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samedi 28 janvier 2012

Être ou ne pas être seul dans l'Univers

« 462. Je peux le chercher s'il n'est pas là, mais je ne peux pas le pendre s'il n'est pas là.
On pourrait vouloir dire : "Mais il faut pourtant bien qu'il soit là si je le cherche."
— Alors il faudrait aussi qu'il soit là si je ne le trouve pas, et même s'il n'existe pas du tout. »
(Extrait de Ludwig Wittgenstein en mode "Far West" : si le coyote n'est pas là, je ne peux pas le pendre.)
On peut chercher une chose sans jamais la trouver.
On peut chercher une chose qui n'existe même pas.
On peut chercher une chose indépendamment du fait qu'elle existe ou non.

"Sommes-nous seuls dans l'Univers ?" : que penser d'une interrogation pareille ? — Digression : je me souviens d'une soirée d'été, confortablement installé à la terrasse de la buvette du stade communal d'Ixelles, soirée durant laquelle Lewis a posé une question très proche de celle-là, sans réellement écouter les réponses de la tablée, comme d'habitude. La question exacte était : "Pensez-vous que nous sommes seuls dans l'Univers ?" Flopov, la jeune badiste, avait alors répondu du tac au tac (le sujet lui tenait à cœur) : "Moi, je crois qu'on ne peut pas être seuls. C'est impossible. M'enfin ! Quand on voit toutes ces étoiles, ce n'est simplement pas possible que nous soyons seuls". Je me souviens, pour ma part, avoir répondu qu'il était impossible de répondre par oui ou par non à ce type de question pour le moment (le sujet me tenait aussi à cœur — en tout cas, j'y avais déjà beaucoup réfléchi). Lewis a alors continué la discussion en parlant de l'invasion des Suèves de 406, mais peu importe... 

La question est terriblement floue. Que signifie "Être seuls dans l'Univers" ? Walter pourrait répondre : "Nous sommes toujours seuls" dans un sens solipsiste... Et je pourrais répondre presque de la même manière, lors d'une crise d'angoisse existentielle : "Je suis seul dans l'Univers !" — Mais, à l'ordinaire, la question est presque toujours posée dans un sens précis, qui est tout autre : "L'humanité est-elle la seule intelligence dans l'Univers ?" ou bien : "Existe-t-il une autre forme de vie intelligente dans l'Univers ?"

L'air de rien, ce genre de question en engendre une série d'autres dont les réponses sont incertaines et loin d'être évidentes, comme : "Qu'est-ce que l'intelligence ?" — et au-delà : "Peut-on concevoir une intelligence autre que celle, facile à concevoir, qui est la nôtre ?" — ou : "Qu'est-ce que l'Univers ?"  — Nous sommes limités dans notre observation ; nous ne pouvons accéder qu'à un fragment du Monde : l'Univers observable, celui dont la lumière a eu le temps de se propager jusqu'à nous.

* * *

Lu récemment sur le Web, un avis sceptique concernant la fameuse question de notre solitude ou non-solitude dans le Cosmos. Il s'agit d'un article de Jean-Paul Baquiast (ou à tout le moins d'un article introduit par lui ? — impossible de trancher) consacré à un livre récent de l'astrophysicien et vulgarisateur John Gribbin intitulé Alone in the Universe: Why our Planet is Unique ("Seuls dans l'Univers : pourquoi notre planète est unique", 2011). 

Reprenant l'argumentation de Gribbin, l'auteur postule que l'intelligence dans l'Univers est extrêmement rare, voire unique, pour la raison suivante : la longue séquence d'événements ayant donné naissance à une forme de vie intelligente (l'humanité donc) est tellement improbable que, même en prenant pour cadre élargi notre galaxie et ses quelque 300±100 milliards d'étoiles, voire même l'Univers entier, on peut presque à coup sûr affirmer le caractère unique de la Terre et de la conscience de soi qui caractérise l'homo sapiens. L'article combat en outre le principe anthropique, à savoir la croyance que l'Univers est, dans un certain sens, taillé sur mesure pour le développement de formes de vie complexes. Il met enfin en avant l'intérêt de préserver et de protéger notre planète, du fait de son unicité — une intention louable, mais qui n'a qu'un rapport très ténu avec la question de notre éventuelle solitude (on peut détruire notre planète même si elle est unique et la préserver même si elle ne l'est pas).

