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mardi 22 janvier 2013

Forage de boule

Forage de boule, prologue. — « Comment est-ce possible ? », me demande Lodewijk, interloqué, « Comment est-il possible que toi, qui déclares n'avoir aucun problème à prendre la parole en public [j'ai réussi à faire gober cette énormité à tout le monde, y compris à moi-même], puisses être à ce point angoissé par la simple idée d'aller faire forer ta boule de bowling ?
— C'est que... Hem... C'est difficile à expliquer, lui réponds-je. J'ai peur d'être complètement ridicule, avec cette boule que je sais à peine tenir en main... J'imagine que ce professionnel va me poser plein de questions techniques auxquelles j'aurai le plus grand mal à répondre, ou bien qu'il va me demander de l'essayer sur la piste et qu'ils vont tous rire de moi... »
Je pense que je parais plus stressé devant mes collègues que je ne le suis réellement. Par contre, je cerne parfaitement le problème qui me tenaille : mon absence totale de maîtrise. J'angoisse dès que je perds la maîtrise, ou plus précisément : dès que je sais pertinemment que je n'ai strictement aucune maîtrise. (En fait, ce qui me donne cette nausée très particulière, c'est avant tout le fait de remettre mes propres capacités entre les mains d'autrui — d'apprendre autrement que confortablement installé dans le nid douillet de l'autodidaxie.)

Armstrong. — « Tsss... », se lamente mon libraire des Guillemins en lisant le journal, « Il va encore se faire du fric avec tout ça !
— Qui donc ?
— Lance Armstrong ! Il va encore toucher des droits, avec ce film qu'on tourne sur lui. Typiquement les Américains, ça... Ils sont comme ça... C’est comme pour la Lune !
— La Lune ?
— Oui, la Lune ! Moi, je n’y crois pas une seule seconde, à cette histoire de Lune : je ne crois pas qu'ils soient réellement allés sur la Lune. Je suis comme saint Thomas : je ne crois que ce que je vois. »
(Va-t-il enchaîner sur l'utilisation de la trompette dans le jazz ? Non. Dommage...)

Forage de boule. — Je l'aime bien : il est du genre passionné, pince-sans-rire, circonspect et méticuleux. Il m'explique qu'il veut « renverser toutes les quilles », faire un strike dans le monde conservateur du bowling professionnel belge (il n'a pas utilisé de telles expressions, mais celles-ci n'ajoutent-elles pas un petit côté « épique » à sa parole ?) : la Fédération ne veut apparemment rien entendre des nouvelles techniques, mais ce gars continue tout de même de s'élancer sur des pistes originales et bien huilées, convaincu qu'il s'agit de la bonne façon de progresser ! Et un jour prochain, en Belgique, surgira une nouvelle génération de professionnels du bowling qui utiliseront cette technique-, apportée par un coach d'outre-Atlantique. Ses yeux brillent quand il en parle : « Le bowling, c'est toute ma vie ! » — Dans la boutique, des vétérans s'amusent à me faire peur : « Il va devoir te couper les doigts pour les faire entrer dans la boule ! » ; « Au début, tu vas souffrir : ton pouce va devenir calleux et ton majeur et ton annulaire vont grossir et se muscler ! » ; et la pire de toute : « Si tu commences à vraiment jouer au bowling, tu ne pourras plus jamais t'arrêter. Ce jeu, c'est une drogue ! » (Ça, je le savais déjà : il existe très peu de joies supérieures dans ce bête monde que celle de voir dix quilles se renverser dans une terrible explosion contrôlée.) — « Comment voulez-vous que je fore le pitch ? Normal ? Latéral ? », me demande-t-il. Face à ma totale incompréhension, il transforme sa question : « Voulez-vous jouer "comme ça de temps en temps" ou bien suivre un apprentissage ? » Réponse n° 2. « Alors, je vais directement vous faire les bons trous. Vous serez beaucoup moins vite limité dans votre progression ! » « Et vous connaissez un bon professeur pour les débutants ? » Toujours ce regard circonspect lorsqu'il me répond : « Oui. Moi. » 

