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dimanche 2 décembre 2012

Devinette n°69bis


Pokémon, 3. — De retour chez mes parents à midi, Gaëlle m'accueille à bras ouverts, extrêmement enthousiaste : « Papa ! Papa ! J'ai bien avancé dans Pokémon ! Je suis arrivée beaucoup plus loin ! J'ai capturé plein de nouvelles sortes de Pokémons ! Tu veux les voir ? Tu viens voir ? » Elle est devenue complètement accro à ce jeu en à peine deux jours. Elle sait utiliser la plupart des menus tactiles, choisir ses créatures selon les adversaires qu'elle rencontre, voyager dans les différentes villes, etc. Difficile de la faire décrocher... Mes parents ont fini par lui imposer des horaires pour la forcer (gentiment) à pratiquer d'autres activités : dessins, jeux de société, lancer de chats... — Oui, mais si cette petite fille tient de son père, l'addiction aux jeux vidéo ne fait que commencer.

Parents adolescents. — Chez ma grand-mère, à la pause café de l'après-midi. Quand Lyric (le gentil copain calme et posé de ma petite-cousine Chelsea) parle de ses parents, j'ai l'impression d'assister à une inversion des rôles ; d'entendre un père parler de ses deux enfants insupportables en pleine crise d'adolescence : la mère déprime, se morfond et pleure comme une petite fille dès le moindre problème avec son compagnon (un sculpteur taciturne) ; quant au père, il se déguise en jeune motard cool et se vante auprès de son fils de ses très nombreuses conquêtes féminines. Chouette famille !

Hantés par les devinettes. — Je suis à la Maison du Peuple de Saint-Gilles, comme tous les dimanches soirs ou presque, en compagnie de Léandra et d'Andrew. Léandra nous offre un verre puis les deux se rendent pour la troisième fois au Centre culturel Bruegel, rue Haute (voir ICI et ), afin cette fois-ci d'assister à une session de contes québecois. Deux heures plus tard environ, ils me retrouvent à la même place. Nous parlons des devinettes visuelles. Andrew est très bon à ce petit jeu et il a aussi d'excellentes idées de réalisation : « Tu mets Bernard-Henri Lévy en train d'attendre sur un quai de gare, et ça donne "Léviathan" !
— Ooooh, bravo ! Celle-là est vraiment très, très jolie ! » 
Mais Léandra, véritable vétérane des devinettes visuelles, n'est pas en reste : « J'en ai une très belle : tu prends George Bush (par exemple) et tu lui mets un flingue dans les mains, ça fait "Georges Braque" !
— Ha-ha ! Oui, elle est géniale aussi, celle-là !
— Je ne sais vraiment pas expliquer comment toutes ces idées me viennent à l'esprit. »
Je ne sais pas non plus. Tout au plus puis-je dire et je pense que Léandra serait d'accord qu'il existe une sorte de « mode de pensée "Devinettes visuelles" » durant lequel le cerveau (quel magnifique organe tout de même !) est particulièrement alerte à toute forme de jeux de mots et d'images. Pas besoin de s'attabler à un bureau avec un crayon et une feuille car ce mode peut atteindre sa pleine puissance dans de nombreux endroits insolites : dans un tram, dans un restaurant, dans un lit et j'en passe...

dimanche 13 mai 2012

Les petits paragraphes dominicaux (1)

Rêve de foie. — Un rêve au milieu de la nuit de samedi à dimanche : je suis devant un médecin généraliste inconnu (une femme, je pense) et me plains d'élancements au niveau du côté droit du ventre. Je demande au médecin : « C'est le foie ? » Elle soulève mon tee-shirt et enfonce vivement son index dans un repli de peau, exactement comme Panoramix (et d'autres) sur le pauvre Abraracourcix dans Le Bouclier arverne. Je hurle de douleur. Elle me dit : « C'est la vésicule biliaire ! » Je lui réponds (car je manque de fantaisie, même dans mes rêves) : « Impossible ! Je n'ai plus de vésicule biliaire ! On me l'a enlevée en octobre ! » Elle insiste : « C'est à coup sûr la vésicule biliaire ! » Je lui redemande si ça ne peut pas être le foie, mais elle est catégorique : « Non, c'est la vésicule biliaire ! Regardez ! », et elle appuie à nouveau au même endroit... et je me remets à hurler... C'est à ce moment que je me réveille... Je touche mon ventre pour me rassurer... Pas la moindre douleur... (Détail amusant : entre « foie » et « folie », il n'y a qu'une lettre de différence.)

Rami. — Ma mère et moi-même apprenons le rami (version simplifiée) à Gaëlle. Il était temps ! Il est impératif qu'elle sache jouer aux cartes, au moins au rami et à la belote. Ces deux jeux-là font partie de la vie familiale depuis longtemps. Franchement, à quoi seraient vouées les nuits chaudes du mois d'août à la campagne sans la belote avec l'oncle, le cousin et l'un ou l'autre parent ?