* * *

Il semble qu'il s'agisse là d'une situation de "tiers exclu" (aucune troisième proposition n'est possible) : soit la proposition "La vie intelligente existe ailleurs que sur Terre" est vraie, auquel cas la proposition "L'humanité est la seule vie intelligente dans l'Univers" est fausse ; soit c'est l'inverse... Je me suis amusé à un exercice de pensée, même si cet exercice n'a strictement aucun intérêt — de toute manière, ce blog en a-t-il un ?

L'exercice est le suivant : les deux propositions sur l'existence ou la non-existence dans l'Univers d'une vie intelligente en dehors de la nôtre sont-elles seulement réfutables, au sens de la réfutabilité utilisée comme critère de démarcation entre une proposition scientifique et une proposition métaphysique ? — Selon Karl Popper, une hypothèse ou une théorie doit au moins être réfutable pour acquérir le statut de scientifique ; elle doit avoir la possibilité logique d'être contredite par l'expérience physique.

La réponse à cette question semble asymétrique... La proposition : "La vie intelligente n'existe pas ailleurs que sur Terre" est réfutable car il suffirait de trouver — mince affaire ! — un seul exemple d'intelligence extraterrestre pour la contredire (le programme SETI, qui braque ses radiotélescopes à la recherche d'un signal intelligent et structuré, a-t-il jamais fait autre chose que cela ?). Au contraire, la proposition : "La vie intelligente existe ailleurs que sur Terre" n'est pas réfutable car il n'existe aucun moyen de l'invalider logiquement. Il faudrait, pour cela, arriver à montrer que la vie n'existe pas ailleurs en passant au crible l'ensemble de ce qui a existé, existe et existera, ce qui est au-delà de toute expérience humaine.

Qu'est-ce que cela signifie ? Simplement que l'hypothèse qu'une vie intelligente n'existe pas ailleurs que sur Terre semble réfutable, alors que l'hypothèse qu'une vie intelligente existe ailleurs que sur Terre ne l'est pas. Cela ne signifie en rien qu'une vie intelligente existe ou n'existe pas ailleurs que sur Terre (cela est du domaine de la croyance), mais seulement que si nous voulons progresser dans ce domaine, la prudence est de mise et qu'il vaudrait mieux prendre pour hypothèse que la vie intelligente n'existe pas ailleurs que sur Terre et éventuellement chercher une trace de vie intelligente ailleurs pour invalider cette hypothèse de départ.  

Que quelqu'un comme Gribbin corrobore — ou plutôt tente de corroborer, à l'aide de probabilités — la proposition "Nous sommes seuls au moins dans la Voie lactée" n'est somme toute que très banal et ne nous fait pas avancer. La réelle avancée serait que quelqu'un réfute la proposition. Si aucune réfutation n'est faite — ce qui est le cas actuellement —, ce n'est pas si grave...

J'écris cela et en même temps, je me rends compte de l'inintérêt de pareil développement intellectuel. Dans la mesure où nous ne savons strictement rien au sujet de l'existence ou non d'une intelligence extraterrestre, développer une telle argumentation n'est rien d'autre que de tourner en rond. — Difficile de savoir comment aborder quelque chose de totalement inconnu. 

J'aime construire un château de cartes pour souffler dessus quelques minutes plus tard... Tout ce que nous savons, c'est que nous ne savons rien. Des propositions comme "Nous sommes seuls dans l'Univers" ou "Nous ne sommes pas seuls dans l'Univers" sont indécidables à l'heure actuelle ; elles ne rentrent même pas dans le jeu du "vrai" ou du "faux". Dès lors, que faut-il croire ? Ce que vous voulez : je m'en contrebalance !

lundi 2 janvier 2012

Badminton sans raquette

Tiens, qui voilà ! Mais quelle surprise ! Emily est installée à une table de la Maison du Peuple, avec le PC de son boulot, pour ne pas changer. Elle écrit ses vœux pour la nouvelle année. De mon côté, j'ai du travail : je dois rattraper le temps qui passe sur mon blog. C'est pas gagné...