Cambriolage. — Grand sourire : « Ha ha ! Je t'y prends ! Cette table est remplie de délicieux desserts ! » Je me défends : « Ha ! Mais ce n'est pas moi, non, non ! Sinon, ça va bien ?
— On fait aller ! Je viens d'être cambriolée...
— Ha bon ? Et tu étais absente à ce moment-là ?
— Non, c'était la nuit. On dormait. Mon copain m'a avertie que le chat miaulait dehors et c'est à ce moment qu'on s'en est rendu compte. »
(Trois informations à ingurgiter d'un coup : elle a vécu un cambriolage, elle a un chat et elle a un copain.)

Explosions soniques ? — Tram de retour. Je n'ai pas pris le temps de noter avec précision cette discussion toute proche sur le groupe Arcade Fire et ne me souviens hélas pas de tous les détails croustillants. Il était question de « nappes d'explosions soniques » et de « superbe développement des orgues ». Explosions soniques ? Comme à chaque fois, j'ai l'impression que ces gens n'ont pas écouté la même musique que moi

jeudi 25 octobre 2012

Je suis un habitué !

HAMILTON ! Il faut écrire : « J'ai été en demander un » avec « er », et non « demandé » avec « é », bordel de merde ! — Voilà, voilà, c'est corrigé, pas la peine de s'énerver !

De ces deux calamités, je ne sais quelle est la pire : que je ne puisse m'empêcher de relire constamment ce que j'ai écrit ou que j'y trouve encore d'énormes fautes.

Quel dommage que je ne puisse rencontrer tous ces gens, si ce n'est à travers les livres ! (Lorsque j'étais adolescent, la seule pensée que Frank Herbert était mort me rendait extrêmement triste.)

Sur Wikipédia, la photo de leur pierre tombale me nargue ! —  Leur mort est un affront ; ce qu'ils ont laissé une consolation.

C'est pourtant vrai que nous sommes le plus souvent voués à l'oubli le plus total si nous participons à l'œuvre de notre temps !

On ne devrait tirer aucune fierté d'avoir fait l'université mais au contraire en être profondément désolé : « Oui, j'ai pensé à un moment de ma vie qu'il serait intéressant d'étudier (?) pendant six ans dans les bas étages de cette tour d'ivoire... Mais je suis tout de même un mec bien, faut pas croire ! »

L'intérêt des études en histoire médiévale résidait principalement dans le contact privilégié avec de très anciennes sources écrites. Récupérer la petite enveloppe que l'archiviste bourru amenait sur un petit chariot à mon intention, l'ouvrir et déplier soigneusement ce parchemin vieux de plus de sept siècles expliquant, après moult circonvolutions, que Charles, comte de Luxembourg, approuve sans réserve la vente des terres et châteaux de Mirwart et Poilvache, faite à Marie d'Artois par feu son père Jean de Bohème (etc., etc.), voilà qui était particulièrement excitant !

Étudier l'histoire médiévale permet de changer d'air. Se plonger dans le Moyen Âge est aussi dépaysant que remonter l'Orénoque en canoë.

Mary II, la serveuse de la Maison du Peuple, est de retour. Je lui commande une troisième livraison de jus de framboise frais ainsi qu'un café. Au moment de payer, elle se dirige vers la caisse enregistreuse et tape à l'aide de l'écran tactile le mot « HABITUE », puis elle me lance : « Je t'offre le café ! » — Je suis un habitué, youpie !

