jeudi 25 avril 2013

Échelle

L'échelle ouverte de Hamilton
Mesurant le retard de publication sur un journal quotidien

Où sont contenues diverses considérations sur le temps qui,
dans sa course effresnée, dévore le cœur des hommes, avale
leurs espoirs journaliers les plus fous et réduit à néant
leur volonté d'estre dans le vent 


Imaginons que tout aille bien : que je sois complètement à jour en ce qui concerne la description de mes journées et que, par conséquent, je me repose sur mes lauriers, autrement dit que j'arrête d'écrire pendant... disons deux jours seulement. Quand, à nouveau, la « nécessité » d'écrire pointe le bout de son nez, la situation confortable d'il y a deux jours s'est déjà transformée en retard. Un retard certes facile à rattraper, mais un retard quand même. Imaginons maintenant que, pour une raison ou pour une autre, je ne rédige rien ce jour-là non plus : le retard de deux jours se transformera alors en un retard plus conséquent, un retard de trois jours !

C'est souvent à ce moment-là que tout bascule et que je perds espoir : il faut que je récupère tout ce temps perdu, ce qui va me demander une certaine discipline. Si j'écris un article, je reste dans le statu quo le plus complet (je n'augmente ni ne diminue le retard) ; si je n'écris rien, je me noie (le retard augmente) ; si j'écris plus d'un article par jour, je remonte à la surface (le retard diminue). C'est aussi bête que cela : si j'ai du retard, il suffit de rédiger deux articles par jour pour, à terme, le combler totalement.

Il suffit, oui. Mais ce n'est pas aussi simple que ça car — et ce n'est pas nouveau — l'inertie joue un rôle de premier ordre chez moi : si je suis dans une activité, je continue dans cette activité sans réfléchir ; si je ne suis pas/plus dans cette activité, je n'y pense plus et elle disparaît purement et simplement. Donc, au plus le retard est conséquent, au plus il faut que je lutte contre la disparition. Il faudrait pour bien faire que, ma journée active étant arrivée à son terme, je me mette à écrire ce qui s'est passé durant cette même journée. Une douce chimère, évidemment : seule une vie de moine pourrait être rédigée de cette manière, et encore !

Ce journal n'a pas de sens.

Je me suis amusé à élaborer une échelle mesurant le retard de publication sur un blog quotidien, en prenant pour exemple mon propre journal (je n'ai pas d'autres exemples à portée de la main ; je n'en cherche pas spécialement mais je serais néanmoins ravi qu'on m'en fournisse). Cette réalisation ne me permettra pas de combler un quelconque retard... Seulement de parler de quelque chose et donc de me donner un sursis supplémentaire pour parler d'autre chose demain.

Ce journal n'a pas de sens, vraiment.
(Mais je l'aime quand même.)

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