Je cours après mon retard d'écriture en rédigeant un article prétentieux, égocentrique et autodestructeur sur l'intelligence et la dépression. En me relisant, je me dis que je devrais avoir honte de coucher pareilles idées sur le papier, tant c'est pédant : "Baudelaireuh, qui s'est laissé allé à la pensée aristocratiqueuh blablabla". Je n'aime pas Baudelaire et, par ailleurs, ce que j'écris à son endroit ne signifie pas grand chose. Marrant, cela dit : ce journal devient un lieu d'expression où je me critique moi-même. Strange Case of Dr Lionel and Mr Hamilton.

Emily me conduit en voiture jusqu'au badminton. Je croyais qu'elle me déposerait près de chez elle (soit à 500 mètres de la salle de sport) mais non : elle me dépose pile devant l'entrée du bâtiment. Merci Emily ! 

* * *

"Tiens, qui voilà ! Mais quelle surprise !" : c'est à peu de choses près ce que me dit Hamilton III, le serveur de la buvette qui surplombe les six terrains de badminton, lorsqu'il me voit débarquer. Ça fait environ quatre mois que je n'y ai plus mis les pieds : en prévision de mon opération chirurgicale, j'avais en effet décidé d'arrêter le sport dès septembre, histoire de ne pas payer une cotisation complète pour des prunes.

Je regarde avec Hamilton III la salle en contrebas : très peu de joueurs sont présents. Sur une moitié de terrain, Toine et Mary me voient et mon font de grands signes de la main. Pendant ce temps, Hamilton III me parle de sa vie qui change : "C'est l'enfer, mec, ma compagne est enceinte !", puis plus tard : "Si personne n'est là dans une demi-heure, je ferme la buvette et rentre chez moi !" Pour être auprès d'elle ? Pas du tout : "Pour jouer à la Playstation tant que le mioche n'est pas encore sorti !"

Après deux cafés, je descends dire bonjour à mes amis badistes. Les voir jouer me donne furieusement envie de recommencer ce sport. Ce sera sans doute pour la semaine prochaine. Quelques joueurs me saluent quand je passe. Pas de Lewis en vue. Flopov arrive un peu après moi et pousse un "Ooooh !", surpris comme si elle avait vu un revenant (c'est un peu le cas, en fait). Je leur explique la situation : pourquoi j'ai été absent, etc. De son côté, Toine s'est foulé la cheville en septembre et a lui aussi dû arrêter le sport pendant quelques mois. 

Jean, professeur de mathématique à la retraite, le plus vieux joueur du club, est dans la salle : il ne peut plus faire de sport mais est venu faire un petit coucou pour le Nouvel An. Je suis content de le revoir. Pendant ce temps, sur le terrain, Mary rate un coup et lance, furieuse, un "Haaaaa, fuck, fais chier, putain !". Je ne peux m'empêcher de faire, tout sourire, cette remarque à Jean : "Rien n'a changé ici, comme tu peux t'en rendre compte par toi-même."

* * * 

Après le badminton, Mary, qui est en voiture, m'invite à boire un verre chez elle (elle habite à un kilomètre de chez moi). Elle a notamment de la Tripel Karmeliet dans son frigo.

Trois de ses colocataires sont présents quand nous arrivons : John (celui qui monte toujours dans sa chambre très tôt), Matt (celui que je n'avais encore jamais vu) et Sebastian (celui qui ne parle pas beaucoup, du moins de prime abord). Sont également présents, au tout début de la soirée, le frère de John et sa compagne.