Le nouvel album de Grizzly Bear, Shields (sorti le 18 septembre 2012), ferait clairement partie de ma sélection des dix meilleurs albums rock de l'année si jamais j'avais eu dans l'idée d'établir une pareille liste (ce qui n'est pas le cas). Mention spéciale à l'énigmatique, paroxystique et pénultième chanson de l'album, « Half Gate ».

samedi 7 juillet 2012

L'amertume du canari

Léandra et moi nous asseyons à la terrasse de la Maison du Peuple. Elle me montre son nouvel appareil photo : un bridge. « Ouais, je sais, toi tu n'aimes pas trop les bridges ! », me lance-t-elle. Je n'ai encore rien dit, mais il est vrai que, pour en avoir reçu un en cadeau d'anniversaire il y a des années, je ne suis pas un fanatique de cette gamme hybride coincée entre le compact et le reflex.

Un bridge, c'est un peu comme un ornithorynque. Queue de castor, bec de canard et pattes de loutre ? Non : assemblage hétérogène et contre-nature.

« Oh, mais c'est un objectif Leica tout de même !
— Oui, et il y a un zoom de malade. Tiens, essaie !
— Mazette ! Un zoom optique 24x !... Et avec un bon stabilisateur ! »
(Ha, ces progrès que l'on fait constamment en optique...)

« Tu peux jouer sur la profondeur de champ en modifiant l'ouverture du diaphragme... Plus la valeur ici est petite, plus le diaphragme est ouvert et plus la netteté de l'image est réduite dans l'espace...
— Romain m'a déjà expliqué tout ça plusieurs fois, mais à chaque fois j'oublie !
— Là, par exemple, je vais te photographier en laissant l'arrière-plan flou. Ha ben merde, ça ne marche pas ! »

Si je vois Léandra aujourd'hui, c'est aussi pour l'échange : je lui rends son petit ordinateur portable et elle me passe, en attendant, son vieil ordinateur dépourvu de batterie, dont le ventilateur, faisant autant de bruit qu'un système de ventilation d'une salle informatique des années soixante, énerve apparemment tellement Jonas, le puriste linuxien, que ce dernier en soupire de mécontentement à chaque fois qu'il voit la bête. Léandra me prévient : « Il faut beaucoup de temps pour le démarrer. Souvent, je le laisse branché pour ne pas avoir à le rallumer. Et j'ai rien nettoyé, hein... Il y a plein de trucs assez personnels sur le bureau... » ― Je suis curieux de nature mais j'ai sans doute trop de conscience morale pour essayer de chercher activement les « trucs assez personnels ».

Léandra part demain, seule, à Marseille avec son ornithorynque bridge récemment acquis. Elle logera à L'Estaque, le quartier portuaire peint à de nombreuses reprises par Cézanne.

Mary, deuxième du nom, est à nouveau de service au bar. Si elle avait disparu de la circulation depuis plus d'un mois, me dit-elle, c'est parce qu'elle préparait ses examens d'architecture à La Cambre... A-t-elle réussi ? Je ne sais pas, j'ai oublié de lui demander... Mais elle continue de sourire en tout cas !

« Chez mes parents, j'ai regardé une émission sur les aquariophiles, me raconte Léandra.
— Ha ?
— Y a des Européens qui vont jusqu'en Thaïlande pour acheter des poissons combattants !
— Ha.
— Là-bas, le combat de cette espèce de poisson est un vrai sport national... Ils mettent deux Combattants dans un petit bocal et les deux poissons commencent par se tourner autour... Ensuite ils s'attaquent en s'agrippant par la bouche, parfois pendant très longtemps, jusqu'à ce qu'un des deux ne meure. C'est celui qui a la mâchoire la plus développée qui survit.
— Bigre ! »

J'explique à Léandra : « Quand j'étais petit, on avait un canari à la maison. Un jour, mes parents l'ont mis dehors, au milieu de la terrasse, dans sa cage... Soudain, une buse s'est précipitée sur lui : depuis le ciel, elle avait vu la petite proie ― ça a une de ces vues, ces animaux-là ! ― mais pas la cage, qui est tombée lourdement par terre... La buse fut surprise et s'en alla, et le canari fut sain et sauf... Mais plus jamais il ne chanta comme avant ! Il devint aigri et mourut quelques mois plus tard... » (Je me demande jusqu'à quel point ma mémoire est fiable à ce sujet : plus tard, ma mère confirmera l'histoire de la buse, mais ne se souvient absolument pas du reste.)