Kerokko Demetan. — Non, mais v'là-t-y pas qu'il demande un vin blanc à ma mère, comme si de rien n'était. Chez moi. Dans le jardin de la maison familiale. Je reste en retrait avec ma grand-mère, ma tante, ma cousine et son compagnon, en l'ignorant complètement. (Plus tard, au moment d'écrire ce texte, j'y réfléchis et je me dis que c'est moi qui ai clairement un problème.)

Dialectique muette. — Jamais je n'oserais exprimer dans un blog, ni même dans un journal intime cadenassé, les pensées qui parfois me traversent l'esprit. Certaines dialectiques (ici un choix entre telle et telle action) me semblent tellement radicales qu'elles ne peuvent que rester sous silence. Mais alors, pourquoi l'écris-je ici à demi-mot ?

Mur. — Vus aujourd'hui (et presque tous les jours, de plus en plus souvent) dans les stations de la STIB : des gens qui montent sur le portail d'entrée et l'enjambent pour éviter de payer leur trajet. — Conclusion : construis un mur et tu créeras par la même occasion la population de ceux qui voudront le franchir. Ceci est valable dans de nombreux domaines : militaire, informatique, médiatique, mental, etc. (Idée à creuser, pour une prochaine fois.)

Libre-service. Jeudi dernier, je donnais à la propriété intellectuelle la définition suivante : « absurdité sans nom ». La question qui suit presque directement cette définition est (du moins me semble-t-il) : « Et toi ? Tu aimerais que quelqu'un vienne sur ton blog, en pique tout ou partie de son contenu et le publie "autre part", sans mentionner que tu en es l'auteur ? » — À moins de me contredire sur toute la ligne, il ne peut y avoir qu'une seule réponse à cette question : je n'en ai strictement rien à battre que quelqu'un reprenne mes textes et les recopie pour sa propre pomme. Les deux seules opérations qui me mettraient vraiment en rage sont : 1) que quelqu'un en tire du fric (même si je ne sais trop comment) ; 2) que quelqu'un modifie ou raccourcisse mon propos tout en continuant à m'en attribuer le sens. (Dans les autres cas, je regarderais sans doute la démarche d'un air moqueur, en me disant que celui ou celle qui publie mon texte en s'en attribuant tout le mérite manque cruellement de personnalité.)

lundi 8 août 2011

Gaëlle dessine l'univers

Cette nuit, dans mon lit de fortune, chez mes parents, j'ai une pensée émue et presque gênée pour les trois amis que j'ai abandonnés hier soir avec leur vélo et leur pauvre petite tente dans un champ de blé. Il pleuvra une grande partie de la nuit. Pas du genre "petite bruine ridicule" mais plutôt "grosse pluie orageuse qui dure". Lorsque j'envoie un message à Tom cet après-midi pour lui demander si la nuit n'a pas été trop pluvieuse, il me répond : "Que nenni ! Juste vachement très très humide... Mais on sèche au grand vent". C'est lui tout craché, ça : un sportif tout-terrain, qui a déjà fait (en mécréant) le pèlerinage de Lourdes et les montagnes du Ladakh. Il faudra bien plus qu'un "petit crachin" pour qu'il arrête son "fietstrip"... Les deux autres sont plus ou moins de la même trempe (sans mauvais jeu de mots).

Aujourd'hui, pas grand chose à raconter. Je passe la journée en compagnie de ma fille Gaëlle. Je joue avec elle au jeu de dames : elle s'améliore vite au niveau de la stratégie, du style : "Je t'oblige à me manger un pion à reculons pour que tu ne fasses pas de dame" (elle a apparemment appris ça toute seule). Je lui montre "Google Earth" et "Google Sky". Elle dessine le soleil, Saturne (avec les anneaux et tout et tout...), et répertorie sur une feuille chaque galaxie et chaque étoile de haute magnitude (Bételgeuse, Rigel, Véga...) qu'elle rencontre. Elle joue une grande partie de la journée toute seule à créer des maisons pour ses schtroumpfs.

Sinon, il fait moche, moche, moche dehors. Je m'oblige néanmoins à sortir, en tee-shirt pour me faire croire qu'on est en été (ça ne marche pas). Gaëlle passe son temps dans la pelouse, tenant en main un plateau de jeu de société schtroumpf (encore eux !) que ma maman vient de lui offrir, jouant à chercher le village schtroumpf (elle a vraiment l'air d'y croire, elle est mignonne). Toute la famille prend le café dehors. La pluie tombe par intermittence, le vent souffle en rafale. Et dire que c'est bientôt la nuit des étoiles, merde ! Ma petite-cousine Chelsea et son copain (qui s'appelle Lyric comme l'autre) sont là. Ils ont passé trois jours complets ensemble. Ils sont assez mielleux et s'envoient des "Je t'aime" et des petits cœurs sur Facebook. Des adolescents... Ils s'entendent bien : souvent, ils n'ont pas besoin de se parler pour savoir ce que pense l'autre.

La nuit, retour à mon PC, à mon Orval pour recommencer à écrire (que faire d'autre de toute façon ?).