Au cours de la soirée, Mary revient sur son obsession : me rhabiller. Il faut que je me rhabille. Elle propose de m'aider. Elle me bassinera avec ça jusqu'au moment où je lui dirai : "Oui, Mary, je vais suivre ton conseil, Mary". En outre, elle sait déjà ce qu'elle va m'offrir à mon anniversaire : un vêtement. Par pitié, qu'on ne me parle plus de vêtements !

Mary me reconduit en voiture vers 23h. Merci Mary ! Je suis fatigué, il faut vraiment que je dorme mais ne suis pas sûr du tout d'y arriver, à cause de cet horrible décalage causé par ma soirée de Nouvel An...

lundi 1 août 2011

Tony Soprano/mon ami Vinge, même combat

En ce moment, j'écris beaucoup durant mon temps libre. Corollaire de cette activité : j'ai moins de temps à consacrer aux séries télévisées. Je viens tout de même de terminer la première saison des Sopranos, série estampillée HBO narrant les "aventures" d'un chef de la mafia un chouïa dépressif. Conclusion : c'est totalement et définitivement excellent. D'abord, c'est plein d'humour. Un des chefs du clan Soprano risque sa peau parce qu'il va voir une psy, l'autre parce qu'il acquiert la réputation d'être très bon pour le cunnilingus (d'après la série, les deux situations constituent un signe de faiblesse inacceptable pour un mafioso). Au moins trois autres singularités valent le détour dans cette série : le recours aux rêves et à la psychanalyse ; les ironies subtiles (par exemple, à plusieurs reprises, les acteurs se retrouvent derrière des panneaux publicitaires qui comportent une dose d'humour par rapport à la situation) ; et la musique. La musique ! Chaque épisode (ou presque) se termine par une chanson. Pour la première saison, on a notamment droit à la triste "Look on Down from the Bridge" de Mazzy Star ; la fantastique "White Rabbit" de Jefferson Airplane (l'hymne d'une génération, avec la fameuse référence à Alice et aux champignons) ; ou encore "Frank Sinatra" de Cake... Dernière chose : Tony Soprano, quand il est sous Prozac ou sous l'influence de la drogue, ressemble à mon ami Vinge quand il est saoul (c'est-à-dire tout le temps ?) : c'est presque totalement incroyable.

Léandra a définitivement fait une croix sur Jonas ("enfin !", me dis-je quand je l'apprends : j'étais depuis deux-trois semaines revenu à l'idée que cet énergumène ne la méritait absolument pas). (Le mérite n'a rien à voir avec ça.) Je ne vais pas en parler ici : c'est elle que ça regarde. On devait peut-être se voir ce soir. Tout compte fait, ce ne sera pas le cas (c'est entièrement de ma faute). Je passe tout de même un petit bout de temps au téléphone avec elle. Je me doute que ça ne doit pas être facile et qu'elle a envie de parler. D'un autre côté, je la crois (et je la comprends) quand elle dit qu'elle est presque soulagée.

Le soir, badminton ! Je joue mal (en fait, je m'en fous complètement). Lewis passe en coup de vent (je ne sais même pas pourquoi il a pris la peine de venir jusqu'au club). Il me dit que j'ai une bonne mine (ce qui est vrai). Je lui dis que c'est parce que c'est lundi (curieuse réponse). Sont aussi présents dans la salle Mary, Walter, Toine et Flopov. Les autres, peu importe : ils font partie du décor. Après le sport, je vais boire un verre au Corto avec les deux premiers. 

Il faut que ces deux-là parlent de boulot. Ils ne peuvent pas s'en empêcher. Walter disserte sur son chef avec qui il est en froid en ce moment (ah ?) et qui ne lui a pas proposé de l'accompagner au restaurant ce midi, contrairement à ses autres collègues. Mary dit qu'en tant que nouvelle chef, elle a accordé une demi-heure en plus à ses subordonnés durant le temps de midi, à condition que ces derniers récupèrent le temps perdu pendant la matinée ou la soirée. Je pense subitement à mon travail, aux bénévoles, à l'éventuelle bouteille de Bourgogne que l'on boit le midi, et je me dis que j'ai quand même de la chance de travailler dans une asbl, avec des gens de gauche.

