jeudi 3 novembre 2011

Les montagnes russes amoureuses de Léandra

Ce soir, je vais manger chez Léandra. Je reviens du boulot et je n'ai rien apporté : ni vin, ni bières, ni chips... Léandra : "Haaa, zut, mais je n'ai pas de bières pour toi, moi !". Elle ouvre son frigo, qui contient cinq bières spéciales et une bête Pils. Elle ne sait donc pas ce que contient son frigo. Cela dit, moi non plus je ne sais pas ce que contient mon frigo (si ce n'est pas grand chose)... Comme entrée, elle réchauffe une petite pizza qu'elle découpe en huit parts. Comme plat principal, des pâtes aux lardons et au pesto rouge.

Léandra n'est pas dans son assiette, elle est un peu malade. Quant à moi, j'ai le nez bouché et la gorge enrouée. Nous sommes tous les deux fatigués. Nous remettons donc la discussion prévue (l'organisation des "soirées causerie") à plus tard et parlons d'autre chose : elle, moi, les autres...

Un sujet de discussion : Jonas. Léandra est ressortie une troisième fois avec lui, mais c'est à nouveau fini. La relation n'a pas duré longtemps et n'a pas été très passionnée. Jonas n'est pas prêt, blablabla... Alors, Léandra attend et espère : "Il y a une chance sur deux pour que nous ressortions ensemble un jour. Pas spécialement tout de suite, mais un jour." Elle regarde souvent ses mails pour voir si elle n'a pas reçu de nouveaux messages. Bizarre : Léandra n'ouvre jamais sa boîte aux lettres physique (surtout par crainte des factures) mais elle n'arrête pas d'ouvrir sa "boîte aux lettres virtuelle"... Mais doit-elle réellement attendre autre chose que de sempiternelles tergiversations de la part de ce gars ? Elle l'espère, mais ce n'est pas gagné.

En attendant, le temps passe et Léandra a envie de fonder quelque chose de concret, un couple stable, et d'avoir un enfant (elle a déjà trouvé une série de prénoms et s'est même renseignée sur l'insémination artificielle)... De mon côté, j'échaffaude une théorie bancale sur le fait que Jonas est justement une sorte d'enfant qui ne sait pas ce qu'il veut, et que c'est justement ce que Léandra adore chez lui : quelqu'un qui a la force d'un enfant (imagination, réflexion hors cadre), mais qui du coup possède aussi ses faiblesses (immaturité, angoisses du monde et incapacité de construire quelque chose de solide avec quelqu'un d'autre). Mouais, c'est ça, Hamilton : analyse-toi toi-même avant d'analyser les autres...

Léandra voudrait repeindre son appartement...
– Si tu devais changer les couleurs, lesquelles choisirais-tu, Hamilton ?
– J'en sais rien. Je m'en fous un peu. J'aime bien les murs blancs.
– C'est important pourtant, de décorer son appartement.
– Ha.
– Ben oui. Tu devrais vraiment te forcer un peu et y réfléchir, pour toi aussi.
– Oui. Euh. Oh, moi, tu sais...
– Je mettrais bien du jaune, sur le mur de la cuisine, non ?
– Beuh... Euh... Moi, j'aime bien le blanc, le rouge et le noir, mais le noir, ça ne le fait pas trop.
– Gris, ce serait bien, là, non ?
– Ha oui, peut-être gris et rouge... Ou alors tout blanc, simplement ?
– Ouais, on est d'accord : je n'aurais jamais dû mettre du beige au mur. J'aurais du mettre du blanc comme au plafond.
– Hmmmm...

J'ai toujours eu certaines difficultés à discuter de l'aménagement d'un appartement. C'est un peu comme pour les vêtements. Si Mary me lisait, elle m'écrirait que ça ne va pas, que je dois affirmer mon style, ma personnalité et tout et tout... Mais ça n'a pas réellement d'importance à mes yeux. Un appartement, c'est un truc fonctionnel avant tout. J'essaie quand même de décorer un peu le mien pour me sentir chez moi mais la maigre décoration ressemble plus à une tentative ratée qu'à une véritable décoration : la copie d'une carte ancienne du Québec collée n'importe comment sur un des murs du salon, des vinyles posés un peu partout, des "posters" de groupes montréalais, des livres dans deux bibliothèques, disposés sans aucune logique de classement... Et puis voilà ! Si je devais repeindre les murs de mon appartement, je suppose que ce serait de nouveau en blanc.

Avant de partir de chez Léandra, relativement tôt, je jette un œil au frigo, recouvert d'aimants et de cartes postales. Il y a des mois, nous l'avions orné de mots-magnets : des aimants constitués d'articles définis ou indéfinis, de mots ou de partie de mots en anglais. Ils sont toujours là aujourd'hui... La photo de Gaëlle est ainsi décrite : "some beautiful angel" ; pour Walter, c'est "cigarette", "ing" (pour la banque ING) et "latex" ; et devant Charles-Henri, j'avais apposé un simple "him". 


De retour chez moi vers 23h, je lutte contre le sommeil en relisant Le Secret de La Licorne d'Hergé (pour enlever de ma tête les images de cet affreux film) et je m'endors dessus (façon de parler).

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