« Je suis allée voir avec Jonas à la Cinematek un vieux film japonais intitulé La Femme des sables... L'histoire d'un gars, du genre "scientifique", qui fait une pause dans un village en plein désert. Les habitants l'hébergent pour la nuit. Ils le font descendre à l'aide d'une échelle dans une des maisons, où vit une femme seule. Le lendemain, il se rend compte que l'échelle a disparu et qu'il est prisonnier... » Léandra se contrefiche de garder secrète l'intrigue et me révèle donc la fin du film. Ça me donne envie de le voir !

Certaines personnes seraient-elles toxiques ? Entraîneraient-elles les autres dans leur sillage personnel fait de tristesse, de déprime, de mauvaise humeur et de misanthropie ? ― Je n'en sais rien mais si la chose est humainement possible, je dois avoir un très haut taux de toxicité ! (Et c'est que j'en serais fier, en plus...)

Mais peut-être est-ce justement l'inverse ? En me lisant, peut-être certains se disent-ils avec bonne humeur : « Eh bien ! Je croyais être mal en point, mais regarde donc celui-là ! »

Je suppose que pour de nombreuses personnes sensibles, Cioran constitue le comble de la toxicité.

Mais j'ai lu quelque part que le philosophe roumain, pourtant si désabusé et pessimiste dans ses écrits, aurait été dans la vie de tous les jours d'un abord très agréable, voire joyeux. Si c'était effectivement le cas, quoi de plus naturel, tout bien réfléchi ?

Jamais nous ne sommes obligés de lire quoi que ce soit ; par contre, nous ne décidons pas toujours spécialement de nos rencontres physiques. ― Ne pas avoir peur d'être toxique/pessimiste par écrit, mais se retenir dans les contacts sociaux ?

Le soir, je fais croire à Gaëlle que je ne la vois pas. Comme tous les petits enfants, mi-amusée, mi-apeurée, elle tente d'attirer mon attention par des gestes, des touchers, des appels. À la fin du jeu, je lui demande : « Croyais-tu que tu n'existais plus ? » Pour toute réponse, elle me montre sa main droite (!) et me dit : « Non, je savais très bien que j'existais, car je voyais encore ma main ! » (Elle reprend sans le savoir l'argument de G.E. Moore dans Preuve d'un monde extérieur.)

Des groseilles et des framboises ! Donnez-moi des groseilles et des framboises par milliers et je serai le plus heureux des hommes ! (Et de la rhubarbe aussi, si possible.)

lundi 7 mai 2012

Fin alternative

« Nous assistons à l'effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le plus surprenant, c'est que la plupart des gens ne s'en aperçoivent pas et croient marcher encore sur un sol ferme. »
(Rosa Luxemburg, Lettres de prison, 1916-1918.)

Gare de Bruxelles-Midi, le matin. — Rectification : contrairement à ce que j'affirmais dans cet article, Epiphany, navetteuse Bruxelles-Liège, se promène toujours en ce moment avec un sac à dos Quechua rouge (et gris). C'est sans doute ce même sac que Yama a récupéré sur la banquette pour le lui redonner, alors que la petite Epiphany l'avait négligemment oublié, un jour de fatigue sans doute. Les pièces du puzzle du train de 7h24 se mettent petit à petit en place !

En parlant de pièces du puzzle : une des autres navetteuses régulières, la brune assez mystérieuse, froide et renfermée qui lit toujours des trucs intéressants et dont une photo d'enfance a semble-t-il orné les murs de la Maison du Peuple (mais c'est une autre histoire), cette navetteuse donc se balade aujourd'hui avec un sac à l'effigie de Rosa Luxemburg reprenant une citation en allemand de celle-ci (un court texte sur la révolution). Je suis certain que cette navetteuse-là est d'une grande intelligence et très cultivée, mais je ne connais même pas son prénom !