Il faut aussi qu'ils parlent de salaires, de bagnoles de fonction et d'appartements. J'essaie de participer à la conversation mais sans entrain. Walter discute ensuite de sa grande idée sur les couples et les relations : avant 25 ans, les femmes cherchent un idéal ; après 25 ans, elles cherchent à se caser pour avoir un enfant avec un homme "avantageux" (qui a du pognon, des ressources, une maison, une voiture tout confort, etc.). Il dit que c'est partout comme ça. Je ne suis pas d'accord : je lui dis que ce qu'il pense des relations entre les gens découle de sa propre vision des choses, de ce qu'il a observé dans sa famille ou à Solvay (le jour où l'on me dira que l'École Solvay constitue la norme en termes de rapports humains, je me tire une balle en pleine tête) et non d'une étude scientifique qui tendrait à dire que tel ou tel pourcentage de gens se comportent de telle ou telle manière.

Durant la soirée, Zapata passe devant nous et nous salue furtivement. Il est avec son père et Amy. Qu'est-ce qu'ils font dans le quartier et pourquoi passent-t-ils devant le Corto ? Mystère...

Mary est toujours obnubilée par les vêtements et parle à nouveau d'aller en acheter avec moi, pour me "rhabiller". C'est une obsession. Je porte des Converse, un 501 noir et un tee-shirt de type "marinière". Je ne vois pas ce qui cloche. Étrangement, elle appelle la serveuse du bar et lui demande si les vêtements ont de l'importance pour elle quand elle voit un homme. La serveuse répond par la négative. Quelle drôle de question, de toute façon.

Je retourne en bus avec Mary. On mange en vitesse un hamburger pas trop mauvais (ça me fait du mal de l'écrire) chez Quick puis on prend le métro. À la Porte de Hal, je guide un type (un Français, semble-t-il) qui veut se rendre au Parvis de Saint-Gilles (tous les chemins mènent au Parvis). Il me lance : "C'est quoi le bouquin dans votre poche ?". Les Seigneurs de l'Instrumentalité, de Cordwainer Smith. Je me trimballe une fois sur quatre avec ce bouquin dans ma poche. Il ne connaît pas mais commence à me parler de Philip K. Dick : Loterie solaire, Ubik, Le Maître du Haut-Château, qu'il n'a pas spécialement aimé. Avant qu'il ne s'en aille vers le Parvis, j'arrive à lui sortir plein d'anecdotes sur Dick (dont je connais assez bien le parcours). Un peu surréaliste, comme fin de soirée. Le gars n'était pas le genre de Léandra, elle n'a rien raté. Et puis, paraît qu'elle veut se mettre en mode "off". (C'est quoi cette nouvelle mode ?)

samedi 16 juillet 2011

100% d'humidité

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Hamilton II, mon ami d'université. Je ne pourrai pas me rendre au verre qu'il organise au Tavernier, car à cette heure-là, je serai à Lille avec Emily.

Le temps est exécrable, à Bruxelles comme à Lille. Impossible réellement de visiter la ville. Du coup, on passe beaucoup de temps au Furet du Nord, une des plus grandes librairies du Nord de la France. Je passe en revue le rayon BD, puis le rayon SF et j'achète quelques bouquins dont Le monde inverti de Christopher Priest, Blind Lake de Robert Charles Wilson et La Horde du Contrevent d'Alain Damasio. On passe aussi par chez Surcouf (Emily doit acheter un rack pour son vieux disque dur de portable) et on admire pendant quelques instants le fantastique mur d'eau publicitaire à l'entrée (c'est incroyable ce qu'ils inventent de nos jours pour attirer l'attention). Avant de repartir, nous allons manger un bout à la microbrasserie "Les 3 Brasseurs". C'est moi qui propose ce restaurant car il me rappelle mon voyage à Montréal et la dégustation de hambourgeois (nom québécois pour les hamburgers). Je vide assez rapidement deux "brasseurs" (c'est-à-dire deux demi-litres) de bière maison. En route vers le parking souterrain, Emily et moi nous prenons dans la figure une pluie comme c'est pas permis et sommes trempés de la tête au pied.

