rien à signaler sur le trajet : pas de déviation par la campagne flamande prévue aujourd’hui. J’arrive tôt dans la capitale wallonne (hum) et j’attends la sortie des cours, comme souvent, au café "Le Flandre", en face de la gare.

Plus tard, sur le trajet de retour vers la gare de Namur avec ma fille, je décide de me rendre dans un magasin de jouets, pour lui acheter un jeu d’apprentissage des lettres (elle est en plein dedans, depuis la rentrée scolaire) ainsi qu’un cadeau de son choix. Juste pour me faire du mal, je monte à l'étage regarder les beaux plateaux d'échecs et les globes terrestres, dont un, dans le style "rétro/classique", représentant le monde à l'époque moderne  bave à la commissure des lèvres.

Gaëlle lorgne vers une jolie veilleuse, représentant la nuit, avec des lapins et d’autres animaux qui font la fête. C’est un peu cher, mais ma fille possède une excellente mémoire (du moins je pense car je n’ai pas vraiment de comparatifs) et me dit : "Avec Léandra, dans un autre magasin de jouets à Bruxelles, tu m’avais dit que tu m’achèterais une veilleuse plus tard". Totalement exact. C’était à la fin du printemps, je pense... On repart donc vers la capitale (tout court) avec un jeu didactique, la veilleuse et une bague à 3 euros (que Gaëlle perdra trois heures plus tard au grand magasin Match près de chez moi).

La veilleuse est vraiment très jolie, c’est vrai. En l’installant, j’apprends un truc tout con, à savoir qu’elle se met à tourner après un moment seulement, grâce à la chaleur dégagée par la lampe.

* * *

Le soir, ma fille et moi rejoingnons Emily et Walter au Parvis de Saint-Gilles, pour manger un couscous aux Mille et Une Nuits. Gaëlle se lie d’amitié avec une petite fille de la table d'à côté. Elles dansent, courent dans tous les sens, jouent à cache-cache, gênant parfois le passage des serveuses, qui ne disent rien et qui rigolent de la situation.

Walter veut absolument téléphoner à Andrew et Léandra pour savoir s’ils font un "after" après leur théâtre. Après nous avoir déposés à mon appartement, Emily et Walter continueront vers le cimetière d’Ixelles.

De retour chez moi, je lis une bande dessinée du Petit Spirou à ma fille pour l’endormir (tu parles !), puis la laisse jouer toute seule dans sa chambre. J’ai la gorge enrouée, je suis fatigué... Je m’endors en quelques minutes (et je prends du retard dans l’écriture de ce journal, du coup).

Dans le genre "je n'ai rien d'intéressant à raconter", cette journée n'était pas mal, je trouve.
Pour ma journée de demain, c'est Léandra qui prendra la plume ici-même (et inversement). Voilà qui risque de changer un peu la donne.