Citation. — Tant qu'à mentionner la militante révolutionnaire allemande, une autre citation, qui résume à merveille la différence entre la démocratie de pacotille dans laquelle nous vivons et un véritable changement radical de système politique : « Quiconque se prononce en faveur de la voie des réformes légales, au lieu et à l'encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente, conduisant au même but, mais un but différent, à savoir, au lieu de l'instauration d'une société nouvelle, des modifications purement superficielles de l'ancienne société (...), non pas la suppression du salariat, mais le dosage en plus ou en moins de l'exploitation. » (Réforme sociale ou révolution ?, 1899.) ♥

(D'autres citations sur le site de La Toupie.)

Fin alternative. — Écoutés aujourd'hui durant le trajet de retour : deux morceaux du groupe de post-rock Our Last Hope Lost Hope. Le premier, « Godsstation », est une mélodie longue et tranquille. Le second, « Alternative Ending », constitue au contraire une très courte envolée. Le second est la continuation directe du premier une fin alternative, comme son titre l'indique.

Le héros de ce diptyque musical sans parole pourrait être un homme à la vie monotone, ennuyeuse, horizontale, qui se rend compte tout à coup, mais peut-être trop tard, qu'une alternative flamboyante est/était possible : une montée verticale fulgurante, brève mais beaucoup plus intense que tout ce qu'il a vécu jusqu'alors. L'homme marche lentement dans la rue puis, sans raison, force le pas et finit par courir très, très vite... jusqu'à s'envoler ; ou bien : il croise une inconnue dans une foire et, plutôt que de continuer son chemin en baissant les yeux, l'emmène faire un tour de montagnes russes. — Quelque chose de ce genre...

Alternative Ending by Our Last Hope Lost Hope on Grooveshark

Mary II. — J'ai appris indirectement que la sympathique serveuse de la Maison du Peuple s'appelle Mary. Ça lui va bien, je trouve. (Pour éviter les confusions avec Mary première du nom, je la nommerai ici Mary II.) Aujourd'hui, lorsque j'arrive au bar, elle me fait un grand sourire et me sort : « On est à court de tickets Wi-Fi ! Tu as tes réserves ? » Oui, oui, j'ai mes réserves...

« Les nouveaux socialistes. » — J'écris dans un coin, tout au fond du café. En fin de soirée, un homme vient s'asseoir au bout de la longue table en face de la mienne. Il remarque qu'un verre à peine entamé y est posé et me demande si la place est libre. « Je pense que oui, lui réponds-je. Le propriétaire du verre est apparemment parti sans le boire... » Je me replonge dans l'écriture de ma soirée de dimanche. Peu de temps après, l'homme se remet à parler. Il dépose son ordinateur portable sur ma table et me montre un article de presse américain sur « Mr. Pudding » : « Lisez ça, me dit-il, c'est comme ça qu'ils surnomment Hollande aux États-Unis... Mais leur analyse est intéressante. La presse là-bas est clairvoyante : elle ne le prend pas pour un guignol... »

Je discute avec lui pendant une dizaine de minutes, de la Grèce, du changement politique en France, etc. Il a une vision optimiste des événements. Je l'écoute sans l'interrompre. C'est assez comique, si je puis dire, car je suis justement en train d'écrire un article pour le moins pessimiste sur ce genre de « choses ».

Il parle de François Hollande comme un des représentants des « nouveaux socialistes », en opposition à DSK et à tous ceux qui, à gauche, se sont compromis avec le monde financier... Je ne suis pas convaincu que la différence soit si grande, mais je n'y connais pas grand chose. Sur la montée de l'extrême droite, il me dit : « Il ne faut pas s'en faire. L'être humain, naturellement, n'est pas raciste. » — Je lui réponds que ce n'est pas tant une question de racisme que de désignation d'un bouc émissaire en temps de crise... (Qu'est-ce que le naturel vient faire dans ce débat ?)