Après être repassés par nos appartements respectifs (notamment pour changer de vêtements), nous nous rendons à l'anniversaire de Charles-Henri. Léandra, Andrew et Walter sont déjà là. Il y a plein de monde. Il fait moche dehors mais ils ont installé des tentes et font quand même un barbecue. Je revois Vespertine pour la première fois depuis son retour d'Afrique. Fany n'est pas là, évidemment. Je me sens totalement à côté de la plaque, mais ça ne se voit pas trop cette fois-ci. Je parle un peu à tout le monde, je ris, je discute, je fais semblant d'être en forme. Dans la "dream team", seule Emily semble réellement s'amuser. Walter s'emmerde, forcément (on a souvent la même réaction, lui et moi, par rapport à ce genre de soirées). Léandra et Andrew s'en vont relativement tôt. Avant que ces deux-là ne partent, on offre ses cadeaux à Charles-Henri : le jeu de société "Dixit" ainsi qu'un jeu de plein air d'origine viking du nom de "Kubb". 

Annabelle est là également, forcément. Elle essaie de me parler à quelques reprises (elle fait un peu son boulot d'hôte), mais je fais tout pour lui dire le moins de mots possibles. Je l'adore, mais ce n'est pas une amie. Je ne suis plus à l'aise avec elle et je n'ai pas envie d'engager une conversation. Plus tard, je discute assez longtemps avec Pinpin, l'historien du verre. C'est un historien passionné par son sujet et il connaît de nombreux archivistes et historiens : on a des connaissances communes (le monde de l'histoire est petit et assez corporatiste). Discussion intéressante qui tourne autour du monde des ouvriers et des artisans. À un moment, je parle des mineurs, sorte de "nobles" au sein de la main-d'œuvre charbonnière car ce sont eux qui sont au plus près de la veine de charbon et qui prennent le plus de risques. Il me dit que le terme "noblesse ouvrière" est également utilisé dans l'univers de la verrerie. Flopov, une jeune badiste présente à la soirée, tente de "participer" à la discussion : elle est naïve et ce qu'elle dit tombe la plupart du temps totalement à plat.

Walter et moi en avons un peu marre de cette soirée et décidons de partir. Emily, qui semblait pourtant bien s'amuser (elle dansait avec les autres), rentre avec nous. Flopov s'invite également. Direction le Cimetière d'Ixelles. Vu que le Corto est fermé, on termine la soirée calmement chez Emily, avec une Flopov un peu bébête et un Walter qui s'emmerde. À la fin de la soirée, Emily se rend compte que son plafond de cuisine fuit totalement : de l'eau a percé la couleur et s'écoule sur le sol. Ce que j'aime beaucoup chez Emily, dans ces moments-là, c'est sa capacité à prendre ce genre d'événements de manière pragmatique, sans se prendre la tête : "de toute façon, on ne sait rien faire pour le moment. Je vais nettoyer un peu et préviendrai les propriétaires demain".

Retour en taxi avec Flopov. Je fais faire un détour au taxi pour qu'il ramène Flopov devant sa porte (elle a seulement 18 ans : hors de question de la laisser dans la rue à 3 heures du matin).

lundi 27 juin 2011

Bataille d'égos

Rien de spécial à dire pour le début de la journée (le boulot : il fait très beau dehors, tout le monde est habillé de manière estivale). Retour en train vers Bruxelles avec Flippo. J'arrivée au badminton en retard. Il n'y a que neuf joueurs, dont notamment Mary, Lara, Aurely, Flopov, Toine et un Walter pas en forme qui s'en ira rejoindre Emily au rond-point du Cimetière très rapidement. Je ne joue pas trop mal. 

Durant un verre en terrasse avec Lewis, ça se corse. Le gars me fait vraiment chier, et c'est peu dire, et il va finir par le voir en fin de soirée. Je suis en terrasse avec lui, donc, mais aussi avec Mary et Aurely, mais pas Lara, qui allait voir un film à Flagey. (Digression : Lara m'a posé une question avant de partir : "à une époque, tu étais souvent avec une blonde. Elle ne vient plus au club ?" Non, elle ne vient plus au club ; en tout cas, elle a une bonne mémoire, cette Lara.)

Bref. En terrasse donc. Lewis aime poser des questions, du style : "quel genre de femme verriez-vous pour Hamilton ?" Ce n'est pas son problème, d'abord, et ça m'énerve déjà pas mal. Puis il parle de ses conquêtes, de comment il faut voir les femmes, ce qu'elles veulent, etc.  Blabla habituel. Enfin, il parle de techniques sexuelles, et là, c'est le pompon. Il parle de la technique super-prouvée dite de l'inversion-clitoridienne : "il faut d'abord faire comme ça, puis comme ça, de manière transversale à 42 degrés et demi, vous savez je suis un expert, blablabla, je l'ai fait des milliers de fois, blablabla...". Il pose à mainte reprise sa main sur l'avant-bras ou sur l'épaule d'Aurely, ce gros vicelard libidineux manipulateur et vantard à la con... Et elles ont l'air de boire ses bobards (Mary me sort même un très beau : "tu sais, Hamil, c'est vrai, il faut de la technique pour contenter une femme"). J'ai une tendance à foncer dans le lard quand un truc m'énerve pour le moment. On peut appeler ça de la frustration, ou tout simplement le fait que j'en ai marre d'accumuler des pensées qui ne demandent qu'à sortir. Du coup, je dis (un brin énervé) à Lewis que c'est du grand n'importe quoi ses pseudo-techniques ; que personne, au moment de l'acte, ne pense à positionner sa langue sur l'espace e d'une manière m au temps t, que c'est surtout du feeling, une connaissance assez profonde (c'est le cas de le dire) de la personne... Je dis aussi que tout son petit jeu est simplement de la manipulation, mais personne ne semble comprendre ce que je veux dire par là. Il semble juste contrarié mais je l'emmerde (aaah, ça fait du bien de coucher ça par écrit). 

Mary me dit que je n'ai aucune pitié pour cette pauvre vieille personne. Encore cette question de pitié qui revient au premier plan... Après, Mary et moi retrouvons Emily et Walter en terrasse d'un restaurant. Walter est heureux et parle que de son mémoire qui serait en fait revu à la hausse : 18/20 et non 17/20 (woaw !) et donc de son éventuelle "plus grande distinction". La folie des cotations est apparemment quelque chose de très important dans le monde de la finance et donc chez les gens qui ont fait des études à l'École Solvay. Emily n'a pas trop la forme à cause de son opération de ce samedi, mais ça devrait s'améliorer, dit-elle. 

Face à la confrontation des égos, Emily me paraît la seule humaine de mon entourage. Bref, heureusement qu'elle était là ce soir. Par sa simple présence, elle a réussi à calmer.

samedi 18 juin 2011

Tournoi amical de badminton

Faut que je me lève pour ce putain de tournoi amical de badminton à Ixelles. Premier match vers 11h du matin. Après des heures de matches interminables et de pauses encore plus interminables, je gagne la finale du double messieurs avec mon partenaire Toine. En simple, je perds la finale contre Toine (toujours lui), totalement exténué. Quatre heures de sommeil, ce n'est pas assez pour ne pas être crevé. Barbecue du club sous une petite pluie. Lewis est là, évidemment. Lewis fait le malin. Lewis pose des questions. Il m'énerve. Il boit beaucoup trop mais ça, c'est son problème... Mary, Aurely et Flopov sont là aussi. Flopov est un peu (?) bête. Walter passe deux fois en coup de vent. Léandra nous rejoint un peu plus tard. On va manger au Cimetière, puis on retourne "chez nous", du côté de Saint-Gilles. Je termine la soirée avec Mary au Verschueren. Je suis totalement crevé. Tout le monde est un peu crevé en fait. Charles-Henri et Annabelle sont au Centre-Ville, avec Emily, rejoints pas Walter. Je n'ai jamais compté les rejoindre.